LIVRE XIV (752-768. H
naces, des propositions ruineuses, des cothhiandemenai II s'agiëbait de choisir, ou la ^eirë, ou râbailâim Volontaire de TExarchat, et Tlndëpendancê de Rome. Que pouvait Astolphe ? Il n'avait gttèrë à délibérer qu'entre deux résolutions : ou de petrsister ddtis son entrë|]frise, en tentant lei^ hasardl^ d'tflie lutte dangereuse contre Pepiri ; où de renoncer; pour quelque temps du moins , à ses projet!^ de cotiqiiéte , de se réconcilier promptement avec leë Grecs, de remettre aussitôt Rome et TExarchât dans leurs mains. Qu'eussent fait les Francs, en ce Oas ; quel prétexte auraient eu les plaintes du pape ? Hkâ^ lorgueil des Lombards ne leur permettait pas 088 Ëdlnbinâisotis, éi l'aversion de l'hérésie rendait ritalie trop adverse et trop difficile à la domination des empereurs grecs. Astolphe donc rejeta l'étrange ooiiciiiation que proposait le roi franc, et de tout ce qui lui était offert en son nom , il n'accepta que la fpkenet
XX. Pendant ce temps le pape, toujours plue dôéile atix exigence^ de soi! nouvel alliée conti-; naatt d'eléouter les t)romesses qui lui avaient ét^ iOkpMé&s potir prix de la protection €(u'il sôllidb^ tait^Pêpiny moins persuadé qu'on né Peut pn erôiÉ^,de k réalité de soû droit et de la stabiKfé de sa pdissytiee; itfilparfaitement rassuré pat là décisiori dé Zàohklie ^t par là consécration dé Bernard, îl^epin avait jugé désirable qu'un acte éclatant et connu de totti^ oUifkifiMtât l'aiffemimêm àxt obef «ettièl* de
1 12 HISTOIUE DES FRANCS,
rËglise et achevât d'étoufier ce qui pouvait rester encore d'incertitude et de scrupule dans Tesprit des Francs. 11 avait demandé au pape son absolution, et le pape consentit à l'absoudre en effet, mais de son parjure ; ce fiirent les termes et l'objet de la rémission (1). Il avait souhaité aussi que la cérémonie du sacre fût renouvelée , et puisqu'on admettait encore la nécessité d'une absolution, il devenait naturel de garder des doutes sur l'efficacité de la consécration faite avant qu'elle eût été obtenue. Le pape donc consentit encore, et l'on disposa toute chose pour environner d'un grand appareil cette solennité, rendue étrange et nouvelle piar son renouvellement même et par la présence du chef de l'Ëglise. Ce fiit dans la basilique de Saint-Denis qu'on la célébra.
Mais Pépin, non content de l'avantage qu'il en attendait pour lui-même , avait prétendu qu'elle servît à garantir après lui l'élévation de sa race. Il avait deux fils, Charles et Carloman; ces princes reçurent à leur tour l'onction sacrée, et à son tour aussi , la reine Bertrade, déjà sacrée à Soissons. Outre cela, la cérémonie achevée, Etienne s'adressant aux leudes qui se pressaient dans le sanctuaire y les exhorta vivement à ne jamais méconnaître le saint caractère qui venait d'être imprimé aux jeunes fils de Pépin, proclamant leur race élue de Dieu, et menaçant d'excommunication quiconque
(1) VoyM celte hUtoire mème^ tome I, |Mig« 109» note S»
LlVRKXlV(7';2.7Gft). H3
oserait s'élever contre elle. En même temps, disposant de Rome , et changeant d'un mot l'état politique de la capitale du christianisme, il en décerna le patriciat à Pépin et à ses enfans.
iXI. Le roi avait eu un autre dessein : il avait voulu, sans qu'on puisse dire, avec certitude, pour quel intérêt, répudier sa femme Bertrade, et couronner à sa place une autre reine. Mais le sacre même devint un obstacle , qui aida à faire abandonner ce dessein; car il fallait que le pape, qui devait sacrer, ne désapprouvât ni la répudiation, ni le nouveau mariage. Heureusement il les condamna, et ne montra sur ce point aucune faiblesse. Sa sagesse venant au secours de celle du roi, ce prince, vaincu enfin et désabusé , sacrifia d'impnidentes affections aux intérêts plus légitimes de sa politique, et cette tache fut épargnée à sa vie,
XXIL C'était le temps de réaliser les menaces faites à Astolphe, Ce prince rappelant son armée, de la campagne de Rome, la menait à marches rapides, vers les Alpes; Pépin, de son côté, hâtait le mouvement de la sienne vers le Mont-Cenis. Arrivés dans la Maurienne , les Francs firent halte un instant, pour prendre quelque repos et se mieux préparer aux combats qui ne pouvaient plus guère tarder; mais, craignant que les Lombards ne les devançassent au pas de Suse, ils y envoyèrent, en attendant, on détachement peu nombreux, formé toutefois de
soldats d élite, et conduit par des chefs expérimen^' tés. La même pensée entrait au même moment dans Tesprit d'Astolphe: instruit aussi de rimportance d6 ce défilé , et redoutant que Pépin , plus prompt que lui, l'occupât avant que ses Lombards eussent pu l'atteindre , il fit aller en avant un corps de troupes légères, chargé de se saisir du passage; et cepen* dant il pressait lui-même sa marche, et redoublait de célérité.
Le hasard fit que les deux corps détachés, arrivant en ce lieu au même moment, chacun fiit réduit à un seul côté du passage ; les Francs au côté qm touchait la France , les Lombards à celui qui regardait l'Italie. On s'observa quelque temps , dans les deux partis , sans rien entreprendre; car ils avalait été également envoyés l'un et l'autre , pour la dé^ fense et non pour l'attaque. Mais si le détachement de Lombards avait failli de si peu à se laisser prévenir par celui des Francs, il en fut tout autrement de leur armée : celle-ci, ne se lassant point , réussit à gagner quelques heures sur l'armée du roi ennemi. Jugeant aussitôt de quel avantage il serait d'avoir le passage entier avant que Pépin arrivât * Astolphe, pendant que son armée, mai'chant encore, achevait de se rapprocher, ordonna au déta* chôment déjà établi d'engager l'attaque. Elle fat vive d'abord, mais vaillamment soutenue, et les Lombards , après que d'assez nombreuses tentatives eurent échoué, s'arrêtèrent. Ce fut alors le tour des Francs : ils n'avaient £ût que résister jusques^