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échange , Carloman blessé, ambitieux^ téméraire , et ii*eipérait plus, s'il pouvait se venger de Charles, qu^il en négligeât roccasion. Qu'on repoussât Aeê deux côtés le roi des Lombards , il n'en fomenterait qu'avec plus d'ardeur la division entre les deux firères ; car il n'y aurait plus pour lui d'autre sAreté: l'union dé ces princes le condamnerait à Finaction. Qtie repoussé en Neustrie, il vitrAùstrasie accueillir ses offres, une formidable et étroite ligue se formait ; unis par le sang , l'ambition , la Tengeance , Carloman ^ Didier , Tassillon , menaceraient à la fois Charles et Etienne; l'Àustrasie , la Lambardie, la Bavière, aidées peut-être des Grecs, braveraient aisément la Neustrie, accableraient fadlement l'Exarchat; Bertrade aurait laffireuse douleur de voir la gueri*e entre ses en&ns; et si Carloman l'emportait, il serait certainement implacable; si Charles assailli, triomphait, quel espoir avait-elle qu'il ne dépouillât pas Carloman ? Bertrade donc, àyec sa politique de mère, et Charles avec sa politi* ^ue de roi, se mirent d'accord pournégligerlesplain- UIHs d'Etienne et condescendre aux demandes du prince Lombard. Gisèle cependant n'accepterait point Adàlgise; mais on répudierait Hilmetrude, et Honnangarde serait reine de Neustrie.
Ces combinaisons n'étaient pas sans habileté: tourner contre Didier son propre artifice; protéger Rome par l'alliance même qui la menaçait; s'épar* gner les hasards et les embarras d'une guerre éloi* gnée t que la défection de TAustreaie rendrait plue
m liJSÏOmE DES FPiANCS.
dangereuse si on l'entreprenait , que ses menaces d'ailleurs poun*aient empêcher d'entreprendret le but était sage, les moyens féconds, le succès probable. Mais c'était peu de s'être résigné soi-même à cette utile détermination, les difficultés étaient nomr breuses encore et compliquées, et diverses; car il restait à persuader Carloman, Tassillon, le Pam, le roi des Lombards : Celui-ci auquel on n'offiait qu'une satisfaction incomplète ; les autres , qui devaient naturellement s'effrayer de celle que l'on aecordait, et y mettre obstacle. Or les intérêts étaient de si différente nature, qu'aucun de ces princes ne pouvait être entraîné que par des promesses et des considérations presque contraires,
Bertrade comprit ces difficultés, et ne voulut remettre à personne le soin délicat d'une si grave négociation. Elle seule avait assez d'autorité et d'expérience; elle seule, mère des rois francs, veuve de Pépin, reine vénérée, pouvait concilier, si on le pouvait, tant de prétentions et de passions ennemies. Elle l'essaya, et y réussit; ses premiers efforts , et peut-être son plus difficile succès furent sur le ipi d'Âustrasie. Ce prince l'attendait à Seltz ; elle y vint, et combattit si heureusement son ambition et sa haine , qu'elle eut la consolation de les désarmer. Carloman vaincu, les répugnances de TasiAIon étaient déjà bien moins dangereuses; la reine, ce* pendant , ne laissa point d'aller en Bavière, et de rechercher, comme s'il eût été décisif, l'assentiment de Luitberge et de son mtrL U ne pouvait plus être
Refusé , ei^ aussi ne le fut-il point. Bertrade alors poursuivit, vint en Italie, vit le roi lombard, passa outre, et alla enfin jusqu'à Rome.
C'était où l'attendaient les derniers obstacles; car Didier, certain de l'indifférence de Carloman» et peutêtre même de sa connivence^ pendant que Charles menait son armée en Âquîtaîne, avait surpris plusieurs places dont le traité de Pavie assurait aux papes la pleine et perpétuelle possession. Etienne donc s'obstinant, citait ces villes, audacieusement L occupées, en témoignage des véritables desseins du " prince lombard , et demandait si le roi Charles, embarrassé dans l'alliance de ce prince , ne serait pas entraîné bientôt à les seconder, A quel expédient recourir pour apaiser les juste sollicitudes du pape, et donner quelque garantie de la sincérité de Charles , et de Didier î On proposa la restitution des places f surprises, et Charles, en effet, prétendait bien Tobtenîr; mais Didier se résignerait-il à ce sacrifice? Accorderait-il ce gage de soumission envers des traités dont il attendait si impatiemment Taboli lion? U l'accorda, quoique ce fût Texécution des traités, parce que ce fut aussi la condition du maiîage attendu, et que ce mariage était dans son espérance, l'assurance, si non prochaine, au moins infaillible, de rabolition des traités. Il s'abusait, et s'engageait follement par les actes mêmes qu'il estimait lo plus efficaces pour engager et abuser Çharies et h pape.
