‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 128 sur 135 · PIN DU VINGTIEME LIVRE · texte numérisé non relu

PIN DU VINGTIEME LIVRE

S0mmitirr àti otugt-unrème Ctprr,

Bernard eât déclaré roi d' Halte. — I. — Yicloire navale retu< portée sur [es Maures. — ÎL — Ils surprennent Civila-Vecchia et Nice, el sont déraits en Sardaigne- — HT- — Le dnc de fiénévenl reprend les armes. — IV, — ïl achète la paix el paie tribut. — V. — Procopia* — VL — Léon. — VU. — Guerre désastreuse avec les Bulgares, — VÏIL — Les Iconoclastes*— IX. — EeIraUe des Bulgares. — X, — Irritation de Varmée grecque eonlre P recopia. — XL — Trahison de Léon. — XI L — L'armée proclame Léon empereur. — XI IL

— Abdication de Michel. — XIV.— Ambassadeurs des Francs à Constantinople- — XV.— Mort de Charles- — XVL — Se» funérailles. — XVIÏ, — Caractère de ce prince, — XVI! L

— Excès de son amour pour les femmes, — XIX. — Partage de ses biens personnels. — XX.— Son atTection pour ses enfaus.

— XXL— Aventure d'Kmma. — XXIK— Goût de Charles pour les arts el pour les lettres. — XXIIL — Ses travaux pour VaiEèlioratioo de la langue tudesqtie* ^— XXIV. — Ses efforti

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poor introdaire le efaant romaio dam lef Gtolei* -«- XXT. « Et pour y répaodre li^ calture des arts natérieli* — XXYI^

— Caractère de soa ^rft et de §m deiNins. — XXYIL — Povrqaoi Charles porta la guerre diez les peiq^es da nord. — XX¥iII' — Fautes de ce prince. ^ XXIX« — Ses grandes

- XXX. — Charles légisUtear. — XXXI. — Ses B^r la discipline de l'église. — XXXII. — Utilité de ess lois. — XXXIII. — Lois cifiles de ce prince. — XXXIV. — Charles n'a institué ni l'université ni la pairie* — XXXV. —

— Fables accréditées aa sujet de ee prince. -^ XXXVL -^ 8aTMtablegrandeuh--iUtVtt. ---i>écad«ioe fmdiaine «•sa race.— XXXIX.

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3ÛÏ

¥m BÈ CHARLEMAGNE.

h ÙmtUé prêp^tslt, iriaîs ne précipitait pas l*atèhif ; il Itii (iré^tritâît sa fbrtae et son rnôÙTément, Èfiéis il M fâi^Èaitl Êién léîûp^ éi son terme. ïï y si^ûiï dèM Httûtàniîéi rriiititmâtii, âeiilL titrée, âëui princes ; il n'y avait qu'tm ôhef et qu'Hun ifislîfre. Charles partageait sans rien abdiquer ; il partageait ks boQDeurs, et non la puîssanee. Il oe voulait de Tassociation que ses avantages ; il n'en acceptait ni régaKté^ ai k cUviston ^ ni laffaiblissement, qui en sont les périlg. Louis^ empereur, demeurait sujet, comme il l'avait été^ quoique roi.

La céréiBome acbetée, les àen% princes se séparèrent; mais de tristes pressentiraens troublèrent douloureusement leurs adieux; ils le prévoyaient filfi et fâufrè, c*étsuéfi( lés derniers. Louis letaurna^ soucieux et préoccupé , dans son royaume é' Aquitaine, et Charles, plus rassuré depuis sa prévoyante détermination, t^eprîl courageusement toutes les habitudes de sa vie attentÎTe et labo* rieuse*

HÎSTOmE DES FRÂ!«3S.

Le jeune Pépin avait laissa des en fans ; mais au-

Icun, à ce que Ton croil, n'était né d*une union égulière. Us ëtolent six, et dans le nombre un fils

[seulement, qui portait le nom de Bernard- Charles, moins touché de la faihlesse de son âge et du vice fôcheux de sa naissance que du légitime désir d'honorer la mémoire de son fils, et de ne point ôter aux Lomhards ce vain simulacre de séparation et d'indépendance qui flattait et endormait leur orgueil, Charles consentit, quoique tard et après deux années d'hésitation, que ce jeune enfant reçût le titre de roi, et s'en allât à Pavie continuer le règne apparent de son père (1)- Le plaid d'Aix-k-ChapeÛe avait conseillé ou approuvé cette résolution bienveillante et peut-être utile.

