‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 6 sur 135 · LIVRE Xni · texte numérisé non relu

LIVRE Xni

daient leurs titres d'honneur (1), dont ik étaient vains ; leurs corporations, favorables alors à leur industrie et à leur négoce (2) ; leur cité, sage ethech reuse institution (5); leurs curies, classification prévoyante, où la richesse obligeait, comme parmi nous et en d'autres temps, la noblesse (4). Vaincus et subjugués qu'ils étaient, ils ne furent cependant exclus ni desconunandemens, ni de l'administration des affaires. Ces Francs, qu'on a crus barbares, ne montrèrent pas moins de générosité que de prévoyance ; pas moins de prudence pour conserver leur conquête, que de résolution pour l'entreprendre et pour l'achever. La cour de leurs princes était ouverte aux Gaulois (5); les plus difficiles missions leur étaient données; les plus hauts emplois

(t) Spectabiles, inlastres, clarissimi, honorati. (HUt. da droit manleip., Baynoaard» lir. I, c. 17.)

(2) Ibidem, chap. 2i.

(3) Cité : cela ne doit pas s'entendre de la ville seulement , mais da district, souvent étendo, qni en dépendait, et de leur administration. (Eod.> ch. 30

(4) Rodem»ch.9, 10, 11, 12.

(5) Si sqois Romanom bominem, convivam rkgis, oceiderit* (L. Saliqoe, tit. XLIII, n. 6.)

— Claro qnod nobilis ortu « CoNViVA est domini.

(Claadien, cité par Jérôme Bignon.) — La différence était grande : pour le meurtre d'un Gaulois , simple tribotaire , la composition était de quarante-cinq sons ; pour le meurtre d'un Gaulois, possesseur de terres» elle était de c»t80U8; pour le meurtre d'un Gaulois, convive du prinee, elle était de trois cents sous. (Loi salique, tit. XLIII , n. 6, 7, 8.) -^ eonviva régis : encore un usage de la Germanie ; nam epulas, et

22 HISTOIM DES FRANCS,

tombai enl dfins leurs mams. Aurélîen allait en Bourgogne demander Chlotil de au roi Gondebaud; Paterne allait sur la Loire observer ot menacer Alaric; Secundus allait négocier k la cour de Constantinople ; Evance y rclournait après lui, pour la guerre avec les Lombards; Aî'cadius servait la criminelle ambition des fi^èresde Chlodomir; Parthenius administrait répai'gne de Théodebert; Didier commandait Tarmée deChîlpéric; Terentiolus, Antestius et Nicet , celles de Gontran ; Lupus et Au^ strapius devenaient ducs, Vnn de Champagne, Tau* tre de Bourgogne; Eulalius était comte d'Auver^ gne , Dynaraius , comte de Pravenee ; Agricola , Celse, Aimé, Eunius étaient faits patrices; Fioren' lien, maire du palais d'Austrasie ; Protade et Claude maires du palais en Bourgogne; /Egidius disputait la régence de Childebert , même à Brunehault, Dix ans à peine écoulés, les Francs sont chrétiens': chrétiens, et dans la vive ferveur d'une conversion si récente, les voilà soumis à l'obéissance des évoques, et les évèques sont tous de race gauloise (1). Bientôt ces évêqiies, quoique Gaulois^ aussi bien que ces autres Gaulois qu'on a faits comtes, ducs ou patrices, siégeront, du droit de leur dignité, dans

quamquiim meomtî « largi lame a apparat d5 , pro BUpendio €6duut (TacKe, Mor» Germ* , cap. 14*)

(i) Tous , à r époque liti la coo version , et presque tous , peiidiint toute la durée de la première race, — » Cela se Toit maui^ > festemenl par h^ snaseripLions dc^ coneileâ » ( Dauiel, Obatr-

