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Tabandon n'en serait plus promis seulement mais réalisé; les Francs ailendraienl, et ne lèveraient leurs tentes qu'après. Mais il ne suffisait plus du traite; Comaclûo, si voisine de Ravenne, menaçait trop cette ville pour que les Lombards contînuaslent de la posséder; Comachio dépendrait à l'avenir delE'xarchat, et serait délaissée avec lui- Outre cela, les Lombards rentreraient de nouveau sous Faûcienne sujétion des Francs ; ils paieraient, comme aux premiers temps, le tribut frauduleusement rachelé sous Chlotaire, et enfin le tiers des trésors qu avait Astolphe à Pavie serait livré à Pepin-
C'était un irréfragable décret, et que la nécessité Scellait de son sceau. Périr ou exécuter; il n'y avait ]>otnt d'autre choix dans cette étroite et impérieuse ^alternative- Les Lombards découragés se soumîï^ent; le Pape reçut enfin les viUes promises. Pepîn jpendant ce temps^ alla jusqu'à Rome^ et y renouvela avec plus de solennité Timposante et décisive donation déjà faite au Pape- Les Francs quittèl'ent Pavîe» 11 ne resta plus d'autre espérance à Astolphe que le temps et les artifices timides où son esprit allait encore s'exercer.
Mais le temps ne devait pas tenir ses promesses. Quelques mois à peine passés, un jour que ce prince se livrait à rexercice de la chasse, son cheval effrayé l'emporta et le renversa. Blessé dangeTeusenienl daris sa chute, il ne put guérir et môurat*
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♦ao iiisTOiiit: Dïîis fbâncs.
XXX. Astolplie n avait piis de fils : celle succesmoiï d'une couronne ne pouvait manquer d'être disputée. D*un côté, ce fut Didier, déjà coonëtablê^ <etqui commandaniun corps assez nombreux de soldats dans la Toscane, se fit décerner le litre de roi pai' -cette armée; de l'autre, ce fut Rachis, prédécesseur et frère d'Astolphe, moine au Mont-Cassin depuis son ^abdication, et que les principaux d*enire les Lombards allèrent éveiller dans son monastère pour lopposer à l'ambîtioû de Didier.
Lee factions déjà se formaient; on courait aux
armes; la voix dç Racliîs, mieux connue de ce
peuple qui lui avait longtemps obéi, attiraîi des
^ foules de soldats sous ces étendards ; la guerre ci-
I Tile allait éclater, et le ï-ègue du nouveau prince
.•menaçait de finir dès ses premiers jours. En cette
I cxtrénnté, qm ne lui laissait que peu de ressources^
Didier embrassa la périlleuse pensée de rechercbei'
j^n appuichez les ennemis mêmes des princes aux-
•quels il prétendait succéder.
Se souvenant des engagemens religieux de Ra^ ahis-, €t des longues dévastations commises par lui [autrefois sur le territoire de Rome, il jugea que le Pape ne devrait voir qu'avec répugnance le rétablissement de ce prince, et favoriserait plus facilement réiévaiion d'un chef ignoré, dont l'Église n'avait encore reçu nulle offense.Il se flatta que Tassentiment d^Étienne obtenu^ celui de Pépin ne serait pas longtemps refusé, et ne douta point qu'à une époiïue encore si yoi&ine de leur victaire^ le suffrage
MVftÈ XrV (752-768). iSl
des PraMS ne Mt décisif parmi leurs noureaux tri'
Agissant donc selei> ces suppositions, Didier essaya, sans plus déBbérer, rers Etienne, faîaanl annoncer à ce pape des tnes toutes contrai'^ Tes à oriles deS' anciem^ princes lombards; ofiranl, au lieu d'iirânitië et de guerre, alliance étroite et paix invidteble; jurant de nouveau l'exacte ^bs^rraftion des conditions^ de Pavie; proposant nnême d'en ajouter d'autres, et consentant, pour prix €le la bienveillance qu'il sollicitait, à abandonner ^'importante eité de j^logne.
Fnlrad était encore à Rome en ee temps, et au-
j^fè» d'Etienne. Pepi» ïy avait feil retcrumer aprèsp
ma éeraxère eiqp^ditlon en Lombardie. Bs mëdStè-
iteolf le Pape^ el lui, sur ees* propositions de Dîcfier,
€1 préroyant qu'un roi de race nouvelle, repoussé
des grands, imposé plutôt qu*^accordé à ee peuple,
ne s'afflermirait qu*avec peine , et toujours troublé
é& sa» dangers intérieurs , n'aurait de longtemps*
assez de puissance pour secouer le joug de ses^ amis
étmugers, ih reconnurent pl<as avantageux pour
Rome et fe France 4'bxclure Racbis. et de seconder
son eompétiteur.
