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courage, satisfait, charge de prcscns, comblé' do faveurs. Mais il mourut, et ne put jouir de la vengeance annoncée; ua autre duc fut élu, qui tardapeu à solliciter de Charles, la confirmation de son pouvoir, et raccomplissement des promesses faites à Théodore. Il fut accueilli, comme l'avait été 3on prédécesseur, avec une généreuse bienveillance : rempereur approuva Télection, et renouvela les promesses; il ne restait plus que d'exécuter,
XL VI. Ce fut au premier de ses fils, au jeune roi Charles, qu'il en remit le soin et la gloire. Ce prince donc, prenant le commandement de l'armée, au lieu de s'établir dans la Pannonie, et de se borner à une guerre de résistance et de protection, entra au contraire en Bohème, et dédaignant d'attendre l'ennemi, l'alla chercher sur ses propres terres. !iéchon ne s'étonna point, et réalisa généreusement tout ce que ses anciennes actions faisaient attendre de lui. Il se défendit avec résolution et persévérance, jusqu'à ce qu'enfin, succombant au nombre, à défaut d'autres succès, il trouva la mort. Sa fin cependant ne fut pas celle de la guerre; les Bohémiens embrassaient l'imprudente espérance de le venger. Près de leur frontière étaient les Sorabes , Slaves comme eux, venus des mêmes lieux et en même temps dans la Germanie, établis, ainsi qu'on l'a vu, entre l'Elbe et la Sale. Ce peuple, lié avec eux d'intérêts, d'habitudes, de mœurs, de sang, d'aflcction, luomcilait de les secourir, oi
a m iiisTOftE hvs francs.
îivaît pcut-élrc pris part déjà aux premiers conT bats. Les Francs avaient doux ennemis mahUeoaiHç ^t deux champs de guerre.
XLVL L'hiver était survenu, qui avait forcé de suspendre rexpcdîlion; mais, au retour du pria* temps, Charles la reprit, et en la renouvelaut la voulut étendre. Il fit deux armées, la première, de Bourguignon^, 4c Bavarois, d'Allemands, qui devait pénétrer directemenl dans la Bohême, et achever sa soumission; la seconde ^ formée de Saxons et d'Auslrasiens^ qui devait, par de longues mai*ches, aller assailHrchcz eux les Sorahes, elles détourner, par leurs propres périls, de rassistancc promise aui périls des Bohémiens.Tout s'exécuta comme rordonnail Fempereur : l'armée , chargée de la Bohême, parcourut et ravagea ces provinces , satis rencoo* Uer nulle part, qu'une faible et infructueuse résistance. Ils n'avalent plus Léchoo pour les animer, ai les Sorabes pour les secourir ; les succès des Franiis furent complets » et Fon n'eut plus besoin de recommencer Texpédition ; il y avait eu trop de dévastations et de massacres , la terreur avait été trop profondément imprimée au cœur des vaincus.
XL VIL L'armée de FElhe eut aussi de nombreux succès, mais qui furent mieux disputés; le jeune Charles, qui la conduisait, l'encontra des obstacles^ une vraie guerre^ une noble gloire. Les Sorabfiit peuple belliqueux, osèrent combattre les Francs;
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leur chef, Milidiwich, imitait Léchon, et ne suivit que trop fidèlement ses exemples* Sa lémerité ne valut à ses peuples que de sanglantes défaites, et à lui-même qu'une illustre mort! il péiît généreusement en combattant pour les siens. Les Francs, mettant à profit leur victoire, élevèrent deux foris, le premier sur l'Elbe, l'autre sur la Sale, qui, commandant aux deux fleuves, menaçaient en même temps et contenaient le pays. Ces sûretés obtenues, la guerre cessa, et le jeune Charles ramena sur la Meuse , où l'attendait rempereur, son armée riche de butin et victorieuse.