Bien flonc n^avait résigné à ra^cendaat ç^ k Ir
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dextérité de Bertrade; les Lombards consentaient à se dépouiller; le pape, satisfait, recouvrait ses villes^ et ne gémissait plus qu'en secret des nouvean liens qu'allait contracter le roi franc. La reine alors quitta Rome, revint à Pavie, reçut Hermangarde, repassa les Alpes, et bientôt, cette grande tranawH lion s'achevant, Hilmétrude descendit du trône» la fille des Lombards y monta, mais pour en descendre aussi, et en peu de temps.
IX. A peine cet événement s'accomplissait^il, on autre événement survenait, plus grave encore, plus inattendu, et qui défiant la prudence humaine, idlait déconcerter en un jour toutes ces combinaisons û laborieuses. Charles assistait à l'assemblée générale des Neustriens, convoquée, pour cette fois sur l'Escaut, dans la forte cité de Valenciennes; il est averti que son frère se meurt à Samoury, atteint inopinément d'un mal opiniâtre, dont l'art, découragé, désespère même de ralentir les progrès. Et ces craintes, en effet, sont justifiées; quelques jours s'écoulent, Carloman est mort. Quelle détermination prendra le roi de Neustrieî A qui l'Austrasie va-telle obéir ? Carloman avait bien eu deux fils deGerberge. Pépin et Syagrius; mais ces enfens , nés à peine, n'étaient ni une espérance sérieuse pour l'Austrasie, ni un obstacle puissant contre l'ambition de leur oncle. Que pourraient de si faibles mains, pour la protection et pour le gouvernement d'un si grand royaume? Que pourraient-elles contre l'é-
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lOWgêr? que pourraient-^Ues contre rindocilitë des grands et des peuples? Il n'était pas dans rhumeui' dos Francs d'obéir à des princes qui ne les rnenas*- Mnt pas à la guerre.
Charles, d'ailleurs, parlait de son droit, etrevenr difiiait TAustrasie comme son héritage et sa terre. \m Francs , en effet, et je m'étonne qu'on l'ait si peu remarqué (1), consentaient bien à la première division du royaume, mais n en souffraient pas les mbdivisions. 11 permettaient le partage aux fils; iox peiits-flls, ils le refusaient. Il y avait toujours iBune opinion chez ce peuple, depuis rétablissement alla monarchie, et une invariable prétention parmi Ms princes, qu'après le partage, si l'un des frères nourait, sa part, bien qu'il laissât des enfans, delût retourner à ses frères (2). C'était comment.
fl) Pasquier lui-même condamne sévèrement cette occupation ierAastrasie. < Action mise au rang des péchés oubliés, dit-il ; » mmie si ce ne fût qu'une peccadille, d'avoir mis à nu ses nef vrai en la succession de leur père. > (Recherc, liv. lO, ch. 25.) nsqaier supposait le droit des trois dynasties uniforme; il jugeait lés événemens d'un siècle éloigné avec les maximes du fieii : singulière préoccupation chez un écrivain si judicieux.