On traita d»neavec Didier: on reçut ses promesses; on reçut Bologne; on reçut tout ce qui restait encore des territoires eédés à la dernière paix de F&vie. A son tour, le Pape donna son appui; garantit eelui de Pépin; exhorta les seigneurs à la soumiiwoBs* Qudmma, de son' autorité ispirituefle, aw
ÏIISTOIRE DES FRANCS, morne Racliis d'abandonner ses desseins, et de rentrer, sans plus de retard, dans son monastère» La crainte des Francs prêtait une irrésistible puissance aux injonctions et aux conseils du pontife. On murmura ; mais on obéit, La guerre civile fut étoufiée avant d'avoir éclaté. L'ancien roi ne voulut plus l'être ; Didier le ftit. Et ainsi le Pape, à peine investi de sa souveraineté si récente, en usait déjà pour distribuer des couronnes et se rendre Farbître de ritalie.
XXX L Ses espérances furent cependant mal justifiées; et Didier, soit que sa propre inclination Ty poî'tât, soit que les vieux ressentîmens des Lombards Tentraînassent^ ne tarda guère à reprendra les anciens projets d'Astolphe et de Hachis contre Rome. Il s'en offrit bientôt une occasion qu'il n^ laissa point échapper-
Pendant que Pépin , l'esprit occupé de ses intérêts d'Italie, laissait se relâcher Taliention qu'il doïi" nait d'ordinaire aux mouvemens des peuples germains, les Saxons, toujours plus révoltés du joug qu'il les avait contraints de subir, s'agitaient de nouveau , et se concertaient pour le rejeter. Ce peuple vaillant, plus ennemi du repos que de la servitude même, eût mieux obéi si on ne lui eût pas com^ mandé la paix. Il la rompit; fortifia les passages le^ plus accessibles de sa fi ontière, et se prépara, pleiH^ d'espérance, à la résistance la plus obstinée* 11 n'es'*» pas contraire à la vraisemblance de supposer qu
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les sollicitations des Lombards avaient provoqué ou hàié cette grande déterminaiîon.
Mais rëvénernent ne fut pas plus favorable aux Saxons, qoe dans leur précédente tentative. Pépin, quand il eûtvules afïaires de Rome apaisées parle traité fait avec Didier, rassuré pour quelque temps du moins, contre les entreprises des Lombards, il repnt avec son armée le chemin de la Germanie, Ce furent d'un côté les mêmes efforts, ie même aeharnementj le même courage; de l'autre, la même persévérance et la môme supériorité que dans la première invasion. Les Saxons n'eurent d'autres dédommagement que la perte d'un grand nombre de leurs ennemis; ils firent acheter cher la victoire, mais elle ne leur fut pas moins arrachée* Leur pays i^uîné, leurs places détruites, leur armée réduite à de glorieux mais faibles débris, qu'attendre de plus? Ils se résignèrent, comme ils avaient fait autrefois; ils courbèrent de nouveaux la tête sous cette inflexible nécessité qui les accablait; sermons solennels, otages nombreux, humilians et riches tributs, ils donnèrent ou promirent tout à Pépin; asservis, mais non pas fidèles; sujets encore, toujours ennemis.
XXXIL Pendant ce temps Édenne mourait; son
frèi-e Paul était élu à sa place ; le pape nouveau
poursuivait l'oeuvre commencée; l'alliance jurée
îivec Pépin se renouvelait et se confirmait. Mais,
^^endant ce lemps^ aussi > Didier, secouant la crainte
iS4 HISTOIRE DES FRANCS.
des Francs, que retenait leur guerre de Saxe, metr tait à nu ses secrets desseins , et violait ouyertement toutes les promesses reçues de lui en échange de la couronne. Dans le temps que ce prince encore incertain de sa foitune , n'était occupé que 4e la défendre contre les prétentions de Rachis, deux villas ^ la domination des Lombards, repouesimt également les deux rois, s'étaient couràgeusetneiit randtiQS libres. Spolette et Bénévent (c'était les dett vilka)» avaient choisi l'une et l'autre un duc pow len gouverner, et trop peu puissantes pour se maîàtenir par leurs seules forces, elles s'étaient miseB sous la protection du Pape et des France» Didier ne s'était pas plaint alors de leur révolte, el ilP»vait au contraire autorisée par son inaction; maie, plus confiant après la mort d'Etienne et la divereîoii des Saxons, ce fut par elleg qu'il commença ses attaques.
