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ynXie et de la quitter, la releva au contraire, en ré^ para les défenses, et annonça la volonté de s'y maintenir* Des troupes choisies y furent laissées, des ohefe expérimentés fiirent chargés de sa igarde; Bourges retournait dès ce jour à Tempire franc* Mais le stége avait duré plusieurs mois, et la saison militaire touchait à soii terme; on ne pouvait plus essayer que de courtes et médiocres expéditions i en alla néanmoins assaillir Thouars. Quelques jours, quelques menaces , de faibles attaques suffirent; le château céda. Sa position favorable, mais trop avancée, ne permettait pas de songer encorç à le conserver; Pépin y fit mettre le feu, et le dé- «misit.
XXXVII. En ce moment, un événement étrange arriva, qui révélait et augmentait à la fois les divirsions et les faiblesses de TÂquitaine. Waifre avait un oncle qui portait le nom de Rémistan et que des mécontentemens peut-être anciens, sans doute profonds, sollicitaient à se séparer du parti des siens. Tout à coup cédant à ses tentations, il quitte son nereu^ déserte Tarmée d'Aquitaine, et vient se réfii* per sous la protection du roi Franc. Pépin Taccueille, reçoit ses sermens, le comble d'honneurs, Faecable de biens. De For, des terres, des chevaux, des armes, de riches habits, des esclaves, il lui accorde de toute choscavec profusion. Maïs c'était peu de ces premières libéralités; se persuadant qu'après une trahison si éclatâmes, Rémistan ne pouipaî4
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manquer d'être le plus îrréconciable et plus ârdenl ennemi du duc d'Aquitaine, 8a confiance alla jusqu'à ce point d'oser remettre au transfuge la garde d'une importante partie du territoire enyahi. Bombes excepté, tout ce qu'il occupait et voulait conserver dans le Berry, il le plaça sous le commandement de Rémistan, Argentan même, château important, et tout récemment réédifié par ses ordres, il le lui livi*a« N'avait-il point l'espérance d'abuser les Aquitains par cette action; ne les voulai^il pas induire à penser qu'ennemi de Waifi*e, il lui suf* firait de sa chute, sans qu'il prétendît ni dépouiller la race de Eudes, ni £aire déchoir leur pays, ni le confondre de nouveau parmi ses provinces ? On le peut craindre; il n'est pas téméraire de le supposer.
XXX Vin. Waifi'e cependant, quoiqu'il reftisAt de livrer sa fortune aux hasards d'une action décisive, ne demeurait point pour cela témoin oisif des attaques et des progrès de son ennemi. En Bourgogne, en Languedoc, en Touraine, partout il pouvait se promettre d'utiles diversions et de profitables compensations de pillage ; il se hâtait, et les faisait essayer. Le comte d'Auvergne, menant avec lui des troupes nombreuses, fit irruption en Bourgogne, et s'avança jusques sur le territoire de Lyon. Mais le comte Austral, cette nouvelle reçue, et le comte de Châlons, Adalai*d, réunirent avec célérité tout ce quils purent de soldats francs, ei mai'chèrent sans
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iiutre retard, à la rencontre du comte d'Auvergne. C]lelui-ci déjà chargé de dépouilles, et n'ayant pas le dessein de prolonger son expédition, rétrograda dev^ant eux. On poursuivît ainsi quelque temps, pro- "posant toujours, toujours évitant le combat; mais arrivés à la Loire, il n'y eut plus les mêmes ressources. La prudence alors était de combattre ; Thaliileté n'était que de vaincre. Le comte d'Auvergne le tenta, et avec de grands efforts de courage; malheureusement, il trouva la mort dans cette mêlée, et quand les Aquitains le virent tombé, ils se dispersèrent, laissant la victoire , abandonnant le bu- Us, ne cherchant plus que la vie.
Dans le même temps, Amanugues, comte de I^oitiers, pénétrait avec un autre corps d'Aquitains Sur le territoire de Tours. Aucun obstacle ne se î*encontrant devant lui, il étendit d'abord assez loin ^es dévastations et ses rapines. Mais le monastère <ie Tours était alors gouverné par l'abbé Wulfrad. Cletabbé, homme de résolution et de prévoyance. Voulant à la fois préserver ses terres, et rendre à t^epin les .devoirs dont il était tenu envers lui, leva Précipitamment des soldats, et les envoya disputer 1^ chemins à Amanugues. Une action s'engagea ; Amanugues, rompu et enveloppé, combattait toujours, et croyait s'ouvrir un passage : il y succomba; ^ grand nombre des siens périt avec lui.