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les synodes et dans les grandes asseiribléës des Francs* Enfin, et ce qui remporiaii de beaucoup, selon les croyances elles affetîiicHvsdc ce siècle, les Gaulois, attachés de la plus peraévët'ânte con?îclion à Torthodoitie, étaient protégés \mv les Francs contre Timininentc invasion dcrarianisme, doht les Romains n'avaieni pu présdi*ver tanl de provinces déjà envahies par les Bourguignons et les Wisigoths. Ces Fmncs élaîeoi pour eux dos auxiliaires encore pluâ que des maîtres» Le plus véritable malheur des Gaulois, dans ce changement do dominadoni leur vint des guerres sanglantes qui les dcsolènsnit sous les successeurs de Chlovis ^ lesquelles venaient elles-mêmes de la funeste loi de partage. Ce fiti moins la conquête» qui leur fut nuisible , qUe la eoTi£titution politique de leurs eonquérans.

Étrange asservissement, qui était plutôt oomrtle nne smte d'alliance et de mutuelle adoption. Résignés à souffrir des maîtres» peut-être était-il moins désavantageux aux Gaulois de les avoir dans leurs villes, que d'attendre leur volonté de Constantinople. Si c'étaient encore des oppresseurs^ au moins isê veDgoaient41sdes premiers; au moins leur pays serait-il, comme autrefois ^ un état, et eux-mêmes peut-être une nation. I^es Gaulois ne. cesseraient peut-être pas de servir ; mais les Gaules^ dégradées maintenant ati rang de province, redeviendraient mattresses et reines. Des deux nations qui s'unis- Bcnt et qui s'associent, Tune dominera par les arme«; rautre^ par la reUgion et par la science :Vune

24 HISTOIRE DES FfftNCS.

aie trÔne^ que ne perd point l'autre; cette autre, qup partage tous les offices civils, possède déplus toute | Fautorité de rÉglisc. Association guerrière à la fois et chrétienne, qui eut un double intérêt de politique I et de religion* Favorisée par les Gaulois , en haine de Tarianisme , la destruction de cette hérésie en fut, quant à eux, Tobjet principal, et de là les gucr^ res contre les Wisigoths, les Ostrogoths et les Boui^ guignons. Formée par les Francs pour conquérir et pour dominer^ l'intérêt religieux fut bien moins un but pour eux, au commencement, qu'un moyen* Ils ne voulaient point de rivaux ; de là leurs guer^ res contre les Âlai ic et les Sigismond ; ni de maîtres; de là leurs expéditions dltalie, et leurs longs efforts pour achever d'ôter aux Grecs l'Occident. L'occasion entraînait les Francs ; il n'y avait pour eux ni doute ni choix. Il y en avait pour les Gaulois, au contraire; mais dans cette effroyable dissolution du vieil empire , leur choix n*était déjà |plus qu'entre les Goths et les Francs. Ils eussent été ariens etGoths; ils préférèrent être Francs , et rester chrétiens. Les persécutions d'Evaric les avertissaient de fuir la domination des rois Wisigoths, et instruisaient aussi le roi Franc, par les haines qu'elles allumaient, du péril qu^il y aurait à les imiter* Au point où en était le paganisme en ce temps, se sentant mourir, et se renonçant presque luimême, nulle violence n'était plus à craindre de lui* Les Gaulois se jugeaient plus en sûreté avec un princje idolâtre que l'ambition , sinon la foi , pour-

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rait convertir, qu'avec un prince imparfait chrétien, passionné de son hérésie, et qui eût voulu conquérir pour elle plus que pour lui-même.

