‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 114 sur 135 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

rois empereurs, il n*y avait point d'autre ressource que de n'en proclamer aucun.

LL Ce sacrifice accordé, le reste suivait uaturel- Icmeni et de soi-même : ce n'étaient plus que trois lots à faire, un simple calcul d'étendue , de population , de richesse , de forces, Upe seule difficulté compliquait cette répartition de terres et de puissance; il s'agissait^ pour répondre aux vues de Charles, de diviser l'empire en telle façon, que les trois royaumes fussent tous conttgus , et que les armées de chacun eussent toujours un accès facile dans les deux autres ; car ce prince entendait que tous les dangers intérieurs ou extérieurs , fassent toujours communs aux trois rois, et qu'aucun d*eux ne pût être jamais détourné de prendre part à la commune défense (!)•

On établit donc que le jeune Charles régnerait sur les Francs, Louis sur les Aquitains, Pépin sur les peuples d'Italie. Le premier royaume s'étendit de la Loire aux Alpes, des Alpes au Rhin, du Rhin jusqu'à TElbe ; il comprenait la France proprement dite, la plus grande partie de la Bourgogne , presque tout le duché de Bavière, l'Ausirasie , la Neustrie, la Thuringe,la Frise , et enfin la Saxe (2).

(I] Adjavet unusqabque illarum Tratrein suum , et aijxilîum îlli ferai contra iaimicos eJQs juxla ratioaein et possibilitatem , fiive ÏDfra patriam , sive contra exteras Oâtiones* (CapituL prîm; ami. 806, art. G.)

<2) Fraadam €l Burgandiaiiip excepto illa patte quam LudO'*

T.c si'c:i)îh! j'oyuuini! loiuihîïl» à iti I.oire aussi et aux AljK\s , el se |)rolon^!:eail d'un colé jusqu'à la mer , do l'aulro jusqu'au tlîiin , de l'autre encore jusqu'à l'Ebre ; il embrassait , la cité de Tours exceptée, toute l'Aquitaine, ensuite la Gascogne, les provinces de l'Ebre , la Septimanie , la Provence , tout l'occident de la Loire, Nevers, Avallon , Châlons, Màcon, Lj^on, la Savoie, la Morîenne, la Tarentaise, le Mont-Cenis, le val de Suze (1). Le troisième royaume avait pour confins la Calabré et le territoire de Naples, les deux mers d'Italie , lés Alpes, le iUîin, le Danube. Jl se composait de tout ce (jue les Francs avaient de possessions en Italie , et des portions du pays des Allemands et des Bavarois , (pii n'avaient pas été attribuées au premier ro; aum(3 (2). A la faveur de ces disi)Ositions , les

vico dedimus, atque Alamaniam , exccpto porh'one quam Pippiiio adsrrîpsimus , Anstriam , Xcu-slriam, Tlnirifîi^iam , Saxo- ;iii):n, Frit^iam, c( parlem BajovarrjD qiiaî dicilur Noiiigow. (Kodei'.î, iîi-L «J.y

(;) Aqui'taniani lolarn ol Vasconiani, excepte pago Turonico, et (ii:lc.3'j!d inde ad occiJe?Uom, alqao UispiiLiiaiii rcspicit, cl do civila'c Nivcrnis qaœ est sila super îlnviuni Li^^erem , cuin ipso pa'JlOiXivcrQensc, paguin Avalensciii, atqac; Alsenseni, Cal)iiiaiiciiscm, r.Iatisconcnseni, [.iigduîiensem, Saboiaiii, Morieiiuain. i'arcnta.iîini, mouteni cinisiiun, valleni Scgusianuni usque ad cinsns, ethnie per ternjiuos Ka'iroruiii moiitiiiiii u^que ad mare. Jios pag3s ciîiîî suis civitalibus et quirquid ab eis coiilra meritliem etoccidentem usque ad mare, vel usque ad lîispanias coutiuetur, hoc est illani porlionein Burgaudiae , et rroviociani et Scptimaiiiam, vel Gotlilam. (EoJem, arl. l.)

(•2) llaliam qua} et Langobardia dicitur, et Bajovariam , ex-

LIVRE XIX (800-800). ^j^^^ï»^ Étals avaient tous des passages ouvem^T^cot*taÎDs , savoir; celui de Charles, en Aquitaine, par Tours et la Loire ; en Italie^ par le val d'Aost : celui de Louis, en France, par Nevers et les parties de ia Bourgogne, qii'on lui accordait; en Italie, par le Moni-Cenis et le val de Suze : celui de Pépin, en Germanie , par le Rhin et par le Danube ; en Provence et en Bourgogne» parles Alpes noriques [i]* Avec ces dispositions aussi, les ennemis de Tempire étaient eux-mêmes éqnîtahlement partagés, les Nordmans demeuraient au roi Charles , les Sarrasins à Louis, les Grecs à Pépin.

LU. On eût cru l'œuvre achevée ; mais l'empereur étendit encore bien plus loin son autorité et sa prévoyance. Non content d'un premier partage, il eu voulut faire deux; non content de prévoir sa mort et de distribuer son propre héritage, il prévit même la mon de ses fils, et se constituant de nouveau médiateur et arbitre entre ceux qui sum* vraieni à leur frère, après avoir formé les trois royaumes, il en régla éventuellement la subdivision- Sî le roi Charles mourait le premier, on renouvelerait le partage qui avait été fait autrefois entre fempereur lui-même et son frère ; Louis aurait ce qu'a*

L eeptOj etc., et de Atamaaia parte qa^^t*, etc» (CapUul* pnm», I ano. S06,art.2.) ^ (1) Ëodenip art. X

Page 1