Blancion, d'un autre côté, jeune comte de la faimlle de Waifre, avait reçu l'ordre d'aller observer tia]l)onne, et d'intercepter tout ce qui sortirait de la
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ville, ou tentetait d'y entrer. Narbonne, bloquée trois années durant par Pépin, s'était, à la 6ti, re» mise eu sa puissance. C'était un lieu singulière^' ment favorable pour préparer et couvrir de soudaines expéditions contre la frontière, toute voisine^ du duc d'Aquitaine. Il s'y faisait des mouvemens ^e ti*oupes, considérables et fréquens; quelques-unes partant, mais rarement et en petit nombre; d'autres arrivant, mais en grand nombre et de jour en jour. La seule crainte des Sarrasins ne suffisait pas pour l'endre raison de ces changemens et l'on en était eScayé. Le comte donc s'étant établi sur le territoire qui lui était assigné, voici que viennent les comtes Galeman et Austral, qui, récemment sortis de Nar» bonne, ramenaient en France une assez forte colonne de soldats. Mancion se félicitant, crut avoir trouvé une proie facile. Il presse l'attaque ; le combat s'en* gage; une égale fiireur se fait voir dans les deux partis. Ce ne fut longtemps qu'efforts balancés et meurtres sans fruits; longtemps on fut incertain quelle issue aurait cette horrible lutte. Enfin le hasard, un hasard pareil à celui qui faisait au même moment triompher les Francs sous les murs de Tours et sur les bords de la Loire , vhit aussi donner la victoire |i Austral et à Galeman. Le chef jdes Aquitains tù% frappé à mort, et aussitôt, au lieu d'un combat soutenu valeureusement et disputé sans désavantage, on n'eut plus que le douloureux spectacle d'une Idche fuite, et du facile carnage d'une multitude abandonnée à la peur.
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XXXIÎé Qui n'eût dit les espérances de Waîfre épuisées, et tous ses desseins confondus? Il avait toutefois des auxiliaires cachés, qui ne laissaient pas «ncore soupçonner leur adhésion , mais qui la de- "V^i^it bientôt mettre à découyert.TassiIlon, ce jeune due de Bavière, neveu de Pépin, et rétabli par ses lunnes, après l'infructueuse tentative de Griffon, fassillon lui-même était de ceux que de secrètes pTOmesses attachaient aux intérêts du duc d'Aquitfedne. Jeune mfant encore dans le temps de sa rein* ^^gratton> homme à présent, et impatient du pouyr^ir dont son âge ne lui interdisait plus l'exercice, il 86 &tiguait de Finjurieuse tutelle où le retenait ^ciajours le roi franc. U y avait cinq ans déjà que, tlans rassemblée générale convoquée en cette occasion à Compiègne,le jeune prince, suivi des prin- «jfMiux de son peuple, était venu, en grand appa- <p^ , Mre hommage de son duché à Pépin. On leur ^vait prescrit à tous de rigoureux sermens de fidé- ^^té, et non seulement en foveur du roi, mais en ^veur de ses fils. Non content même des premiers «ermens prononcés sur les vénérées reliques de ^aint Denis , on les leur avait fkit répéter sur les ^mbeaux de saint Germain et de saint Martin ; tant étaient grandes à la fois les méfiances des Francs l^ar ces alliés , et leur espérance en ces engage-
i&ens religieux.
Depuis ce temps néanmoins, Tassillon n'était pas
retourné en Bavière. Pépin, l'arrêtant toujours,
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l'entraînaît dans toules ses expéditions, et ne lui kis^ sait d'autre liberté que de le suivre et de le servir. Les Bavarois murmuraient, le prince irrité ne dissimulait qu'iniparfaitement ses méeontentemens et I ga lassitude, Didier attentif eut bientôt découvert ces dispositions, et bientôt pris ses mesures pour en profiter. 11 envoya de secrets agens en Bavière; il en eut d'autres en France, qui n'épargnèrent ni les provocations ni les promesses , et ne laissèrent plus de repos à l'orgueil du duc. Tout à coup il se ré* Ipand que ce prince est malade^ et quitte l'armée; I un peu après, qu il s'enfuit de France ; bientôt, qu'il I prend pour femme Luitberge, fille du roi des Lom- [bards; bientôt encore, qu'il désavoue l'hommage obtenu de lui à Compiègne, et proclame sa ferme résolution de ne plus le renouveler.