n. Les Maures, pendant ce temps, oubliaient et violaient de nouveau la paix jurée, il y avait quelques mois à peine, avec le calife AHIaccan. Menaçans mais oisifs sur les bords de l'Ehre, ils se dédommageaient de cette inaction sur les îles et sur les côtes de l'Italie. Charles, fatigué de leurs trahi-

(f j * L'empereur leurdoBtaa (auic eDfaDS de Pépin) tine preuve > éclatante de tendresse eo permet tant qtie sou pelU^llls succê- » dât au royaume de son ptre.» (EgiohardA'ie de €h.)Ces mots lÊmoignentj ou de riUègiUniiié de Bernard, ou du droit des on* des i peut-fetre de run et de Vautre. Bernard n'avait pas de droit réel ou de droit certain ; il y fallut la permission de saa Éïeiil , et cette permissioD ne fui due qu'âj^l'excesâive afTei^tioii d«cepriiice«

sons et de leurs rapines, envoya des vaisseaux et le comte Irniingaîre pour les châtier. Ils ignoraient ces préparatifs, et croyant la mer toujours libre, leur flotte chargée de dépouilles récemment enlevées à la Corse, revenait joyeusement et sans prévoyance enfouir ces richesses dans les ports d'Espagne. Ils approchaient de Majorque, quand tout à coup sort des rochers de cette île la flotte ignoré© qui s'y cachait en les épiant. Que résoudre en cette surprise et que faire? Le temps manquait pour la fuite aussi bien que pour le combat. Pendant qu'ils hésitent, Irmingaire attaque; avant d'attaquer, il avait vaincu, L*étonnement, la peur^ le désordre ont tout fait sans lui ; il n'a qu'à peine besoin d'achever- Huit vaisseaux tombent dans ses mains; cinq cents corses que les Maures emmenaient en captivité sont devenus libres,

UI, Ce fut un heureux et profitable succès, mais qui ne fut pas néanmoins sans compensation. Les Maures humihés se hâtèrent, et pour une seule défaite, ils voulurent et surent obtenir deux revanches, Civita-Vecchia les vit bientôt sons ses murs, et lâchement défendue, elle fut impitoyablement saccagée» Nice à son tour se laissa surprendre, et paya d'une funeste rançon celte inexplicable néglijjence. La fortune enivrait les Maures, et elle le» abusa, comme il arrive à ceux qu'elle enivre.

Tout Jes favorisant alors et leur succédant, ils crurent roccasion venue d* effacer les affronts reçut

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m Sar(|aigne. Ils allèrent, 01 ils débarquèrent, ât Si' défièrent |e5 Sardes. Mais Us le$ Irouvèrent encore cette foiii tels qu'ils las avaient déjà éprouTés, irigilans et îmibranlgbleg, L0 ^mlMit fiii prompit acharné, terfible, eomm^ t^us eçuK qiit aTaieet préeede, et comme eum, il fut honteui ani Arafadi. Repousses, rooipu»» inîi en fuite, fa mer dërafat seple leuY^ tristes décris , et Us laïasèmnl dans cette île fa^|^ iQut ce qu'i}s iyaiint iidoueilU de gloire d^ns 1;^ Oiûrboupaisf et diiqi la Taaeaa** Wice ftvail fait onblier Majopqnej la Sardaigne fit oubliai- Nic^ : inpiilç échange de maurtrea et de destruction; ih ^'étâifrit ¥êng€@, on se veiif«a d'^ux»

ÏV* On se vengea aussi de (Jrimeald. Ce prince^ inquiet, se trouvait à Tétroit dans sa thîMe princt» pauté de Bénéveni- Il servait et fatiguait alteraativaiBent les Grecs au territoire de Naples » les Italiens au temtoim de Heme, et aux cenfins de la Lombard i^* Sa dëpendanoa des Francs lui était favorable contra TOrient; ses intelligeiieei avec rOrîent lui aidaient à relâcher pi^greisivemeiil cette dépendance. Atteetif mu oceâsîans^ il les saU fijssait avec promptitude^ et ne s* effmyatt même pas de la guerre ^ quand les embanras de Tempereur franc la lui faisaient espérer moins périllsuse et moins inégale. L'âge de Ctiarles, la mort de Papin* la guerre de Venise^ les incursions des Arabes, la grande eiLpéditien des Nordmans lui avaient hk

croire comme aux Bretons , qu'une heureuse époque était arrivée; et, à leur exemple , il s'était audacieusement mis en révolte, se flattant d'accroître j ses possessions, et même si la fortune secondait fia témérité, de rompre le joug que repoussait Forgueil des Bénévenlîns.

