‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 52 sur 135 · XXX. Un second Lupus (2), petit-fils de celui qui · texte numérisé non relu

XXX. Un second Lupus (2), petit-fils de celui qui

(1) Il y avait une chanson de Roland , eantindia Bolandù on la chantait en marchant au combat, l/utage s'en était encore ■aunntena sona la troisième race, et Jasqn'après le règne thi roi Jean. — Voyez les Mém. de TAcad. des Inscr. et Bdles-Let|r., t. 3, p. 433 et 434.) -- On a allriboé , mais ùiussement à Charlemagne, quelques vers latins sur la mort de Rolland. Leibnitz IniHDQème les lai attrihne.

(^) Charibert, roi d'Aqiôtaine et Mr^ de Dag^iert I, avait en poor femme Gisèle, fille d'Armand, duc de Gascogne, — €haril>ert ent trois fils de Gisèle^ savoir : Ghilpêric, Boggis et Bertrand.

— Boggis fat doc d'Aqaitaiae, et de loi naquit le ddc Eades.-^ Eades à son tour eut trois fils : Hunoald » Hatton, et Rémistan.

— Hatton» qui était comte de Poitiers, eut un fils, qu'on nomma lAipus, et qoi devint dac de Gascogne. ^ Ltitptfii 'édt une fille, à qui fM Amia le nom d'AdHe. — Honoald fut doc d' Aqimfeiiie

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avait tour à tour accueilli et abandonné HunoalA. , était alors duc de Gascogne. Lupus, fils de Wa!fre, et tout jeune enfant au temps de la mort de sas père, n'avait pu tenter le dessein de recouvrer rAquitaine;mais la Gascogne était Théritage de m mère, et Charles lui avait permis de le recueillir. Les Gascons s'étaient divisés, on s'en souvient, lorsqu'ils se répandirent sur les terres de France: beaucoup étaient demeurés dans leur ancien ëtar blissement ; tellement, qu'après le succès de leur migration, il se trouva qu'ils étaient maitree à la fois sur les deux revers des montagnes. Ces deux parts de peuple, quoique obéissant à des princes et à des gouverneurs différons, n avaient pourtant ! renoncé ni aux affections, ni aux traditions, ni aux . habitudes communes ; ce n'était encore que le même peuple, bien que sous deux lois et en deux pays. Ceux de France se ressouvenaient de qud • lieu ils étaient venus , quelles guerres ils avaient faites aux Francs, combien de temps ils avaient été victorieux et libres, comment et par quelles violences ils avaient été réduits à servir. Le jeune duc à son tour n'oubliait ni de quelle race il était sorti, ni de quelles provinces il avait été dépouillé, ni de quelle ftmeste mort avait péri son aïeul, son onde, son père. Fils de Charibert et de Chlovis, il lui était naturel de haïr la race de Charles-Martel ; fils d'Hu- •

à la mort de Eades, et il eut uq fils nommé Waïfre. — WaSfre poasa Adèle, fille de Lupas , et de ce mariage sortit Lopas lli

ftbalJ el Je \Vuifr(% et neveu du niîjlheiireyx Rétnistan, il pouvait maudire Pépin et Chajles. Aussi quand les envoyés d'Abdéraine eurent persuadé aux Gascons d'Espagne de profiler de la retraite Francs et de la troubler, ces Gascons à leur "^ tour obtinrent facilement des nôtres et de leur duc «qu'ils favorisassent leur audacieuse tentative.

