LIVRE XIII. 6S
Lois Cl de cuir, Li IramiM»; on oui ])iî^iitol IclHiuclicr couvert de lames de fer, la cuirasse de fer, les cuissards^ les gantelets, les botti :es, la lance de fer, et des chevaux monstrueux pour porter légèrement cette lourde armure (1).
La guerre, en ce temps, avait d'étranges usages et dTiorribles droits. Quand elle cessait, on se donnait réciproquement des otages, et si la paix était violée , ces ôlages tombaient en captivité. On en retrouve un touchant exemple dans l'aventure d'Attale, neveu de Tévêque de Lan grès, Grégoire. Après la guerre de Théodoric et de Childebert, fils de Chlovis, Attale fut donné en otage à Théodoric, et remis par ce prince à la garde de Fun de ses leudes, dans le territoire de Trêves. La paix se rompit; plusieurs des otages s'enfuirent; Attale l'essaya, mais il n'y put réussir. Il devint l'esclave du leude, et fut fait par lui gardeur de chevaux. L'évêque, averti, fit proposer sa rançon ; mais le leude, qui le savait de noble race, n'exigeait pas moins de dix livres d'or.
L'évêque avait dans sa cuisine un serviteur qu'il Dommait Léon, homme de courage et d'intelligence, malgré l'humble emploi où il avait passé toute sa vie. Ce serviteur ofi5ît d'entreprendre la délivrance d' Attale, et Tévêque le lui permit avec joie. I^on alla et tenta d'abord d'enlever le malheureux gardeur de chevaux; mais, comme il avait
(1) Le ino;ue de St-GaU, liv. IL m, 5
<5choué, il eut recours à de plus ingénieux et plus téméraires moyens. Il se fit conduire devant le leude, et se fit vendre à lui comme esclave; douze pièces d'or furent le prix du marché. Attaché, comme dans la maison de Tévêque, aux travaux de la cuisine, où il excellait, il ne tarda guère à se &ire remarquer de son nouveau maître, et à obtenir sa faveur. Toutefois, ne voulant rien mettre au hasard, il différa patiemment une année entière.
Enfin, ce terme arrivé, il avertit secrètement le jeune otage, dérobe le bouclier et la framée du leude, dérobe aussi des chevaux; et, quand la nuit est venue, armés, montés, résolus, ils partent tous deux et s'enfiiient. La Meuse était sur leur route; reconnus, et près d'être saisis au passage, ils abandonnent leurs chevaux et leurs vêtemens, entrent dans le fleuve, atteignent la rive opposée, et se jettent dans la forêt qui la couvre. Hs y vécurent, trois jours, de prunes sauvages. Continuant toutefois, et s'enhardissant, ils étaient parvenus sur le territoire de la Champagne, quand tout à coup un grand bruit de chevaux fi*appa leur oreille. Uefifroi les saisît; un buisson de ronces était là , douteuse et misérable ressource : ils s'y précipitent, s'y couchent, s'y cacheut , implorant les saints, et désespérant cette fois de leur délivrance. En même temps les chevaux arrivent; c'était le leude et les siens, qui les poursuivaient; mais , trompés par leur impatience même , ils pas« sèrent, et ne fouillèrent point le fata] foq{g9on.