Spolette surprise lui ouvrit ses portes, et le nouveau due fut jeté dans une prison. Bénévent, à son tour, assailli inopinément, se soumit; mais le due, plus heureux, trompa la vengeance des Lombttrdi^ et se réfugia dans Okrante. Ces premières expéd^ tîons achevées, Didier poursuivit; il se répsffldit dans le Pentapole, et y commit audacieusement de nombreux ravages. Prévoyant toutefois le retour des choses, et n'espérant point que les Francs lui remissent aisément la peine de ces vielences^, il piît le dessein de leur opposer Talliance de ^e^^ pereur grec. Celui^ei négociak cependant, et dans
fi
te même temps , avec Pépin (1) , se flattant toujows de persuader à ce prince qu'il réyoquât sa donation, et laissât retourner le pape à la condition d'où il Fa- \ait retiré. Mais ses efforts, longtemps répétés , ne satisfaisant point encore à ses espérances, Constantin se détermina à écouter les ottves du prince londrard. Didier, quoiqu'obligé d'acheter le secours desr Grecs, n'y voulait pourtant pas mettre le prix qif ils auraient exigé : il consentait bien à leur ourm Htalie, maïs non à leur laisser envahir TExar- <Aat; dépouiller le pape, exclure les Francs, partager ensuite, c'était à quoi se réduisaient ses propositions. QtfOtrante retournât aux Grecs , il le Bonffirirait; mais Ravenne et son territoire seraient aux Lombards.
Constantin promit; il n'était point dans les habitmdes des Grecs de se montrer parcimonieux de promesses, ni de repousser les ouvertures de conciliation qui Feur étaient faites. Ils enverraient leur flotte de Sicile; ils en armeraient même une seconde plus considérable, et pendant qu'elles aborderaient à Otrante, de nouveaux ambassadeurs iraient vers Pépin pour apaiser ses ressenlimens , et hii foire accepter la transaction que l'on médi-
(1) < L'empereur Constantin envoya au roi Pépin plusieurs préBens, et entre antres choses, deux orgues. » (Cginhard, Ann. 7â74 C'étaient 1^ premiers qir'on eût eu» en Francer Le moine d« Saint-GaH parle d*un autre orgue> fabriqué sous le règne de Chariemagne , le premier , si je ne me trompe , qu'eussent esnyé de constrof re des <mvrîers francs.
436 HlSTOmE DES FRANCS,
tait* Assurances vaines , comme Tétaient alors toutes celles de Constaniinople, et qui n'a vaientjd' autre but que d'encourager les Lombards dans leur résistance contre les desseins du roi franc*
XXXIII. Mais la guerre de Saxe était terminée^ et avait eu d'autres résultats que n'espérait Didier. Pépin était libre, il ne souffrirait vraisemblablement pas les désordres qui Iroublaîent aetuellement l'Italie, A la vérité les Lombards gardaient avec soin la mer et les Alpes; les plaintes du Pape ne pouvaient parvenir en France, que tard et malaisément; on y pouvait être longtemps dans rincertitude sur le véritable caractère des évéuemens les plus dangereux. Mais par un hasard singulier, Didier fournit lui-même aux Romains les moyens de tromper toutes ses mesures. Il avait de nombreux otages chez les Francs, et^ comme il croyait encore en ce temps, à la sincérité de Tempereur grec, il souhaitait avec ardeur de les délivrer^ avant que les flottes promises arrivant, fissent éclater ses engage^ mens secrets et ses trahisons» Le Pape seul pouvait l'y servir, et intervenir avec succès auprès de Pépin. Comment l'engager cependant en cette officieuse entreprise, après tant d'outrages et de violences? Didier Tosa, et Paul, dont cette démarche allait seconder les desseins , ne se montra difiicile qu'autant qu'il fût nécessaire pour ne pas exciter k méfiance de son ennemi. Bientôt ses envoyés se mirent en rpute, aidés et favorisés par les Lombards; ils ap-
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portaient des dépêches que Didier avaient vues, et dans lesquelles Paul, en effet, pressait avec chaleur le roi franc d'accorder à son tributaire la satisfaction qu'il sollicitait. Mais ils en avaient aussi de secrètes et de bien contraires ; ils avaient des instructions non écrites et fort étendues; ils avaient Tordre formel de révéler à Pépin toutes les infidélités du prince lombard, et ce qu'on avait pu pénétrer de ses intelligences avec les Grecs.