X. Que fiu*ent cependant ces populations mixtes et doubles, au conunencement? que furentelles pour les inclinations, les mœurs, les usages? Ce qu'elles étaient pour leurs intérêts, leurs desseins , leurs races : une association encore et un mâange, une combinaison quelquefois choquante, toujours imparfaite, d'élémens dissemblables, presque contraires, et qui pourtant s'appelaient. Les Francs, qui avaient vaincu, satisfaits de posséder et de commander, leur langue, leurs armes, leurs vêtemens,^ leurs lois personnelles, le trône excepté, firent bon compte de tout le reste, qu'ils connaissaient mal ou estimaient peu. Assez éclairés déjà pour comprendre ce qu'ils ignoraient et ne pourraient £sdre, ils n'eurent garde de toucher, dans l'organisation intérieure, aux choses qui n'intéresssdent point leur puissance, et qu'ils n'auraient su réédifier. Les Gaulois, qui étaient vaincus, la domination exceptée, obtinrent d'ailleurs, et sur tout le reste, la composition la plus favorable. Les biens, la famille, la commune, les personnes mêmes demeurèrent sous la protection de leur droit et de leurs coutumes, et s'il y eut de l'altération pour leurs rapports avec ce peuple qui leur survenait, ils n'eurent pas sujet de la regretter. Car le système pénal des barbares, malgré l'inégalité des compositions,

2G HlSTOmE DES FllANCS.

était pôtiHantj et de beaucoup, inférieur en sétél'ité aux lois sanglantes des empereurs grecs. Les vainqueurs ménagèrent à la fois la religion, qui de- Tait si tôt devenir la leur ; les institutions secondaires, premiers fondcnaenê de la société; leB Usages enfin, chose puissante, qu'on n'aitacpjie jamais s^tis danger, et de qui rien no trîotnphe plus mal aisément que la force. Les Francs s'avouaient barbare^, et n'aspiraient qu'à ne plus l'être. Ils Savaient lès Gaulois plus cultivés qu'eux, et n'espéraieûl ni ne prétendaient le» rendre barbares.

XI, Bientôt répandus dans le vaste territoire qu'ils avaient conquis, les Francs^ comme il était natuiel, y répandirent avec eux quelque chose de leur simplicité, de leur crédulité, de leur rudesse. L'obséquieuse urbanité des Gaulois iperdit promptement, dan^ cette habitude et dans C6 commerce, quelque partie de sa circonspection docile et rtlséô, En échange, les Francs, qu'humiliait la supériorité de ces Gaulois, pourtant leurs sujets, par une émoh lalion pleine à la fois de discernement et d'orgueil» eurent bientôt imité, de ces formes et de ces manières, tout ce qui ne blessait pas trop profondément leurs sentimens et leurs traditions. Les Gaulois semblcrenl déchoir un instant, si ce n^est que leur courage, énervé sous la longue oppression dfli Romains, reprenait avec ces barbai'es pltis de chaleur et d'activité. Les Francs, à (pii leurs triomphée mêmes ne laissaient plus de repos, ne pout^ient

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pas s'amollir dans cette vie nouvelle^ et s'y élevaient cependant à de meilleures et plus douces mœurs. Au moins durent-ils aux Gaulois d'être chrétiens ; au moins les Gaulois leur durent-ils de n'avoir plus tant de timidité et de faiblesse. Les Francs acquéraient ; les Gaulois acquéraient aussi, même en perdant. Les Gatdes, moins polies qu'au temps des Romains, étaient, en retour, plus glorieuses et plus libres.

Dans cette étrange communauté politique , la royauté, les conseils publics et l'armée (1) étaient dïnstitution franque et de forme unique ; la pro- Tince, la cité, l'établissement de l'impôt , de forme miiqae à leur tour, et d'institution gallo-romaine (2).

(t) « La milice Baliqae oa française consistait toate en infan- » teriet •• Cette milice était divisée en centaines^ et chacane avait > nu chef nommé centenier en latin , Atemgin , en langue fran- « foe oa teutonne. > (Boulainvillierst Mém. bist.) » C'était un usage venu de la Germanie. (Voyez Tacite, Mor. Germ., cap. 6. — < Dee millions de Suèves à la blonde chevelure > rassemblés *paT leurs cmtmierSf viennent d'au-delà du Rhin. > (Ernoldus Rigelfais, cbant 3.)