XXXI. L'imprévoyante sécurité des Francs^ leur norance des lieux ^ les sinuosités étroites et pro- ^fûDdes de ia route la favorisaient encore mieux. Toutes les crêtes delà montagne étaient occupées^ ses plus difficiles issues, ses plus inaccessibles ro- Iiers* Couverts par d'épaisses lisières de bois» sîlen ïieux, attendant l'oceasion^ immobiles^ les Gascons^ Ipréscns à la fois sur tous les points du passage, ne [montraient lien nulle part qui pût avertir de leur krésence. Charles avançait cependant, inaitentif et [npide ; ils le laissèrent passer; cette proie, riche, il leslvrai, mais trop redoutable, n'était pas celle ' (pi'ils se promettaient. De nombreuses et brillantes li^upes passèrent ensuite; ils se gardèrent encore j h les arrêter ; qu'elles s'empressassent au contfaîre et redoublassent leur marche; la distance ne I serait jamais assez grande entre elles et les derniè- Tes troupes qui devaient suivre. Enfin, etaprès une >ngue attente, celles-ci parurent, retenues et ap-

k^ esanties par les richesses qu'elles emmenaient* fîles entrèrent et pénétrèrent d'abord librement ddos l'étroit passage ; aucun obstacle ii^^^^^j^^

8tti fiisTomp. txcs ri\XNCS.

m; mais quand elles s'y ftirent assez engagées, et que, resserrées enti*e les précipices et les rodbes unes, Tespace leur manqua de tout côté pour s'étei^ 4k et pour se mouvoir, alors les Gascons se montrèrent Au firont de la colonne, sur ses deux flancs, à Tarrière, partout le combat ; partout des nuées de traits, des arbres énormes roulant, des quartiers de rocs se précipitant ; des assaillans qu'on ne poulet compter, qu'on voyait à peine, qui lançaient la mort sans la craindre, qui dominaient Fennemi et €B défiaient les approches. Gomment demeurer en ce lieu où toute défense était impossible, et comment en sortir, quand, bien loin de vaincre, on ne pouvait même pas combattre ? On ne désespéra point oep^idant, et d'ardens efforts furent essayés peur s'ouvrir la route et continuer le mouvement entrepris ; mais ces efforts échouèrent, et le danger allant toujours en croissant, il fallut bientôt se résoudre à chercher d'autres moyens de salut Au lieu d'avancer on rétrograda; au lieu de retourner vers la France, on se rqeta sur l'Espagne : on n'aspirait qu'à retrouver des terres ouvertes où l'affreuse lutte devint enfin plus égale. Ds réussirent cette fois; les Gascons, joyeux d'avoir séparé, selon leur dessein, les deux portions de l'armée, résistèrent avec moins de ténacité à une détermination qui confirmait leur succès et semblait en garantir d'autres. Les Fi-ancs donc gagnèrent un mstant le triste avantage de pouvoir encore reculer; mais leur joie ftit courte, et cette extrême res*

UVRE XV! {llÂ^^im).

Mvc^nt leur servit tju*à taira payer {>lus tlier leur! ^ur nombre, fortement nSduit par ]i i essuyées, ne suflisait plus, malgré lei courage^ que pour succomber glorieusemenu Jjeine rentrés dans la plaine, un rombal différent,! mais non moins périlleux, commença : des multi- Itides d'ennemis descendaient tumultueusement de leurs boîs et de leurs rochers ; plus agiles et moins Embarrassés du poids de leurs armes -plus ardens, >ar respérance d'un riche pillage; plus confians, \r le triomphe déjà obtenu. Bientôt renfermés lans un cercle profond et mobile; devancés, suivis^ èsédés; poursuivant néanmoins^ mais toujours et 'déplus en plus affaiblis par leur constance même par leurs blessures, les Francs sans se lasser , ns demander merci, sans quitter leurs armes, ftileni accablés enfin et rompus. Cette longue marche Me mort s'était étendue jusqu'à Roncevaux; ce fut laque se fit le dernier effort ; là, que fut la chute et IftlermCp Ils périrent tous, même les chefs, même Kjïgiard et Anselme, môme, chose lamentable, I Holland*

