‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 45 sur 135 · LIVRE XVI J68-78j · texte numérisé non relu

LIVRE XVI J68-78j

ordonnée el pleine de sécurité, du fourrage, ils mêlèrent, à la faveur de Tobscurité, dans leurs rangs, plusieurs de leurs soldats les plus éprouvés, auxquels ils avaient fait prendre les armes, les habits, la chevelure nouée, toutes les habitudes des Francs. Arrivés au camp, tous entrèrent, sans que rien eût été soupçonné dans la route, sans qu'à la porte aucun de ces faux auxiliaires se fût laissé découvrir. L'erreur continua jusqu'au milieu de la nuit ; les Francs , se croyant bien loin de tout ennemi et de tout péril , s'étaient abandonnés au repos , et ne prenaient aucun soin de leur sûreté. En ce moment les Saxons , qui s'étaient si heureusement glissés parmi eux, se lèvent; marchant d'abord avec précaution et sans bruit , ils se réunissent , ils se saisissent de l'une des portes du camp ; ils l'ouvrent à une autre troupe des leurs , qui s'était secrètement rapprochée, et qui attendait au dehors; ensuite, et tous ensemble, poussant de grands cris, se multipliant, se précipitant, ils attaquent , ils frappent, ils tuent, et en un instant répandent dans toutes les parties du camp une inexprimable stupeur. Un nombre prodigieux de Francs succomba; beaucoup cependant, la première surprise passée, se couvrent de leurs armes, font effort pour se raUier, cherchent dans le camp une place où ils puissent combattre avec moins de désavantage , et commencent enfin une résistance qui devient par degrés plus étendue et moins inégale. Jusque là ce n'avait été que tumulte, luttes isolées et courtes , meurtres

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rapides, attaques soudaines' et qu'on ne pouvait pe pousser; maintenant, tout change, on s'est réiud, i s'est rétabli quelque apparence d'ordre dans eet m froyable désordre , on n'égorge plus , on Mt ^ guerre, on combat. Des deux côtés, même fwteim même résolution , même acharnement ; d'auei] côté , aucune apparence de découragement ou é lassitude. Plus de progrès de la part des S»oM plus de retraite delà part des Francs; on demeofîf arrêté et comme immobile au lieu de la tenrSdl rencontre , sans autre mouvement que le mpM^ ment continu des armes , sans autre action fW l'infatigable action de la mort. Enfin, et quandMH merveilleuse égaliié de volonté, d'ardeur et de l9M| eut été longtemps éprouvée, certains désormâkdf ne pouvoir ni se lasser l'un et l'autre, ni se MP monter, chose inouïe, ils traitèrent; (l),aupiiuiftl< de celte inutile mêlée, au milieu de ce campqcA occupaient tous sans le posséder, la pensée km vint, à défaut du triomphe qu'ils n'espéraient {dus de se séparer volontairement et par une conVCD* tion. Les Saxons purent s'éloigner, emportant h

(1) Les historfens français , Mézerai, Daniel^ Velly, Aiiqf^ til, etc , oDt tons omis ce fait important. A quoi boa de telleii^ fidélités ? C'est mal entendre la gloire des Francs que de liNk" ser celle des peuples qu'ils ont subjugués , si vaillans qu'ils Ulr sent. Eginhard, qui n'est suspect que d'une très grande partv liaté contre les Saxons, ditcependant lui-même, etformelleBMil « es Saxons sorlircpt du camp , et s'éloignèrent d'i^^rte V traité que la nécessité seule avait pu imposer. « (AnnalM 775.)

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