‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 124 sur 135 · LIVRE XX (b06-8l3), tTl · texte numérisé non relu

LIVRE XX (b06-8l3), tTl

Bt apporter : à peine il commençait, des Vaisseaun] étrangers se monirèrenl dans réloignemetit , qui, naviguant vers la côte, faisaient soupçonner le des* sein d'aborder. On les crut araia d'abord et $Im|ïles marchands; on les disait Africains, Juifs Italiens, peut^tre Bretons. Mai$ Charles, inqniel, se le van t, Toolut en juger de ses yeux, et connut bientôt à la forme et à ragilité des navires, pourquoi et de quel pays ils venaient. < Courez , cria4-il , ce ne sont > point des amis; au lieu de marchandises, ils poi^ B tent la guerre- > Les Francs coururent» remontèrent précipitamment sur leurs vaisseaux, et prêts au combat i ils levèrent Tancre, Mais les étrangers, apprenant la présence de Chiirles ^ n'osèrent ui continuer, ni attendre ; ils retournèrent leur proue, et secondés par le vent, ils se perdirent bientôt dans la haute mer. C'étaient des Nordmans.

Chaînes, pendant ce temps, laissant le festin, demeurait immobile et silencieux, et l'on voyait pas* ser sur son front des signes fréquens de surprise et d'inquiétude- Aucim des siens ne Tinten^ompait : on ne reùt osé* S' arrachant entin à cette méditation fâcheuse et muette :

« Compreiiez-vous» leur damanda-t^l, d'où vient j» ma douleur î craindrais-je de misérables pirates? M Ils ne peuvent rien contre moi. Mais que dois-je m prévoir, puisque moi vivant ils osent insulter ce rivage? que ne tenteront-ils point, après que la mort les aura délivrés de moi? Mon co&ur se trou-

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m ble quauil jt^ uiesuie ies maux i{u'iU feronTun » joui' h mes ijeuples et à rues neveux (1), > -^

XXX* Godfpîed régnait encore chez celle nation; jdoux de s'éiendre, împîUient de se rapprocher de la Saxe, il ne Tessayâit louiefois que timideiTienL 11 avait réveillé d'anciennes querelles entre ■les Nord m ans et les Obolrites, el s'étaii flatté d'enl^ager, sans trop de péril, une guerre isolée avec tes derniers. Ce n'était encore qu'un conamencefnenl, et il n'atlaquail les Francs que dans leurs vassaux. D'utiles auxiliaires le servaient; les Li* voniens enirL* autres et les Smeldingiens; même les Wladaves, ennemis jaloux des Obolrites^ eni mis des Francs, protecteurs de leur ennemi.

Godfj'ied donc, menant avec lui les guerriers ces nations, entra sur les terres des Obotrites, et en entrepnt la conquête. Il y eut de rudes combats dans cette guerre^ et de fréqueus changemens de fortune; car Thrasicon, chef infatigable, défendait son peuple avec une audacieuse opiniâtreté, D se rencontra une occasion malheureuse, où Godelaïd, son neveu, attiré iraîtreuscment dans une em* buscade, résista inutilement» et demeura {msonnier. Godfried, féroce ennemi, le fit pendre. Biantôt» comniSs il assiégeait l'une des villes de ThrasicoOt celui-ci accourut, les deux années se mêlerai, les

(1) Le moioe de Saint-GaU, liv. 2.

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plus vieux soldats des Nardmands périreot , plu«i sieurs de leura chefs tombèrent avec eux, Regiohold, neveu de Godfried, acquitta li) meurtre de Godelaïd^ et reçut la mort. Mais la puissance de Thrasicon n'était pas égale à son courage; éloigné des Francs, et laissé longtemps sans secours, il ne put qu'illustrer et retarder sa défaite. Le moment vint qu'il ne lui resta plus que la fuhe, et que proscrit, banni, sans armée, il fut réduit à abandonner son pays où s*étendait et s'appesantissait le joug des Nordmans-

XXXL Le bruit cependant en était venu à Tempereur Charles. Une armée de Francs s'était formée à la hâte, et prenait déjà les difficiles chemins de la Saxe. Charles lui avait donné pour chef l'aîné de sesiils. Arrivés sur l'Elbe ils y jetèrent un pont» et négligeant les Nordmans qui se reliraient devant eux, ils allèrent, sans se laisser détourner, châtier les Livoniens et les Smeldingiens : ils entrèrent; ce ne fut que meurtre et ruine; tout passa par le feu et par Tépée dans le pays de ces deux malheureuses nations. Enfm rassasiés de vengeance, embarrassés de butin, ne rencontrant plus d'ennemis, ils rétrogadèrent, repassèrent l'Elbe, et s'en revinrent en Saxe.

XXXIL Godfried, pendant ce temps, sortait du pays des Obotrites; et ne voulant alors ni attendre les Francs, ni les attaquer, il poursuivait et préci-

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