K' XXXIl Charles, quand le bruit de ce désastre "parvint jusqu'à lui, en ressentit une profonde affliction, et toute la joie de ses triomphes d'Espagne, en fut effacée. 11 accourut; mais qu'importait main* tenant sa célérité* La nuit était venue depuis le combat, et il n'avait fallu qu'un instant à ces vainqueurs, si prompts à ia fuite, pour .se disperser m. 20

tiaitôles cavités des montagnei^, avecleboUiiqu^ib avaient conquis. La vallée en était comme inondée toiii-à-rbeure, et semblait trop étroite pour les contenir; où étaient-ils à présent, et comment cet ImpéUi^ax torrent de guerriers avait-îl si fiBusilement dénobé sa trace? Charles, averti par les malhairs de la veille, craignit, ou désespéra de la retrouver. Irrité cependant, avide et impatient de vengeance, la prudence Fy fit renoncer, quand il eut vu en quds lieux, sur quel ennemi, à quels risques il la fiiudnit anradre ou poursuivre. Il reprit donc sa retraite, qui devait être si paisible et si glorieuse, et 4fue tant de regrets allaient au contraire attrister. On dit toutefois que de grands honneurs furent décernés aux restes de ceux qui avaient noblement péri dans cette rencontre : une chapelle, dit-on, fut édifiée sur le funeste champ du massacre; on y ensevelit pieusement les os des soldats, et tout autour trente tombes furent élevées pour les chefe fidèles, qui leiu* avaient donné généreusement Texemple du courage, delà gloire, de la mort (i). Le châtiment lui-même, selon ce qu'on en raconte, ne fut pas non plus tout-à-fait remis ; et s'il ne fut ni étendu, ni prochain, il ne manqua cependant ni de sévérité, ni d'éclat Charles, laissant les Cascons des montagnes, qui eussent défié son armée, envoya des troupes sur les terres de ceux de la plaine; et par une étrange fortune, ces troupes réussirent à

t^Ui^prondre le malheureux duc. Ce fut lui qui satisfit pour les siens; son sort, on rougit de le dire, fiit eelui que Pépin avait fait subir à son oncle. Charles, qui eût dû choisir de plus nniagnanimes exemples, Itefit misérablement mourir de rignominieusemort dtt gibet (1).

XXXIIL Wîttikind cependant, renonçant à forcer h ligne du Rhin, préparait déjà sa i*etraite, qui, jirécédée de succès, comme celle de Charles, devait, 0(»nme elle , finir par un grand revers. C'était le noment, où ce prince fMnchissant et laissant enfin les périlleux défilés des Pyrénées, apprenait, après I h catastrophe de Roncevaux, les désastres, non moins regrettables, de TAustrasie. Remettant les mesures plus décisives, mais aussi plus lentes et ptes difficiles à un autre temps , la nécessité demandant moins d'appareil et de force encore, que de promptitude, il se réduisit à envoyer aux AUe- Mtnds Tordre de marcher, de joindre leurs troup& avec celles qui restaient aux Austrasiens, et, la jmction faite, d'aller sans retard à la rencontre des Saxons. Cet ordre s'exécuta ; mais, qudique empressement qu'on y mit, avant que les Allemands arrivtoaent et que la nouveile armée se &a, réunie, Wiitikind, poursuivant toujours comme il avait entrepris, était déjà sorti des terres des Francs, et avait mis à eouvert son riche butin. Us ne laissèrent

pas néanmoins de s'attacher à sa trace, d'entrer après lui dans la Hesse, de rechercher avec activité» l'occasion d'avoir revanche de ses victoires, et vengeance de ses cruautés. Us ne la trouvèrent que tard, et sur les bords de l'Eder seulement Rencontrant enfin à Lihési, une forte portion de l'armée saxonne, encore retardée en ce lieu par les difficultés du passage, ils l'assaillirent sans délibérer, l'enveloppèrent, la rompirent, et n'en laissèrent sortir de leurs mains qu'un bien petit nombre. Il y eut là un long et effî*oyable carnage; les Allemands, vengeant les Austrasiens, ne se montrèrent pas moins implacables que ne l'étaient naguère les Saxons, quand ils se vengeaient.