(3) Je prie qu'on fasse attention au fait suivant : Après la mort ibCbi)p^ric, Childebert fit partir des émissaires pour la ville de Ximn f aQp de la dissuader de se soumettre A Gontran. Ad qtue \ , dit Aymoio , Gregorius episeopus hœc reddidit res"
i GUHTRANNO itEGl POST FRATBUM OBITUM OilNB BEGNUM
|lilK99iUMA9>ur« deberi, ut quemadmodum Chlotaritts pater lfuiiHiferpropnosfilios,8ic Guntbannus supbr nbpotessuqs TiniGiPjjumJB. Non igltur se repugnaturos; sed ipsum quoque
200 mSTOIRE Dfi;S FRANCS,
lorsque Chlodoniir eût été tué, Chlotaîrc et Childi bert avaient repris l'état d'Orléans; comment, après la mort de Théodoric , ces mômes princes avaient entrepris d'ôicr rAustrasie à Théodcbert; comment, sans la merveilleuse délivrance de Childebert II, le royaume de Sigebert eût été la proie de Chilpéric; comment Childebert II, à son tour, entendait que le fils de Chilpéric fût exclu de sa succession; comment Chlotaire I[ trouva de si faciles ressources pour dépouiller les malheureux fils de Théodoric de Bourgogne; comment Pepin-le-Bref, après eux, ne craignit point de retenir TAustrasie et d'en frustrer les fils de ses frères. C'était par où, n'ayant pas fait encore assez de progrès pour abolir la loi du partage, ils s*efforçaient de corriger cette loi funeste et d'en prévenir les plus dangereux inconvéniens. Car, à moins de cela, les divisions succédant indéfiniment aux divisions , Fempire eût été bientôt en poussière.
Ce droit , quoique toujours contesté , comme il était naturel, par les jeunes princes auxquels
inepte agere se dixU aestimare , qui putaret tanto prmcipi repiil guare se posse. (Htâlo. Franc., lib, 3. cap. 6'2,) Même chose dans les chroniques de Saint- Denis : ■ Lesaîal
• évêqtie delà cilé, Gréî|oîre respondit ainsi aux messagers: ■ Nous savons bien, dît-il, qtie Coût te royaume de France
• doit revenir ai* rotj Gontran, puisque tous ses frères sont M morts; et par telle raison , comme le roy Chlotaire régoa par
* dessus ton g ses fils , tant comme il vesquit ^ aussi doit le rt^ff
* Gontran n^gner par âeîSiL^ tous jf^ neveux^ toute $a im: f \à fontre lui ne fierons. • — f Uv- 3» ch^p. 22.)
et
il disputait leur couronne, était toutefois si réel qu'il fallut faire une loi quand on voulut l'abolir, et il avait de telles racines, que cette loi ne se fît qu'au temps de Charles*le-Chauve (1). Mais, en ce temps où elle se fit, il n'y avait plus les mêmes dangei^s, d'abord parce que l'empire avait acquis bien plus d étendue ; ensuite, et surtout parce qu'une loi antérieure avait pourvu, par d'autres moyens, aux embarras des subdivisions. Il était réglé qu'on élirait, en ce cas, et quel que fût le nombre des fils, un seul succédait (2). Le droit d'élection était substitué
(1) Ut regom ûlii legitimam hsreditatem regni, secundum de^ Miitas presenti tempore porliones, posteos retineant; et hoc qoicamque ex his fra tribus su persles fratribus fuerit, consen- Hat; si tamen ipsi nepotes patruis obedientes esse consenserint. 0>myenta8 apad Marsnam 1, art. 9, ann. 8i7.) Obedientes ! On réservait encore le droit des oncles» même en le sacrifiant.
(2) Si Tero aliquis illorumdecedens, legilimosjilios reliquerit, 110!» inter eos potestas ipsa dividatur, sed potius populus pariter conTeDÎentyUNUM ea;m, quemdominus voluerit. eligat; et hune teoior (rater in locom fratris et filii suscipiat, et honore paterne nblimato , hanc constitulionem erga illum roodis omnibus conienret De céleris vero liberis , per amore pertractent qualiter eosmore parentum nostrorum solvent, et cum consilio habeant.
IM Tero absque legitimis liberis aliqnis eorum decesserît , po- Mas illios a(2 56morem fratrem revertalur. £t si contigerit Blam habere libères ex concubinis, raonenius ut erga illos miselieorditer agat* (Charia division, iroper.» Ann. 817, art- 14 et 15.^
Gharlemagne avait déjà jeté les fondemens de ce droit nou- Mndans le partage qu'il fit de l'empire en 806 ; Quod si filiqs ■onUbet istorom trium fratrura natus fuerit , qnem populus eligere veHt ut patri sue succédât iu regni haereditate , volumus itboeconsentiant patrui ipsius pueri, et regnare peripittant ffiim patris soi Iq poriiono regoi quam pater ^jq» frfftcir ^oruoi
ftoa BBSTOIRE DES tKm&.
ftu droit de retour; mais, en obviant aux ineonvé* niens des partages postérieurs, il avait lui-même le grave inconvénient de rendre le premier partage irrévocable , et de mettre perpétuellement obstaéle à la réunion.
