LIVRE XIU
«impie et grave des psaumes, exécuté par des dercs (1). Ce iîit une grande magnificence, quand on en fut venu à étendre des nappes de lin sur de blanches toisons de brebis, et à dresser les mets dans des plats de marbre (2).
Mais avec les conquêtes vinrent les richesses , avec les richesses les recherches vaines et les rui« neuses délicatesses du luxe. On se vétissait autrefl»8, on voulut être paré. Quand on eut vu les Gaulois, les Sarrasins (5), les Grecs, les Persans, on eut bientôt honto de soi et de la simplicité de sa vie. On dédaigna la saye des Slaves et le long manteau des Frisons; on acheta des Vénitiens de riches
(f) Idem, liv. TIII. — < Charlemagne, â son repas de (oas les •Jours, ne faisait servir qoe quatre plats , oatre le rôti. Pendant »ce repas, il se faisait faire des lectures , et, de préférence , les idironiques des temps passés.» (Eginhard, Vie de Gharlem.) — Ou s'était bien écarté déjà de cette simplicité , dès le temps de Lsus-le-Débonnaire. La restauration de l'empire d'Oeddent avait amené> comme par une sorte d'émulation , de nombreuses InilaUons des somptuosités de Constantinople. < Entre chaque •plat sont placés des vases d'or. Radieux, le chef de l'empire se *flaee lier un Ht. Par son ordre , la belle Judith se met à ses «sMés. Lothaire et Hérold , Fhôte royal , s'étendent à leur tour *sur UB même lit* Le prince , après avoir lavé ses mains dans >Feau pure , et sa belle compagne s'étendent ensemble sur
*un Ht d^or > (Ernoldus Nigellus , chap. 4.) U était
eoDlemporain.
(3) Idem, eodem.
(3) € Un luxe inconnu même aux Sarrasins. • ( Le moine de Saint-GaU, liv. I)
habits (1), quils apportaient d'Orient; des robes brodées de soie, ornées de pourpre, bordées de franges filées avec Técorce du cèdre, des manteaux doublés de la fourrure du loir, recouverts déplumes prises au cou et au dos des paons, chargés des dépouilles des plus précieux oiseaux de Phénicie (2). On connut Fart des charcutiers , des cuisiniers et des pâtissiers (5) ; on mangea dans des vases d'or et d'argent; on s'enivra dans de riches couper ^. pleines de parfums et couronnées de fleurs; on appela des chanteurs et d'habiles joueurs d'instrumens, qui faisaient retentir, pendant le festin» leur musique molle et voluptueuse (4).
XXII. Depuis leurs guerres avec les Arabes, les Francs avaient fait de grands changemens dans l'organisation de leurs armées. Ils eurent, sous Charles-Martel , et bien plus sous Pepin-la-Bref , de fortes troupes de cavalerie , qui précédaient les fantassins dans l'attaque , les soutenaient dans la marche, les protégeaient dans la retraite, les ralliaient dans la fuite. Ces changemens dans les troupes en amenèrent d'autres dans les armes : on n'avait eu longtemps que l'épée, le javelot, le bouclier de
(1) «Vos habits ont coûtée non-seulement des livres pesant d'argent, mais plusieurs talents. > (Idem, liv. II.)
(2) Idem, eodem/
(3; Le moine de Saint-Gall, liv. I.
(4) Idem^ eodem.