XXXIV. Ce fut toutefois la dernière action de guerre, cette année : ni les forces des Allemands, ni la saison, qui devenait rigoureuse, ne leur permettaient d'étendre plus loin leur poursuite. L'hiver se passa, en travaux de législation, de la part de Charles; en préparatifs de défense, de la part de Wittikind et de ses Saxons. Comme il finissait, et qu'on était encore incecjtain si les Francs reprendraient les armes, et en quel lieu ils les porteraient, on vit venir à Wirsigny, où était le roi, Hildebrand, le duc de Spolette, qui, pour mieux effacer l'impression de ses infidélités précédentes, avait entrepris le voyage de France, portant avec lui de riches présens, demandant qu'il lui fût permis de renouveler ses promesses d'affection et d'obéissance, y

ajoutant même, à ce qu'on assure, d'utiles révéla^ tiens sur les secrètes intrigues qui se renouaient encore en Bavière, et chez les Lombards. Le duc fut écouté avec une faveur indulgente, et il repartit, absous sans restriction, pleinement affranchi de tout reproche et de toute crainte. Il se rédimait de ses trahisons envers le prince, par des trahisons envers ses amis.

XXXV. Mais Charles, quelques soins qu'exigeassent ses intérêts d'Italie, ne pouvait se laisser détourner par eux du soin plus pressant de châtier avec éclat la révolte et les violences des Saxons. C'était, en ce moment, le premier et plus impérieux intérêt de sa gloire et de sa puissance : il devait à ses Francs, de les venger; il se devait à lui-même, de ne pas laisser avorter ses desseins sur la Saxe, déjà conduits si près de leur terme. Qu'importait d'ailleurs en quel lieu il fît la guerre à ses ennemis, s'il la faisait utile et heureuse? Il frapperait indirectement, il est vrai, mais plus profondément les mécontens de la Lombardie, en accablant leurs auxiliaires du Nord; il les désarmerait à la fois pour le temps présent, et pour le temps à venir; il étoufferait en eux jusqu'à l'espérance; il s'affermirait du même coup, au-delà des Alpes et sur le Wéser.

XXXVI. Charles donc, cette résolution arrêtée, convoqua à Duren l'assemblée annuelle de ses leudes et de ses évoques, et en même temps, son ar-

StO HISTOIKG DES FRANCS,

mée, sut* les bords du Rhin. On délibéra peu ; ùt% allait combattre. Witikînd ne s'était point laissé devancer; il attendait déjà , avec des troupes nouK breuses , gardant les passages de la Lippe , et re^ tranché à Bucholtz , dans une position favorable. Les Francs arrivèrent; Taltaque fut prompte; la résistance , de son côté, ne fut ni lente , ni faible. Witikind animait les siens; Charles donnait Fexenh pie à ses Francs; ni l'ardeur, ni l'habileté ne pouvaient manquer en aucune de ces deux armées. Aussi les avantages se balancèrent-ils quelque temps; mais le nombre, à la fin, et la fortune de Chartes l'emportèrent; les Saxons repoussés, perdirent leur camp, et la Lippe, enfin délivrée, ne fut plus pour les Francs , ni un danger, ni une barrière.

XXXVIL Ils se répandirent aussitôt dans k Westphalie. Tout fuyait, on s'inclinait devant eux; depuis le combat de Bucholtz, il n'y avait plus d'armée saxonne : le découragement, les regrets, les rivalités réveillées, les reproches dont on s'aecâblait réciproquement l'avaient défaite plus que la victoire. Les WestphaKens résignés , renoncèrent à l'inutile essai de la force, et n'opposèrent que di timides supplications: € Que Charles ordonnât: 1» il avait vaincu, et il était maître; il ne leur w restait plus, à eux, trahis du sort et vaincus, > qu'à souffrir et à obéir. » Charles ordonna en effet, et le joug fatal s'apesanlit sur leur tête.

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