XLVIIL D'autres agitations, dans le même temps, troublaient aussi, mais avec moins d'éclat et de violence, d'autres frontières de Tempire, Les traités, garaus incertains de la paix, recèlent souvent de iimestes germes de guerres : lorsque Charles ^ réglant avec Nicépbore le partage de l'Orient et de rOccident, eut obtenu l'abandon de la Dalmatie et de ristrie, il consentit à en détacher quelques villes maritimes, dont le commerce , profitable à ces provinces elles-mêmes, était tout entier dans les mains des Grecs. Mais cette combinaison, heureuse en apparence et conciliante , eût demandé, pour se maintenir, plus de sincérité et de désintéressement, moins de jalousie et d'ambition que n'en avaient les Francs et les Grecs. Il ne larda guère qu'on ne vit se développer un mouvement pareil à la fois et conlraiie, de la jjrovince, s'eflbrçanl d'attirer les
ports sous la domination de l'empereur franc; des poris, à leur tour, travaillant à remettre, sous la domination derempire grec, la province. Celle lutte étrange s'animk bientôt, et s'étendit lullement que les chefs du pays se virent contraints d'avoir recours à la sagesse de Charles. Ce prince passait l'hiver à Thionvîlle, cette année; deux députés des Vénitiens, les ducs Béat et Willaire, et deux autres députas des Dalmates, le duc et l'évèque de Zara, vhu'ent lui apporter leurs hommages, dans cette ville, et solliciter ses instructions. L'empereur ne vit point avec déplaisir les sollicitations de ces peuples, qu'il attendait peut-être , et qui favorisaient ses secrets desseins. 11 fit le plus gracieux accueil aux envoyés , et n'hésita point à régler de sa seule et absolue puissance, les prétentions, les intérêts, les vœux opposés dont ils lui remettaient la décision. Les (^recs n'eurent pas sujet, à ce qu'il semble, de louer riiipîîrliahto do ce suprême aî'l)ilrage ; au moins s'en plîu.^rnirent-ils, et tardèrent-ils peu à faire éclater leurs ressentimens.
XLIX. Mais qu'importaient ces événemens , et qu'élaîent-ils junuos de celui qui allait enfin s'accomplir ? Le moment î^rrivail , que Charles s'était assigné iiUrMiicmo, pour dolibérer do sa mort et en régler les eflets ; il s'ogissait de donner une moitié du moîîdo, cl d'y loaiier oiicore, a|)rès en avoir disparu. Oiulie j)cn.s(\adoj)lerail-iI ; quelles disposilions assez sarres , ponv tuî arlo si gr.md et si .*?^-
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lennd ? ParUigorail-il sosKJVîiiimes, ol le pouirailil éviter ? quelle forme, quelle étendue, quelles garanties , quel but aurait ce partage ? ([uelles eu seraient les règles et les proportions ? quels dccliiremens intérieurs , si ses fils suivaient, les exemples donnés tant de fois par les Mérovingiens , et qu'il avait répétés lui-même pendant sa courte rivalité avec Carloman ? Quels dangers extérieurs , si le pouvoir ou la volonté de se secourir réciproquement leur manquait , ils demeuraient isolément exposés aux agressions des Nordmans , des Sarrasins, des Grecs, des Saxons? Maintenir la paix entre ses enfans en les faisant rois, et Tunion de ses peuples après les avoir séparés ; former un seul État de plusieurs, une seule volonté de trois volontés, quoique sans subordination ni prééminence, le problème était dilïicile, ];ent-ctre impossible , vi c'était celui que Charles avait à résoudre.
L. Tout l'obstacle venait de la coutume des Francs, qui rendait la division inévitable, et ne pei*metlaitméme pas d'y admettre Tinégalilé. En constituant l'un de ces trois princes empereur, et subordonnant à son îiuiorité les deux autres , on eût obvié peut-être aux principaux dangers du morc^ellement; il y aurait eu quelqu'ombre au moins d'unité dans cette diversité graduée de dominations. Mais l'expérience n'avait pas eu encore assez de durée, les habitudes des Francs étaient trop profondes, les prétentions des princes, ou plutôt leurs
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droits, se fondaient sur de trop plausibles considérations, une telle combinaison n'eût pas été respectée : elle eût créé seulement des titres que les uns eussent maintenus, que les autres eussent mécon* nus^ et ce qui eût été établi pour prévenir les dissentions , en eût fait naître au contraire de plus promptes et de phis funestes.
Que deviendrait Tempire cependant , et ce titre si longtemps envié d'empereur, la plus glorieuse conquête de Charles, le plus éclatant témoignage de ses conquêtes ? Qu'en serait-il désormais de Tégtlité si laborieusement rétablie entre l'Orient et l'Occident ? La mort de Charles apporterait donc aux Grecs ce premier et infaillible avantage de recouvrer par un abandon volontaire leur ancienne supériorité de rang et de dignité ! Charles, impuissant dans sa gloire même, n'aurait donc obtenu que passagèrement et pour lui ; il aurait relevé l'empire, mais sans le fonder ! Ses fils, conservateurs naturels de son ouvrage, ne lui auraient servi qu'aie détruire ! C'était une extrémité malheureuse , mais il le Mlaii; on ne peut douter que l'affliction de Charles ne fui grande, mais il n'eût été qu'imprudent d'éluder ou de résister. Il n'avait pas , si puissant qu'il fût, assez de puissance pour surmonter l'antique autorité des traditions; à moins qu'il n'obéît docilement en ce point, il ne le serait lui-même sur aucun autre; c'était le premier gage de paix, la seule garantie de l'exécution de ses volontés ; les titres de ses fils étaient reconnus pareils ^ et ne pouvant créer