n y avait, au reste, une importante raison, dam les conjonctures présentes, pour que Charles ne racriflàt point ses prétentions et s'obstinât dans b volonté de suivre Texemple donné par son père; une dangereuse faction s'était formée contre lui, parmi les Leudes d'Austrasie. C'était elle qui , fla:^ tant tour à tour, et irritant la fierté du roi Carloman, l'avait témérairement entraîné en des desseins opposés à ceux de son frère. Un instant seulement» et près de la fin , l'affection , les ménagement» l'heureuse influence de sa mère avaient apaisé Iw emportemens jaloux de ce jeune roi. Mais il n'ëtak plus maintenant; Tautorité de Bertrade allait être vaine; Gerberge prêtait l'oreille à d'autres conseib; la faction, toute puissante avec elle , gouvernerait seule, et longtemps ; TAustrasic serait constamment Tenneniie de Charles, constamment l'auxiliaire dé ses ennemis. Pouvant détourner de soi ce danger, il fut légitime de le vouloir; on acquérait pour se
habait (art. 5). De nepotibas vero nostris , scilicet filiis lorain riUoram nostrorum... plaçait nobis prscîpere ot eonim per qaasiibet occasiones , quam libet ei illis apad se i easatam , sine jasta diaeossîone atqae evamioatione , aat ( dere, aat membris maocare, aat exeœoare, aui infritmm luniiri fêeiat (Boden, art. 18).
l^rëserver; il s^agissait enoore plus de ee préserver que d'acquéiîr.
X. Charles , sitôt la nouvelle reçue , de la triste mort de sonfrère, avait quitté Valenciennes etsMtait eaeore plus rapproché de TAustrasie; il était venu à Carbone. II ne fallait rien de plus ; cette seule dé* monstration lui suffit; car, avec la &ction qui lui était opposée, s'en élevait une autre qui lui était ftivorable, et celle-ci, apprenant sa résolution , s'em* pressait pour la seconder. Les chefs accoururent; Fëvéque de Sedan, le prêtre Hulard, le comte Adalhard , le comte Warin , d'autres encore et en grand nombre. Ils arrivaient à Tenvi, saluant Charles du titre de roi d'Austrasie. Le mouvement fut rapide, contagieux , bientôt étendu , enfin général. Gerberge et les siens prirent Tépouvante : ceux-ci, qui, rappelant leurs actions passées, craignaient la justice de Charles et le châtiment des conseils donnés à son frère; Cerberge, qui, se souvenant en quel humble état Pépin avait réduit ses neveux , n'espérait point un sort plus heureux pour ses jeunes ffls. Il en était encore temps, ils s'enfuirent; ils se promettaient de meilleurs jours et les allèrent attendre. Ce fat en Bavière d'abord; mais l'asile ne leur paraissant pas assez sûr, ils l'abandonnèrent pour se jeter dans la Lombardie. Didier les reçut •ans regret peut-être, peut-être avec joie. Charles, en apprenant cette fuite, aflPecta de s'en affliger et de s'en plaindre. « Tant de prudence était imju-
rieuse, dit-il. > Il le disait, mais qu'eût-il fait cepien-
dant de ces jeunes princes, et, en effet, qu'en flt41T
Uempire donc se réunissait de nouveau; Charles était seul roi. Il n'avait encore triomphé que du vieux moine Hunoald , et toutefois son ascendul était déjà si irrésistible que , sans combat , mèmft sans armée, il soumettait des royaumes. Plus puÛK sant que son père , qui avait vaincu mais non possédé TAquitaine, sa domination dès lors s'étendait d'un côté jusqu'aux Pyrénées , de l'autre jusquet au Yeser, sur quelques points jusqu'à l'Elbe. C'eût été comme aux plus glorieuses années de DagP" bert, s'il n'avait eu, de plus que ce prince, les tflrr ritoires conquis sm* les Sarrasins dans le Langue» doc , et, outre cela , le patriciat de Rome et le protectorat de Ravenne.
