‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 26 sur 135 · LIVRE XIV (752-738). m · texte numérisé non relu

LIVRE XIV (752-738). m

ôomme îl s*y était engagé, et ramena son armée. C'était le moment qu'Astolphe attendait ; car son esprit audacieux à la fois et dissimulé, méditait des desseins bien différens de ceux qu'on aurait pré- Tus. La saison était avancée alors, et quand il de- Trait arriver que Pépin, malgré les obstacles et les dégoûts qui Tarréteraient, prit la résolution difficile de retourner si promptement sur ses pas, et de porter une seconde fois ses armes au-delà des Al- ]>es, au moins ne le pourrait-il assez tôt pour faire ^houer les premières entreprises de son ennemi. "Plus libres après ce succès, plus encouragés, plus }puissans, les Lombards redouteraient moins Fallié d'Etienne, et cet allié lui-même peut-être, craignant les hasards d'une intervention si tardive, s'en laisserait plus facilement détourner. Astolphe donc commença, quoiqu'avec des ménagemens infinis, jar éluder successivement toutes les réclamations de l'abbé Fulrad et d'Etienne; son esprit, fertile en prétextes, en avait toujours de plausibles pour différer l'accomplissement des choses promises. Ni Havenne n'était encore abandonné des Lombards, DÎ aucune partie du territoire de l'Exarchat; Rome exceptée et Narni, le pape ne recevait rien et ne commandait nulle part. En même temps Astolphe se fortifiait, munissait ses villes et ses magasins, disposait et augmentait son armée. Tout était prêt chez les Lombards pour la guerre ; et Rome, toujours occupée de paix, ne songeait encore qu'à ses conditions, et ne s'étonnait que de leurs retards.

Tout à coup, le !«'' janvier, Rome apprend que son territoire est envahi , que ses châteaux ouvrent leurs portes, que de nombreuses troupes de Lombards, parties à la fois de plusieurs points différens, viennent contre elle à marche précipitée, et feront leur jonction devant ses murailles.

Au premier bruit de cette audacieuse trahison, Fulrad se hâtant était sorti de la ville, et avait repris le chemin de France, n'osant se fier qu'à lui-même du soin d'instruire Pépin, et craignant que des rapports incomplets et mal gai*antis ne le retinssent trop longtemps dans l'indécision. Ce fut une détermination favorable et un empressement dont le Pape eut sujet de se réjouir. Quelques heures plus tard, Fulrad, quoique franc et envoyé de Pépin, eût inutilement essayé de se dérober aux troupes d'Astolphe. Toutes les issues étaient occupées; un camp formidable déployait ses lignes ; une profonde ceinlure d'hommes armés enveloppait Rome. Astolphe toutefois n'eut pas recours tout d'abord à la violence ; cette surprise, cet appareil , cette forte et nombreuse armée avaient encore plus pour objet de lui épargner les lenteurs d'un siège que de lui servir à en surmonter les difficultés. Il avait besoin de vaincre bientôt, et s'était proposé d'imprimer aux Romains une terreur telle, que désespérant de la résistance, ils perdissent jusqu'à la pensée de la tenter. Aussi son premier langage fut-il tout de conciliation et de bienveillance. < Il n'avait ni ressenti- » mens du passé, ni desseins rigoureux et que l'on

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