XL* Pépin , en ce moment, commençait sa quatrième incursion sur les terres de l'Aquitaine. Parti de Nevers, où son armée s'était réunie , il avait tourné vers Limoges ; puis, avançant toujours, négligeant cette fois les lieux fortifiés, satisfait de répandre, parmi ces populations, la terreur de sa puissance et de sa colère, il pénétra, disent quel^ ques-uns, jusques à Cahors. Se repliant ensuite et rétrogradant, il arriva en quelques journées sur le territoire dlssoudun, et y ruina, avec une fureur calculée, le vignoble le plus renommé qui fut alors dans ce riche duché d'Aquiuiine, Us continuaient encore ces odieuses et inexcusables dévastations^
quand le bruit parvint jusqu'à eux de révasîon du duc de Bavière, et de sa révolte. Pépin s'effraya; et, comprenant aussitôt à quels périls il allait être exposé, laissant r Aquitaine, il ramena son armée en France; non point pour y déposer les armes, mais pour menacer à la fois, de cette position intermédiaire , les trois ennemis qui le menaçaient,
Didier, cependant, encouragé par la diversion du duc d'Aquitaine, par l'éloignement de Pépin, par les promesses de l'empereur grec, s'était remis par degrés à disputer sur le traité de Pavie, et à parcourir en ennemi les parties les plus Reculées de TËxarchat Les Grecs à leur tour, quelque incertitude et quelque lenteur qu'ils eussent mises jusqu'alors dans leurs déterminations, semblaient pourtant animés d'une volonté mieux arrêtée et plus menaçante. Pendant qu'abusant toujours le foi franc, ils lui proposaient, pour dernier moyen de séduction, d'accorder pour femme, au fils de Constantin , sa fille Giselle, leur flotte de Sicile devenait de jour en jour plus nombreuse, des troupes nouvelles arrivaient et remplissaient aussitôt les navires; tout annonçait d'importans desseins contre l'Italie. On pressentait que Ravenne était le but léservé pour cette grande expédition. Paul, inquiet, implora Pépin ; mais ce prince, que sa situation actuelle obligeait à une grande circonspection, conservant ses forces pour imposer àDidier,àTassillonet à Waifre , n'aida guère le pape que de ses conseils et de ses. ordres, c II devait suffire que le pape contint
4^ UïSTOIÏtE DES FllANCS.
> le roi àûB Lombards; c'en était assez contre léT ^ Grecs, des soldais de TExarchai et ûe Rome; Spop lette el Bcocvent donneraient les leurs, la recot * mandation leur en allait être adressée, i
XLI- Ce système de patience et d'observation, -cette guerre inactive et toutefois si puissante, Pépin réussit à y réduire ses Francs et même à les y main* tenir deux anuées. Un succès complet fut le fruit de sa prévoyance» TassiUon» cédant aux exhortations réitérées du pape^ se retira de la ligue et obtint la paix; les Grecs, qui, après avoir trompé Didier, se crurent trompés par lui, à leur tour, n'osèrent même pas tenter leur expédition; Didier délaissé des Bavarois et des Grecs, retomba dans toutes ses irrésolmiona et toutes ses craintes; Wai* ire resta seul, victime mise en réserve pour assoifcj vir l'ambition de Pépin. 4N
Il demanda pourtant la paix aussi, comme TassUlon; ses alliés le quittant, quelle autre ressource avait-il? Ses seules conditions étaient qu'on lui rendît Bourges et les autres portions de son territoire où les Francs s'étaient établis. Quant i\ lui, cette restitution obtenue, îl rentrerait dans la soumi.s.sion ; il acquitterait sans murmure les tributs que payaient ses prédécesseurs; il exécii* lerait, fidèle vassal, tout ce qui lui serait prescrit à ce titre. Mais sa résistance avait été trop opiniâtre et trop dangereuse; l'animadversion des leudes était devenue profonde, et Pépin n'avait plu»
i^ erailidre qu'iU refusassent de servir ses ressen* timeBi* Aussi les eoDsulta-<t«il avee eonflwœ, ceiv tain, comme il arriva en effet, qu'aucun n'aurait la p^psée qu'on dût condescendre auK propositions ^u duc d'Aquitaine. Le plus grand tort de ce prince, mxGL yeux de Pépin, n'était pas, comme on Fa trop wéfpéiéy sa présomption, son avidité, sa puissance; mTaifre avait un vice, en lui, plus pernicieux : il des«> cmEidait de Charibert, père de Dagobert I^ ^ et fils tda Chlotaire II (i)« U était du sang de Ghlovis, et lu dernier de ce sang; ses droits pouvaient s'étendre ylius loin que le duché d'Aquitaine; l'inflexible et forévoyante ambition de Pépin voulait sa dépossesiÛoSf et ne s'arrêtait peut-être pas à ce terme.