Pépin confondu, fit partir aussitôt lui-même des envoyés francs pour mieux approfondir ces accusations et ne rien hasarder dans une délibération si considérable. Ensuite, et ces envoyés, dont les Lombards n'osèrent empêcher le retour, ayant pleinement confirmé toutes les plaintes de Paul, le roi appela l'évêque de Rouen et le duc Antaire, et leur donna l'ordre d'aller, avec le titre d'ambassadeurs, à Pavie. « Apportez mes résolutions à Didier, leur dit-il; qu'il pose les armes, ou je les reprends; qu'il répare ses pillages , ou je désole la Lombardie; qu'il règne suivant nos traités, ou tout à l'heure il ne règne plus. :» Didier se souvint d'Astolphe; il vit que, plus faible encore que ce prince, il ne pourrait se prometti*e que des désastres plus grands ; il reconnut que l'appui des Grecs, fût-il accordé, ne saurait être ni assez prompt, ni assez puissant pour le préserver de sa ruine, si Pépin l'avait résolue; il pressentit qu'au point où en étaient alors les affaires, les Francs regretteraient peu qu'une x)ccasion vint s'offrir d'achever ce qu'ils avaient en-
IfISTOTftF DES FRANCS.
Irepris SUT ritalîe , et d'anéantir k monarchie det* Lombards. Il crut à la sincérité des menaces qu'on lui adressait; et, n'osant plus les braver, il les détourna par Tobéissance : tout ce qu^ordonoaît f Pépin fiit exécuté,
XXXIV. Mais cette soumission si facile et si ab^ I sohie, n'était ni sincère ni irrcyocable. Les Lonr-pards cédaient, parce qu'ils ne potivaient obtenir I à de meillettres conditions, le temps nécessaire au Succès de leurs nouvelles espérances. Us se dépouillaient par dissimulntion, autant que par foiblesse et par crainte. Ils obtempéraient ponr attendre ; ils se soumettaient pour mieux s^affranchtr. Car Talliance des Grecs n'était pas la seule qulls sollicitassent, et l'exemple des Saxons, quelque ftjneste qu'elle fiït , n'avait pas suffi pour rendre impossible tout autre projet de lîgue et de diversion. Didier tournait encore ses regards vers la Germanie, et d'autres ex>nti*ées plus ricbes, plus voisines de Pépin, non moins ennemies, lui promettaient aussi de prochains secours. Waîfi^e, indocile vassal des rois francs, souflFraît toujours avec dépit cette dépendance; toujours il entretenait le dessein, poursuivi par son aïeul et son père, d^achever la séparation de T Aquitaine , et de prendre un rang égal à celui de ses maîtres (1). Pépin ^
(1) Dans upe ioËcriptiQu de Tau 7i6^ trouvée ea 1279^ è Saml- Maximilieit , en Proveoce , Ëudea est appelé Francormn rew* (GaillaTdi Hist. de Chartemagûc)
à son four, non content de résister â cette ambition, en cachait une toute différente et toute opposée. Il se souvenait du temps encore peu éloigné DÛ TAquitaine, simple province de Tempire franc, n'était pas tributaire seulement , mais sujette, et il sTirritait, au point élevé où était makitenant sa puissance , que de si importantes contrées obéissent tmijours à d'autres princes que lui. Le temps^ seul et fe lib^é lui avaient manqué jusqu'alors; car des prétextes, on n*en est jamais dépourvu pour de tek dessdns , et Forgueil entreprenant du duc JAqaitaîne en fournissait chaque jour de plus fevorables.
Pépin , soit qu'il fôt instruit des secrètes soHîcitations des Lombards, et qu'il eût jugé plus avantageas de les prévenir; soit qu'ignorant tout , et se fiant au contraire à l'apparente docilité de Tltalie, le moment lui eût paru opportun pour châtier les nombreuses oflfenses de Waifre, Pépin, libre d'autres soins et d'^autres guen*es en ce temps, résolut d'occuper contre TAquitaine, le repos que ses ennemis extérieurs semblaient hii laisser. Musieurs die ses églises de France possédaient des terres dispersées dans le domaine de Waifie, et le duc , s^obstmant à leur disputer les privilèges dont jouissaient alors les terres d'é^se, les assujétissaît sansr ménagement à la juridiction de ses juges, et aux exactions de ses receveurs. Quelques Wisîgoths, dun autre côté, sujets de Pépin et établis dans des vîBès de sa dépendance, étaient tombéi».