B V. Mais lorsque Charles eut fait la paix avec Al- ^KHaccan, avec Hemmfng, avec Nicéphore, il se sou- B^int de rinfidèle vassal , et envoya Tarmée d'ïtalîe B|^0ur avoir vengeance de ses agressions. Grimoald ^ était seul alors, sans auxiliaire et sans protecteur; il ne pouvait que tomber à moins qu'il ne se soumît, et que les Francs ne se laissassent fléchir. Les soumissions ne manquèrent point; car ce prince ■nirdent et souple à la fois, savait comme on profite ^tiu temps et comme on lui cède. L'indulgence ne manqua pas elle-même, quoiqu'elle se fiit mise à haut prix. Charles, en Fétat où était Temph^e en ce temps, eût craint, plutôt qu'il ne Teût souhaité, de remuer trop profondément Tltahe. Il donna la paix à Grimoald , comme aux autres princes ; mais il la lui fit acheter par un tribut de vingt-cinq mille sous

tW, plus accablant encore que honteux.

VI. On avait donc la paîx^ mais laquelle? Qui B pouvait fier à ces princes si peu fidèles aux 'aités, et à ces peuples si peu fidèles à leurs princes? A peine avait-on reçu la foi de Tempereur grec, ces assurances allaient devenir vaines peut-

lilf HISTOIRE DES FRANCS,

être, ces promesses perdaient déjà leur garant^ Michel avait de la modératioD et de la sagesse^ il manquait de grandeur et de force d'âme; Procopia au contraire avait de Ténergie et de la hauteur, elle manquait de circonspection et de modestie- Elle savait trop les vertus que n'avait pas rempereur, et se souvenant qu'il régnait par elle, eUe eût voulu commander et régner pour lui. Les Grecs, attachés pourtant à la mémoire dlrène, s'irritaient et s'indignaient à la crainte de retomber de nouveau sous la domination d'une femme. L'empereur était froidement aimé, Timpératrice ai'demment haïe#

Il était venu d'Arménie un chef miUtaire, qui n'était dépourvu ni de courage, ni d'habileté. Négligé par Nicéphore, qui le laissait languir dans la Cappadoce, rebuté, humilié, mécontent, il négligeait à son tour les médiocres devoirs de ison office, et s'était imprudemment laissé surprendre à Euchaïtes, par les Sarrasins. Nicéphoie irrité, l'avait fait battre de verges et l'avait banni. Quand Nicéphore fut mort, Stauraca déchu, Michel proclamé, le nouvel empereur rappela Léon^ et non content de lui faire grâce, il Téleva, l'exalta. Je créa patrice, lui donna l'armée d'Orient, se livra à lui tout entier.

Léon était ambitieux, et tous sont ingrats ; monté près du trône, il ne se crut pas assez haut. Il conspira, se fit un parti, prépara la ruine de son Joiejqifaiteuri et s'arma traltf eupement contre lui, di

sa confiance même et de ses grâces. Les Icono» clasies étaient abaisses, il encouragea en secret leurs ressentimens m leurs espérances; le peuple crédule à Constantinople écoulait d'une oreille avide et facile, les folles prédictions des devins, il lui faisait assiduement raconter des révélations et des prophéties, dont sa prochaine grandeur était invariablement le sujet. Il se faisait déjà dans le palais quelque bruit de l'esprit incertain et condescendant de Michel, de rariogante et ambitieuse humeur de Procopia; il remplit de ces pernicieuses rumeurs, Constantinople et Farmée.