A peine au début de son règne , sa puissanoe était déjà la plus grande qu'eussent jamais obtenue les princes francs. Quel uçage allait-il faire de cette puissance? à quelle entreprise, jeune et ardent ainsi qu'il était , habile au gouvernement, heureux à la guerre, à quelle entreprise emploieraitpil cetie force qui s'amoindrirait s'il n'en usait pas? L'Au8» trasie avait été entraînée , mais il y avait pourtant encore des divisions , et le regret de son indépendance pouvait l'agiter; ses peuples s'étaient assoie pis dans l'inaction où les avait retenus l'adminia» tration méfiante et irrésolue du roi Carloman ; les peuples voisins, ménagés inconsidéi*ément parce |>r|Qçei (|iii 8*eQ voulait faire un appui , s'étaient in»
LlVRi: XV (768-774). 205
^sensiblement dépouillés de leurs vieilles craintes ,
^et bravaient avec sécurité cet empire franc, plus di-
^'^nsé par la mésintelligence de ses rois que par ses
^partages. Il était pressant de réveiller l'humeur
^^uerrière des Austrasiens , de les accoutumer à
3eur nouveau maître, d'assurer leur frontière , que
Mes Germains ne respectaient plus ; il importait à
"l'ambitieuse prudence de Charles d'acquérir, par
vm succès éclatant et prompt sur cette frontière,
^lus de liberté pour porter la guerre en d'autres
contrées, si les événemens à venir l'y encoura-
.^eaient. Maintenant son alliance avec Didier était
«ncore récente, et pas encore ébranlée ; Tassillon ,
£dèle à Didier , n écoutait point d'autres conseils ;
l'Aquitaine, lasse de malheurs, portait docilement
le joug qui kii était imposé; le moment était favo-
vable, et ne serait peut-être pas de longue durée ;
jSL Êdlait agir, et on le pouvait ; mais il le fallait
sans retard, de crainte de ne pouvoir plus.
XI. Charles convoqua une assemblée générale à !^onns et y fit résoudre la guerre. C'était aux Saxons qu'il s'agissait de la déclarer, aux plus puiseans et plus irréconciliables ennemis qu'eussent les T*rancs dans la Germanie. Vaincus tour à tour par Value des fils deChlovis, parles deux Chlotaire, par Charles-Martel, par le second et le troisième Pépin, leur haine aussi ancienne que la monarchie des Francs, s'était nourrie de leurs défaites, et leurs soumissions toujours menaçantes, n'avaient été que de
itm mSTOIKIi: DF.S FiVANCS.
courtes et trompeuses trêves. Tributaires, si ron avait foi aux traités, rivaux altiers et jaloul, si ron en jugeait par leurs actions , ils promettaient dM tributs pour se délivrer de la guerre, et recoita* mençaient la guerre pour s'affiranchir des tribillt» Leur territoire, où se pressaient d'inépuisables gé^ nérations de guerriers , s'étendait de rOcéan gef^ manique à la Bohême, et du Yeser à la met da Nord. Successeurs de Tancien peuple des ChM^ ques, s'ils n'étaient pas descendus de lui, ils eâ reproduisaient la puissance , sinon l'humeur éqni»» table et paisible (i). Mais cette puissance si graddi et si formidable , était incessamment affaiblie par son imprudente organisation. La guerre elle-mtene n'avait pu leur persuader les avantages d'un com» mandement uniforme. C'était une confédération d'états, plutôt qu'un état; une association de tribnS plutôt qu'une nation : les Trans-Elbins au-delà de l'Elbe; les Nort-Elbins vers la fi*ontiêre des Nor^ mans ; les Angrivai'iens (2) vers la mer. Les West-
(1) Aprimostatîm Chaucorum gens^ quanqoam incipiat à FM» site.'. Tarn immensom terrarom spaciom non tenent taiiUui Chaoci aed et implent : populos inter Germanos nobilissimus, qal* qae magnitudinem suam malit jostitia tueri ; sine capiditatot sine impotenlia, qoieti secrelique, nalla provocant bella, noUii raplibosaat latrocinite popolantnr. (Tacit. Mor. Germ. 35.)
(2) Jaxta tenctoras, Bracteri olim occarrebant ; dbdc ÇbÊam Yot tiÂngrivarios immigrasse narralur, pulsis Bructeris ae p^ nitns eicisis.... Àngrivarios et Chamavos à tergo DolgibiDl t| Chasoariicladant. (Idem, eôdem, 33el 94.) C.Gscilio. L. Fooi» ponio Coas. Germanicus Caesar, A. D. Yll kalendaa Jaaia% IrimnphaYit de Ghernsda Cattiaque ei Àngrivariit**^ (Um^ Annal.» lib< 2, n. 4r.)