‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 40 sur 135 · LIVRE XV (768-774). â · texte numérisé non relu

LIVRE XV (768-774). â

devaient se rencontrer au coinmencement, obligé de forcer les Alpes , où il avait été prévenu , délibé« mil avec une lente prudence et cherchait attentivement les moyens de surmonter ces obstacles. Il ju« [- gea, non sans vraisemblance, que, par la prévoyance ! des Lombards , les chemins les plus difficiles senuentceux que la nature avait laissés le plus faciles, tt que, par leur confiance au contraire , les plus faciles devraient être ceux où la nature avait élevé le ^Qs de difficultés. Déterminé par cette espérance , 11 divisa ses forces, d'abord réunies, et en forma deux armées. L'une, qu'il menait lui-même, montait I parleMont-Cenîs-J'autre, commandéepar le ducBeri^ard, devait pénétrer au Mont-Joux. Ainsi se déguisaient leurs des seins, se dissimulait lattaque arrêtée, s'affaiblissaient les Lombards par l'incertitude où ils étaient retenus. Mais à mesure que l'on avanjf fitit, Fétonnement, les mécontentemens, la lassitude ^ la crainte même faisaient aussi des progrès; il se ^'Biicontrait des obstacles si grands, si multipliés, si prodigieux , et qui passaient de si loin l'image, effrayante pourtant, qu'on s'en était feite! Qu'on leur donnât des combats, ils les appelaient; qu'on leur QU)ntrât l'ennemi , ils ne demandaient pas quel en ^t le nombre; mais que pouvaient des soldats con- ^les abîmes? Spectacle inouï, fragilité profonde des conseils des hommes ! A quels hasards furent abandonnés un instant, l'immense et prochaine grandeur de Charles , l'étonnante et rapide chute d'un vaisie royaume! Cette desUnée d'un roi victo-

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lieux qui s'avançait vers Tempire, d'un roi dëpos*^ flédé qui marchait à une prison, d'un héritier de roi qui ne recueillait que Texil, à quel réseau menaçant et faible elle se trouvait suspendue ! Il y eut un jour où les chefs des Francs, vaincus sans combattre, et découragés avant d'avoir atteint l'ennemi» crurent l'entreprise au-dessus des forces humaines et demandèrent à Charles de l'abandonner. H ne l'abandonna point; plus ferme qu'eux et plus prévoyant, il ordonna de poursuivre, et leur promit la victoire contre ces terribles rochers, comme il l'eût promise un jour de bataille sur les ennemis. Le succès le plus glorieux justifia sa persévérance. Les Francs , ranimés par la sécurité qu'ils voyait, reprirent le courage qui leur était commandé ; ils gravirent, ne doutèrent plus, et comme il l'avait annoncé, triomphèrent. On dit que les Lombards, dlaiis ces gorges étroites où ils s'étaient crus si bien garantis, quand ils eurent vu les infatigables soldats de Charles se traîner en rampant autour des roches glacées et s'élever ainsi par dégrés sur le front des pics qui les protégeaient , une insurmontable terreur les saisit, et désespérant de résister seuls en des lieux qu une si âpre nature n'avait pu défendre, ils se replièrent confusément et s'enfuirent.

XXV. Cette fuito ouvrait les passages; les passages ouverts, c'était déjà toute la conquête. Charles espérait, ou prévoyait du moins une bataille; il

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