XXIII. Ils cédèrent donc, et renonçant k eom
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Ittttre Charles^ ils se préparèrent docilement à lui éhéir. Un seul refusa; de toute cette nation si guerrière, et si jalouse autrefois de sa liberté, il n'y eut (fjSm soldat qui Toulut la guerre, un seul Saxont ffà 8*obstinàt à demeurer libre. Wittikind, le glorim Wittikind, méprisant les autres malheurs, et i^jrant pu se résoudre à leur préférer celui de aervir; implacable dans sa vieille haine des Francs ; ^ lodoutant Charles, qui le redoutait; comptant ses feiomphes, qu'on lui compterait bientôt pour des aimes; quand il eut tu sa voix étouffée, ses géné« Max conseils i*epoussés, la Saxe abaissant son front in» le joug qu'on lui proposait, au lieu de la Westplialie où s'allait conclure leur honte, il prit le dMBmin de l'exil, délaissa ses terres, renonça à l'o- Ubsance de ses Angrivariens, et sacrifia à son pjB son pays lui-même. Il s'en alla vers la Baltique, chez les Nordmans (4), auprès de leur roi ttegfiried, dont sa femme Géva, était la fille; il s'en ikchereher ou attendre de moins tristes jours.
XXJV. Les autres chefs cependant s'empressè-
(1) € il existait encore une nation... payenne...» et qui adorait,
* Bon son créateur, mais de vaines idoles... On la désignait au- > infois sous le nom de Danois j et on le lui donne encore au-
• JMurd'lMii ; mais dans la langue des Francs , ces hommes , ' « prompts, agiles » et trop passionnés pour les armes, sont op-
pdis Nobd-Manns. > (Ernoldus Nigellus» chant quatrième.) — « Les habitans d'au-delà de TElbe ^ qu'on nomme Nord-Mans. » (Eginhard, Annal, ann. 798.)
rent, et en peu de jours on les vit tous,fidèl^ à k sommation du roi Franc, se précipiter à renvidans leur ancienne cité de Paderbom, non pour y commander comme autrefois, mais pour y entendre b décret de leur servitude. Il ftit rigoureux, et Witti kind lavait bien prévu : Charles, indiffèrent à Kaf fection de ce peuple, et ne se fiant qu'au rude fireûn de la crainte, leur prodigua sans ménagement ]» contraintes, les humiliations, les menaces, flfidlnt se résoudre à la plus étroite sujétion, et consentir de plus, consentir à cette loi désolante, que s'ils» soulevaient de nouveau, ceux qu'on laisserait vivie deviendraient esclaves, et seraient transportés sani retour hors de leur pays. Qu'espérait ce prince, 6D leur imposant de si flétrissantes conditions? qu^ paix se promettait-il d'une loi de guerre? Se mé' fiait-il, même de leur soumission, et ne youlaitâ que les exciter à la rompre plus violemment ^ plus tôt? Ils acceptèrent et promirent tout cependant; «ar quelle contradiction ou quels refus pouvaientils en l'état où ils s'étaient mis ? Feindre et soufifrifi il ne leur restait point d'autre ressource, ou dan» leur faute, ou dans leurmalheur; aussi poussèrentils la feinte et la patience jusqu'où voulut le maître impérieux qu'ils s'étaient donné. On revit à Pade^ born, avec plus d'étonnement toutefois que de confiance, le même spectacle qui s'était vu quelques mois auparavant sur la Lippe. Des foules de c«8 malheureux affectèrent de consentir m baptême
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et trahirent Dieu, croyant ne trahir que leur ennemi.
XXY. Ce fut un événement mémorable que ce dangereux traité de Paderborn; car il marquait fortementles progrès de Charles, et s'il n'établissait pas, sur de larges et solides bases , la domination de ce prince, il ne laissait pas de Tautoriser. On ne s'en souvînt que trop dans la suite, et nous le verrons, en gémissant, servir de prétexte, sinon d'excuse, aux plus regrettables fureurs. Mais un autre événement encore, non moins étonnant, non moins £givorable à la puissance de Charles, devait ajouter à l'éclat de ces étranges solennités de Paderborn. De grandes révolutions s'étaient accomplies en Espagne, chez les Sarrazins: Abdérame, fils du calife Hescham, était venu de l'Afrique, et après de longues et sanglantes guerres, après avoir conquis le Portugal, la Castille, l'Arragon, la Navarre, ayant enfin dans une dernière bataille défait et tué le prince établi, il avait pris sa couronne et s'était fait roi de Cordoue. Cette élévation, quoique due à son habileté et à sa gloire, n'obtint pas un assentiment unanime; un parti nombreux la contrariait; de puissans émirs conspiraient incessamment à la ruiner. De ce nombre était Ibn-al-Arabi, homme entreprenant, à qui appartenait Sarragosse. Abdérame dissimula de longues années ; mais à la fin, et quand il se sentit affermi, sa vengeance étant dé* sormais sans péril, il la satisfit; Ibn-al-Arabi et
^ l&STOIRE MSS FRàNGS.
quelques autres émirs furent dépouillés. H restait de vives et récentes traces, en Espagne, de rheur reuse détermination de Solinoan et de Tappui généreux que lui avait naguère accordé Pépin. Cet exemple flattait les ressentimens et l'ambition dé r Arabe; il hésita peu et résolut de le suivre. Charles, à son tour, flatté de ses offices, lui envoya d'abord en échange des espérances; ensuite, et avant de rien ajouter, il l'appela devant lui et le contraignit £aistueusement à le venir chercher jus« qu'à Paderborn. Il arriva donc que par un étrange concours d'événemens et d'ambitions , une obscure et pauvre bourgade de Germanie vit en même tenu réunis aux pieds d'un prince chrétien, l'Arabe d'Afrique, téméraire croyant de Mahomet, et les Saxons de l'Oder, aveugles adorateurs d-IrminsuL
XXVI. Ibn-al-Arabi, vassal proscrit d'Abdérame, consentait à la vassalité du roi franc, ou plutôt la sollicitait. U lui soumettrait Sarragosse,etlui, à son tour, passant les montagnes , menant son armée dans les riches plaines de l'Ebre, aidé des autres émirs qu'Abdérame avait offensés, il reculerait promptement et facilement jusqu'à ce fleuve, la frontière de son vaste empire. Ces propositions avaient de l'attrait pour le génie ardent et élevé de ce prince, si jeune encore, si puissant, si victorieux. L'Aquitaine, le Languedoc, la Provence seraient plus paisibles, à couvert derrière les nouvelles conquêtes; ce qu'il était resté do chrétiens entre les Py-