‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 112 sur 135 · LIVRE XtX · texte numérisé non relu

LIVRE XtX

le motif, si non le prétexte, de ce voyage inusité et inattendu. Informé du rolour de l'empei eur, Léon lui écrivit de Mantoue, et lui demanda d'approuver qu'il poursuivît, et entrât en France, et vint célébrer avec lui la grande solennité de NoëL Charles ne refusa points et le pape, qui liant Mantoue aussitôt, s'achemina vers les Alpes, L'aîné des fils de Tempereur fut envoyé au devant de lui avec une suite nombreuse, et s'avança jusqu'à Tabbaye de Salnt- MauricctL^empereur loi-mémealla jusqu'à Rheims, et ce fut le lieu où il accueilUt le pontife ; de Rheîms, il l'amena à Quîersy^ et do Qniersy dans sa somptueuse résidence d'Aix-la-Chapelle. Ils y célébrèrent les fêtes, et quand elles furent passées, Léon voulant retourner, sans plus de délais, en Italie, Charles le fit accompagner, avec les mômes honneurs, jusques à Ravenne, Cette entrevue n'avait duré que hait jours, et Ton en ignore l'objet; mais sa brièveté même et rempressement du pape dans une saison si fâcheuse, semblent annoncer une cause grave. Etai^il question des intérêts de l'Église, ou de quelque dessein du gouvernement gi*ec, ou du sort futur de l'Italie et du partage que méditait déjà l'empereur î Cette dernière conjecture aurait quelque vraisemblance; mais que servent les conjectures?

* £aQg du Christ avait été trouvé à Mantoue , et il avait eovoyé > un £31 près au pape, lui demandant qu'il recjierchât la vérité 1 de ce bruit. Celui- ni eu prit eccasion de sortir de Borne. • i(EginhHnI| ADual.i aun,8ol.}

XLIV. On était en paix ; mais dans un empire si vaste, ces accidens de repos sont toujours de courte durée. Un chef courageux et digne enfant de la race Slave, régnait alors en Bohême; on lui donnait le nom de Léchon. Ce prince, homme d'entreprise, bravait la puissance des Francs, et refusait audacieusement de reconnaître leur droit de souveraineté sur la Pannonie. Ancien ennemi des Awares, dont il ne restait plus que de déplorables débris, il affectait de se venger d'eux en pillant les terres cultivées aujourd'hui par de nouveaux possesseurs. Ceux-ci, que leur faible nombre réduisait à la plus fâcheuse impuissance, ne pouvant défendre leurs terres, prirent la triste résolution de les quitter et d'en demander aux Frânes de nouvelles.

Ils avaient un chef, qui se nommait Théodore, prince intelligent, religieux, fidèle à la loi du Christ, qu'il avait dès longtemps embrassée; ce fut lui qu'ils envoyèrent à Charles, pour implorer sa munifence. Ils proposaient qu'on leur accordât, sur le Raab, le territoire d'entre Sarwar et Haimbourg, où moins rapprochés des bohémiens, ils seraient mieux garantis de leurs violences. Charles consentit; môme il promit plus que n'attcndail Théodore; caries injures de ces tributaires étaient les siepn<:vs, et sa volonté n'éliiil pas que Léchon méprisât impunément la i>roleclioii ([u'il leur accordait. Théodore retourna diuus iîi J^uiiiouie, ^a-

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