140 lilSTOlRE DES FRANCS,
on ne sait en quelle occasion , dans les mains de Waifire , qui les avait impitoyablement fait mourir, et prétendant que ce fût à bon droit et pour juste cause, il refiisait avec persistance de payer la composition de ces homicides. Enfin l'Aquitaine était depuis longtemps devenue l'asile infaillible et accoutumé des Francs dont Pépin avait à prendre vengeance , et le duc , qui les encourageait et les appelait, ne voulait point consentir à leur retirer sa protection.
Ces trois griefs furent ceux que choisit Pépin. Envoyant donc vers le duc, il lui en fit demander avec éclat la réparation, et ajouta que, lassé d'attendre, iirh*ait prendre les armes en main, si on refusait Waifre, offensé, ne répondit à ces menaces, que par des mépris et d'autres menaces. Pépin, qui l'avait prévu, et peut-être espéré, était déjà pi*êt. Son armée réunie sur le territoire de Troyes, marcha par Auxerre, atteignit la Loire, et la passa près deMesve. Traversant ensuite la partie lapins reculée duBerry, elle se jeta sur l'Auvergne, s'y répandit presque sans obstacle, brûla , ravagea, se rassasia de butin et de meurtre. Waifre, plus prompt aux téméraires paroles qu'aux actions de guerre, n'avait pas pu rassembler sitôt d'assez im^* portantes forces pour résister à cette agression. Découragé déjà, il fléchit, demanda la paix, promit les réparations qui seraient trouvées justes, proposa d'assigner un plaid pour les discuter, et cependant donna des otages. Pépin, les intérêts de !*£-
LIVUF XIV (75!Ï-7Cig),
glise t'IâîU comme satisikits par ces offres* n'avait plus d'assez graves el assez iavorables motifs pour persévérer. Affectant donc une modération que démentaient ses inclinations naturelles, il condescen-^ dit aux désirs de Waifre, sortit de l'Auvergne, repassa la Loire^ et remit à des temps prochains les suites de cette entreprise, qu'il interrompait sans Fabandonner-
XXXV- L'hiver approchait; on eût dû croire celte 'saison assez longue pour des négociations si faciles, Levénemeni trompa l'apparence. Quand le prîn- ^ temps vint» soit qu'il le iiïille imputer aux répugnances de Waifre, soit qu'il en faille demander la cause aux artificieuses exigences de Pépin, rien n'était coaclu. On en était encore aux promesses indelerminées qui avaient provoqué la délivrance de l'Auvergiie ; on n'avait qu'une convention générale et Tagne^ annonçant confusément les réparations, mais n'en exprimaiu ni le caractère, ni retendue. Pépin cependant conservait, ou montrait du moins une sécurité étrange et profonde. L'époque de ses con- Tocations annuelles arrivant, il voulut, chose singulière, qu'on s'assemhlàt cette fois en Austrasie^ sur la Roër, dans la cité de Dur en. Quelle pensée avait-il? Pourquoi dans des conjonctures pareilles , faire choix d'un heu si peu favorable et si éloigné? ?rcssentait-il déjà les mouvemens qui se prépa- I raient en Germanie, et se flattait-il en s'approchant d'eux, d'impîimer d'utiles citiintes à ses tributaires?
|4Î * lIlSTOmF. WS FRANCS .
