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rautres routes marchèreut pour revenii^s'il sepou^ rail, au camp du roi d'Aquitaine, Il se trouvait, lans la direction qu'ils avaient choisie, un lieu diffiîle où les Arabes, pleins d'espérance, les avalent iéjà devancés. Cétalt la vallce d'ibana: ëtroiie, profonde, dominée par des roches nues et inaccessibles , il ne semblait point qu'on pûi Téviter, ni qu'on en pût jamais forcer les passages; l'armée des Francs y devait périr. Mais ce qu'on jugeait impossible, ils l'exécutèrent; au lieu de s'engager dans cette dangereuse vallée, ils suivirent laborieusement les flancs extérieurs des montagnes et s'ouvrirent, loin du péril, an chemin sûr et nouveau, jCS Maures abusés regrettaient leur proie ; ils attribuaient à la peur ce juste conseil d'une heureuse 3t légitime prudence, et descendant témérairement Mes lieux élevés où ils attendaient, non sans apparence, une victoire infaillible^ ils s'engagèrent sur la trace des Francs dans la plaine, et ne craignirent ^point de les défier au combat* ^B Que pouvaient , les Francs , espérer de plus ^pEstvorable ? L'ennemi , perdant l'avantage du ^^osle, conservait encore celui du nombre; ils avaient, eux, l'avantage, moins incertain, de l*ha-
Ibitude et de la vaillance, La résolution prise, ils p'arrêtent, jettent leur butin qu'ils comptaient bien Recouvrer, et en peu d'instans^ menacés et assaillis qu'ils étaient, les voilà qui menacent à leur tour et qui assaillent. Ils se précipitent, ïes Maures s*étonnent; ils fondent sur ces foules tumultueuses, déjà
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34e mSTOIRE DES FRANCS,
rûmpnes par le désordre de leur poursuite, elles s'ébranlent et ihient, ne laissant aucun intervalle pour le combat , poursuivies à leur tour au même moment qu'elles ont cessé de poursuivre. On ne combattit point, on marcha seulement, d'une part pour atteindre , de l'autre pour se dérober. La victoire ne fut que d'avoir osé la vouloir, et n'exigea d'autre soin que d'aller à elle.
Les Itfaurés toutefois souffrirent de fôcheuses per^ tes^ car la ftiite préserve moins sûrement de la . mort, que la résistance. Elles s'accrurent douloureusement d'ailleurs après l'action, par l'impitoyable prudence des Francs. Forcés de prolonger leur retraite par un pays populeuse et tout ennemi, embarassés déjà de leur butin, dont l'abandon eAt trop Coûté à leur avarice, ils préférèrent le sacrifice de leurs prisonniers, et ne firent grâce à aucun. Au moins cet odieux massacre fiit-il le dernier; nulle autre occasion ne s'offrit à eux, ni de violence, ni de gloire. Les Arabes consternés, n'osèrent plus troubler leur retraite, et le vingtième jour après qu'ils se furent séparés de Louis, Isambart et les siens entrèrent triomphans au camp de Tortose.
Vin. Mais leur présence y servit de peu ; ni l'effroi de leur gloire, ni le nombre des assîégans grossi par le leur, ne purent émouvoir les courages dans cette cité. Elle s'obstinait de plus en plus dans sa résistance; tellement que la saison cessant d'être fkvorable, le jeune roi, se contentant des ra-
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tàges éommis et des richesses recueillies, prit le part!, jngé nécessaire, de lever le siège et de ramener son armée. Ce n'était toutefois qu'un dessein interrompu; l'hiver fini, les Aquitains retournèrent, Louis n'était plus avec eux , cette fois ; il demeurait pour hâter» dans le Rhône, dans la Garonne, dans la Charente, la construction et Téquipement d'une flotte, que l'empereur armait contre les Nordmans, Au lieu de Louis, c'était le comte Ingobert; Toilosc était toujours le hut principal de rexpédilion.
Parvenus à Barcelone, ils tinrent conseil : imitant les exemples déjà donnés par Louis, ils délibérèrent de se partager et d'envoyer ime portion dès leurs dans les hautes contrées de l'Ebre , afin d'attirer de ce côté les Arabes et d'empêcher, s'il se pouvait, qu'ils vinssent troubler les travaux du Siège. Ce plan débattu, on s'y attacha : le plus difficile était dans le passage des fleuves, qui retardait outre mesure la marche des troupes et les exposait à trop de périls. On construisit des bateaux qui se divisaient et se rejoignaient avec promptitude, et dont les parties étaient réduites en telle façon, que pour les ti'aîner, il suffisait de deux mules. L'ouvrage était simple, et fut prompte;ncnt achevé; ils partirent. Ingobert continua vers Tor» tose; Adhémar et Bera suivirent en la remontant, la rive gauche de TEbre.