VIIL Bientôt le jour vint qu'on dut reprendre la guerre avec les Bulgares. Crum assiégeait Develt ; Michel s'était mis en marche pour le combattre; Procopia, toujours empressée, allait avec lui. Arrivés à Zurule, les murmures de Tannée la con* traignirent de rétrograder. Elle était partie, les murmures ne s'apaisaient pas. Michel offensé, prévit ce qu'il en serait, devant l'ennemi, d'une telle armée; il s'éloigna à son tour et s'alla renfermer tristement dans son palais de Magnaure. Cm m poursuivit; Téloignement de l'empereur et rindiscipline de l'armée ne Texcitaientpas à se désister. Develt tomba, la Macédoine et la Thrace furent envahies, on ne résistait nulle paiH, Les peupies eux-mêmes sortaient des cités, et comme une armée vaincue, fuyaient en désordre, au seul bruit dt la marche et des progrès des Bulgares*

tnSTOïRE DES FRANCS-

IX. En même temps les Iconoclastes remuaiel àConstantinople, cl la nécessilé de les contenir ini' posa malheuî*eusement quelques actes fâcheux et tardîfe de sévérité. Michel , de plus en plus affligé, convoqua dans son palais les officiers de l'armée, «r Où nous précipitons-nous , leur dit-il î B Sommes-nous les ennemis de Tcmpire ? qui le t protégera contre nous, qui le deyions protégerî » Méprisez-vous la gloire, aimez-vous la honte 1

* Vous est-il flâtleur de frayer, par votre fuite, la

* route aux Bulgares? Eslimez-vous bon de ré- 1 pondre par la désobéissance et Tin suite , à Taf- » feciîon de votre empereur ? Est-il d'un soldat de

> laisser les exercices du camp pour les criminel-

> les disputes des hérésiarques? Le sacrilège a-t-i î» plus d'attrait pour vous que la guerre î Etes-

> vous armés , non plus contre les enneniis de iï rÉtat , mais contre les images des saints? » Croyez-vous aux schismatiques plutôt cpi'à !*É- » glise ? Jugez-vous si contraire à la loi de Dieu , tt d'honorer les choses sensibles qui le représênn tent? Que dois-je attendre devons, et que puis* » je encore espérer? L'empire eat-il sans armée? * Ils furent émus et se récrièrent, (t Qu'il ne doutât lï point de leur zèle, qu'il éprouvât leur courage, » qu'il pardonnât à leur repentir; leur faute se la* t veraît dans le sang , les combats attesteraient

> leur fidélité, les Bulgares rétracteraient leur me- >^ pris. •

UVBEiXI (6n-6l6),

Sitl

X. Hiehel éCQutaitf et il reprit confianee. On avait une seconde guerre à rorient de Tempire avec les Sairasins* condaits par Thébith; Léon y courut, et, mieux obéi que Michel , il osa combattre et sut vaincre : sa renommée et son autorité s'en accru* renL Crum l'entendant ei demeurant seul contre toute la puissanep ^e Tempire^ s'en inquiéta et offrit la paix. Michel Teût voulue, mais ses conseillers Tefl 4issuadèrent ; la gloire de Tempire était offensée, ils prétendaient 1^ venger. On se prépara, on s'arma, oq ?e mit ep mai^che \ l'empereur suivait, et il s'avança jusqu'à Andriuople, Mais, chose inespérée, le roi bulgare avait fui; il avait fui, non devait Ips Precs, ïnaie devant la peste; sans combats, s$|i^ événemens de guerre, sans défaites, les deux tier^ dô «pn armée avaient succombé, Michel te pouiraiJ poursuivre, il l'etourna à Constantinople; la pe^t^ fl'ptait pas pu *msiliaire dont il osât accepter Fapp^i fflpqaçant.

XI. If ais. Tannée suivante, assemblant toutes les ferccâ de Fempire, il marcha de nouveau, persua* dé qu'il accablerait bientôt, et sans peine^ ce chef 9ans soldats, ce roi sans sujets. Procopia, que rien ne désabusait, eut encore la témérité de s'attacher à sa suite, et elle en eut une plus grande : quand oo fut venu à Héraclée, elle osa s'offrir aux soldats, et prononça devant eux une harangue guerrière. L'effet n'en fut pas ce qu'avait été autrefois eelui

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des harangues d'Irène. Tant de choses profitent cff" nuisent selon les j)ersonnages, et selon les temps. Heiaclée revit les scandales et les mu fri lires de Zurule. L'amiée se soulevait indigntk^ et humiliée. Procopia s'éloiiçaa encore, remède impuissant à im mal profond.

