‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 39 sur 135 · LIVRE XV (t · texte numérisé non relu

LIVRE XV (t

qu'il avait déjà enlevifos; mais il restituerait les villes, et donnerait des otages.

XXIU. Didier ne consentit point; la fatalité Tentrainaît. Toujours occupé de tromper, cet esprit artificieux se trompait quelquefois lui-même par Texcessive frayeur qu'il avait de l'être. Il se méfia des offres de Charles; il ne les crut point proposées pour éviter en effet la guerre, mais pour la différer .^seulement et la faire ensuite avec moins de désavantage, quand il se serait dépouillé. Il l'appelait d'ailleurs et la demandait, car il avait soif de vengeance : en quel tems lui serait-il meilleur qu'elle commençât? Où serait le motif pour lui, de s'abandonner à l'équivoque modération qu'affectaient les ; Francs? Quels ménagemens avait-il lui-même| gardés ? S'était-il avancé si peu, qu'il pût rétrograder maintenant sans imprudence? Récemment encore, et dans le tems même que les envoyés Francs passaient les Alpes, mécontent du succès de ses précédentes tentatives, il en avait essayé une nouvelle, plus hardie et plus violente. Ce n'était plus à Ravenne, ni à Spolette qu'il avait porté ses menaces ^ c'était à Rome elle-même. Il avait réuni une forte armée, et faisant marcher avec elle Gerberge et ses fils, il s'était mis résolument en chemin, voulant éprouver, disait-il, si Adrien préférerait les malheurs d'un siège, au facile devoir de sacrer des rois. Mais Adrien ne s'était point démenti ; non content de fortifier Rome, et de la munir de ti*oupes nom-

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breuses, il avait eu recours à des armes plus sûres encore et plus redoutées. De son autorité de chef de Téglise, il avait solennellement frappé Didier d'anA^ thème, pour le jour où le territoire de saint Pierre serait violé, et trois évêques envoyés à ce prince, lui en avaient authentiquement notifié le décret. L'effet en fut prompt, Didier s arrêta et n'alla pas plus loin que Viterbe. Peut-être savait-il déjà les desseins des Francs, et la prochaine amvée de leurs envoyés. ^

XXrV.Le sort en était jeté; il n'y avait plus d'autre médiateur que la guerre. Quel en serait le caractère et le terme, avec ce prince qu'un si dur af- ^^ firent avait mortellement offensé, que nul traité ^-^ n'arrêtait, que nul serment n'eflfrayait, qui toujours vainca, reprenait toujours les mêmes desseins, irrédonciliable ennemi de la souveraineté des Papes et de Tautorité des Francs en Italie , dont l'ambition même, encore plus audacieuse, ne craignait pas de méditer des révolutions en Âustrasie et en Aquitaine 7 Jusqu'où ne voudrait point aller Didier, si les armes lui étaient heureuses; quels conseils inspirerait à Charles sa prévoyance, si la fortune le favorisait? Ds se préparaient cependant : Didier sai« sissaitles passages des Alpes, y jetait des troupes, y élevait des retranchemcns, assemblait, dans les lieux les plus rapprochés, une armée que le nombre au moins rendait formidable. Charles pour qui les plus redoutables périls de son entreprisa

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