Se proposait -il d'encourager par soii absence Fandace de Waifre, et ne lui était-il point nécessaire que quelque agression de ce duc, irritant Icsleudesjes dissuadât des ménagemens dont ils usaient encore avec lui 7 II le faudrait croire; à moins qu'on ne trouvât plus naturel et plus vraisemblable que Pepin, abusé en effet par WaitVe, eût manqué de pénétration et de prévoyance. Car pendant que les leudes, éloignés de leurs commandemens et de leurs teri-es, délibéraient paisiblement à Duren^ le duc, saisissant roccasion, qui lui promettait une facile vengeance, appela ses troupes, franchit la Loire non loin de Nevers, entra sur le territoire d' Au tua et le dévasta, passa outre, vint jusqu^à Châlons, brûla ses faubourgs^ et s'en retourna chargé de dé' pouiUes^ largement dédommagé des pertes pas* fiées*
Pépin, ou satisfait, s'il avait prévu cette insulte, ou humilié, s'il avait eu foi à la sincérité du duc d'Aquitaine, jura aussitôt et fît jurera ses leudes, tpi'ils ne laisseraient point les armes avant qu'une punî^ tion éclatante eût châtié rorgueil et la trahison de son ennemi. Le rendez- vous de l'armée fut encore à Troyes, Le jour prescrit, on prit, comme la preniîère fois, par Auxerre, et l'on suivit la direction de Nevers. Bientôt oa atteignît les bords de la Loii^e, dont le passage, quelque avantage qu'ils eussent dû s'en promettre, ne fut point disputé parles Aqui* tains. Les Francs allèrent d'abord planter leurs lentes autour de Bourbon-rArehambault; en peu do
UVBE XIV <752-'r6B). i4S
jranii^ Sm ait pris et liv^é aux flanfifiiea. Maitret # gawrboBt ^ se poftèf eut ooiaye Cbanti^Ub-la*^ 014(9^^ dootlapésislaiioe i»e fut ni fim pectoo^éa, j4 pUi8 Jb^eureufie. Sortis de Chaotelle, Pt^io fes 10609 ^Boatre dermont; mais ea ce lieiiu les <»ksta<idw Aurent d'autre sorte, <et la défense ne se déeoungea pas si âicileaiefit II fallut attaquer et «emporter .woœssiveBieot la ville et le fort Lç «comte A'Axiwerff»»^ <fûi y commandait, déployait autaiit â^fèfitivité <ffie de constaBce; mais ^ifin tl y eut un ^eamer «combat^ dans lequel, apr^ès beaucoup de iiuimacras« le 'Comte yaiaeu resta prisonoier au IMTOVOV des Francs. Privés de leur che^ les AfiutaiasDi'eiH*ent plus d autre pensée que la sovh jBÎssion <ou la fiiite. Le feu fut encore eioGtployé dans eette ^MxmsioQ, oyu poui* &ciliter les attaquer» «a jpiour satisfaire mieux la vengeance; il ne resta dt Pannont que des cendres. Pépin poursuivit; tra- ^j^jorsant l'Auvergne, il s'étendit jnsques sur le terriifrire de Limoges, et ruina sans pitié ceis riches con^ jfeéeis* Ce fut le terme pourtant ; la prudence et in. jgiaon même ne permettaient pas de pousser plus ^mnt 43ette périlleuse excursion. Les Fjaacs d'aile legurSyin^ets et embarrassés de leur butin, sovbair nient impatiemment qu'il £ùi mis bors des atteintes <d0B troupes de Waifre. Pépin permit la retraite, qui s'acheva sans désordre, sans rencontre fâcheuse et fians perte.
3ULX¥LiGclle(gufflKfi m'wwt eofiore été vmpêêb^
Hà HISTOIRE DKS FRANCS,
là que ce qu'elles étaient si fréquemment € temps, une vengeance rapide, une irruption foi et momentanée, un échange à peu près égal i vastationset de carnages. Mais Tannée suivant haines s'étant animées, et la dureté, toujours impérieuse, des conditions dictées au duc d' taine, Tayant contraint peutrétre à les rejetc lutte changea tout à coup de caractère, et Pe; craignit plus de laisser pénétrer ses véritablei seins. Ce n'était plus de courses guerrières t ment, et de pillages passagers qu'il était quei mais de conquête durable et d'envahissemeni retour. Pépin épargnant l'Auvergne cette fois rèta dans le Berry, et vint mettre le siège d Bou rges. La place était difficile, bien fortifiée, plie de troupes, défendue par le comte Chun homme vaillant. Les Francs toutefois ne se rebut point ; ils poussèrent l'ardeur du succès jusqi] ceindre la ville d'un rempart égal à celui qui li tégeait. Il se livra des combats nombreux ; il des deux parts d'incroyables pertes ; mais ] étendait chaque jour ses {Progrès, et aucune a d'Aquitains n'arrivait pour délivrer la vUle épi Bientôt on approcha des remparts; bientôt let chines purent s'y attacher et les battre; bien s'ouvrirent, et les Francs pleins d'ardeur, se pitaient. Il ne restait plus jd'espérance ; Chui cessa de combattre et remit sa ville à Pépin. Ce prince, au lieu de faire comme l'an pa Clermom, au lieu d'achever la destruction