XII, Elle partie, ou plutôt chassée, Michel découragé n'agit plus. L'armée, qu'il méprisait, apprit elle-même à le mépriser. Il fallut que Crum, bien inférieur par le nombre, bien supérieur par l'audace, le vint défier à Bersinicie, mènae à Andrinople. On combattit à la tin ; Michel y résistait, Tai^ mée le voulut- Aplacès, valeureux soldat, cotnmandait les Macédoniens et les Thraces, il flt des prodiges; il attaquait, rompait, dispersait ; attaquait de nouveau, dispersait encore; le champ s'étendait et demeurait vide devant luL Crum lui-même était accouru, Crum lui-même fut accablé et îl recula.

Mais celte fortune eut de prompts retours; on avait vaincu, on le fut; les Bulgares fuyaient , les Grecs s'enfuirent eux-mêmes devant cette fuite. Léon, saciifiant tout à son ambition, même lâ vic^ toire, trompe et entraîne ses troupes; parle de trahison et de défaite, s ébranle, s'écarte, s* éloigne; laisse a nu le liane des Macédoniens et des Thra* ces, ouvre aux Bulgares un libre passage, offre à leur chef Foccasioa qu'il n'espérait plus* Elle fat saisie : Crum retourna, Crum enveloppa Aplacès; Aplacès périt dans sa gloire*

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Xlll. Mîcliel fugitif ne s*aFrêta même pas à Andrinople; Conslantinople le vit désespéré, maudissant la lâcheté de Tarmée, ignorant encore les desseins et la trahison de Léon Léon de Meusa, Léon la perle de l'armée, et à qui elle allribuait son salut. Le moment était décisif: le camp retentissait d'imprécations contre Michel; un cri nouveau, le cri que promettaient ces premières clameurs pouvait tout changer. Il fut entendu, le changement vint, rarmée proclama Léon empereur.

XrV, Bientôt, et sans s'inquiéter des Bulgares, elle leva ses enseignes, et marcha rapidement sur Constantinople. Le peuple s'émut, les grands et les magistrats s'indignèrent; ils voulaient tous que Michel se prépanU à la résistance, et ils pr;Omctiaient ce le servii avec courage et fidélité. Michel, plus sage et plus prévoyant, refusa- L'armée avait prononcé, le peuple Temporteralt-il sur Farmée? Le peuple persisterait-îl longtemps à le souhaiter? Monté malgré lui, il descendît malgré tous.

Procopia même y perdît ses exhortations et ses larmes. « Il faudrait du sang, leur dit-il, et n'en » fallut-il qu'une goutte, l'empire est trop cher pour 1 moi à ce prix, ^ L'histoire a loué cette abnégation; louable en effet, si elle eût été moins nécessaire et plus libre; louable en un prince élevé par la violence, et qu'un droit fatal ne condamne pas à régner; louable sans l'immense inconvénient qu'elle

"M»" ~ HISTOIRE DES FRANCS, avait de prëeipiier Féiat, et d'âuioriser les ustif^a'^ tiojjs, Quekjues rois peilvent eéder^ et plusieurs le doivent; d'autres qui le pourraient ne le ddiVêni pas, d'autres qui le devraient ne le peuvent pla«- Michel le pouvah, € Allez, dit-il à Tun de ses flef*

* viteurs, portez à Léon cfe manteati, ces brod^-

* quins de pourpre, cette cOu renne, tous tses vains > ornemens d'une dignité aussi vaine qu'eux. D

* peut venir, la j[)alaîs sera vide- * Et, ces (jarùles dites, il prit couragensement la robe de bunfe; Mi» chel éiait moine, Léon régnait.

Xir, C'était en ee même temps qu'arrivaient i Constantinople, Amalhaire^ évêque de Trêves, et Pierre, abbé de Nonantola, envoyés par Charles, tous deuK, auprès de Michel, pour sceller la paîi déjà convenue avec ce prince. On dit même que dei négociations d'une autre nature se mêlaient à ces importantes négociations, et que Micbel , qui avait déjà donné la couronne et la pourpre à Théophilacte, Taîné de ses fils^ proposait que Charles accordât, de son côté, à ce jeune prince une de ses filles pour femme (!), Aveugle prudence des hommes ! qu'en allait-il rester maintenant» de ces grands

(t) Michel tfÉli trois ÛU , Théopbilaét* , Siautace el Kieéïai* Staurace eut le bonhenr d« mourir avaul la chute Ûe soi) père; les deux aulres dirent Eaîtâ eunuques » et furent enfermés danf QQiiioaaâtëre. Nicétas, après di loogucs anaée?» devint pifriar* fb4 deCoQStaatmopi^

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