(3) n y avait dans la dté un ordre supérieur appelé sénat* et SD ordre secondaire appelé Curie, Le Sénat, c'étaient les nobles delà dté» nobiles virês, selon l'expression de Justinien. On y entrait à titre héréditaire , ou par concession du prince. — On était admis aussi dans la Curie par droit de naissance, et de plus par élection. Cette élection était soumise à deux conditions :|qui le candidat fût âgé de vingt-cinq ans, et qu-'il possédât vingt-cinq «créa de terre i viginti guinque jugera, ColumeUe donne la RMsnre âujugemm^ lequel fermait une superficie carrée, dont le grand edté avait 340 pieds romains, et le petit 120. (Frèret. Oiwerv. sur le rapport des mesures grecques et romaiflea.) «-

28 lUSTOlRE DES FR4NCS-

Toutefoîs, deux langues, deux religions ^ deux lois,

deux justices, à diaque peuple la sienne. On était

A dm [g dans la Curie r on ne s'en pouYait plus affranehir, bî €« n'esl qu'on fût élevé à la diguilé sêuatoriale* Ou ne pouvail même pas aliéner ^a terre , à nioiiis que la néressité n'en Tût reconnue par les juges ^ — Les magistratures municipales étaient eenférées par la Cune^ el il fallait être membre de la Curie pour les exercer. — La première de ces magistratures était celle des Bécemvlrs; elle ne durait qu'une année- Les Bécemmrs représentaient la cité, et avaient l'exercice de ses actions. Us avaient juridiction aussi pour les causes urgentes, les cautions et les questioiis possessûires. — Âpres les Décemvirs veu aient les PrincipauJ^ Leurs fonctions duraient quinze années. L*jmpdt, les approTÏsionnemens, leséditices publics appartenaîenlà leur administration. ^— Les domaines de la Curie étaient sous la dircctiou d'an magislrat spécial^ qui avait le litre de Curateur. — Enfitt venait le Deffenscur de la cité. Ce magistral , surveillant légal de tons ks autres, ne devait point appartenir à la Curie , el ne pouvait èlrc nommé par elle. H Tétait par Tuniversalité des habitans ; seulement il fallait que le préfet^ délégué du prince, confirmât cette élection. Les fonctions du Deffenseur duraient deux années^ Elles comprepaient la police de la cité et le centrale gêné-» rai de tous les actes d'adniiinstration. Une faible jaridiction f Otait aus^i attachée , pour les causes dont Tobjet n'excédait pas la valeur de cinquante sous ("J. — Le Deffenseur était l'image des tribuns de Bome, de même que les Décemvirs [celle des consuls; moins toutefois , comme on le pense, ce qui cou cernait la législation et la politique; consuls et tribuns , noa de la Républ^

(*) It s'agit du $m romain, tel que Constantin rétablit, et que ses successeurs le maintinrent. « Ces sous étaient d'or, et valaient quarante deniers d'argent Rn. » Mêm. de l'Acnd des Inscrîp,, tom LTX, pagc480H^ Le dénier était de la quatre-viiigl-seiziéme partie de la livra d'argent. Eodem, tom» XLIX , pag. 259 et suiv Le mu des Francs èlMit aussi de quarante deniers ♦ Q^adraginta âenarii qtii fadunî aoUdum umim» (L* SaU cap. % an, 5.) Chez les Ripuaires^ il était de douze deniers. Pro fa- Mn, duodecim denarios» (L. Eip,^ cif}« S6j art. 13.)

idolâtre et chrétien, on parlait latin et tudesque(l); on suivait le code de Tbéodose et la loi salique. L'unité se forma pourtant , et commença , chose heureuse et simple, par la religion. Tout devint chrétien, et ce fut comme le premier signe et le premier jour de la nation gallo-franque. Tant qu'auraient duré les deux cultes , il y aurait eu deux peuples aussi, infailliblement.C'estdu christianisme, que cette grande nation de France est sortie : il en fat la source à la fois et Toccasion ; il en avait rapproché les éléments, il les confondit.

Xn. A rechercher d'ailleurs, chez ces Gaulois et ces Francs, la classification et la condition relative de leurs familles, on découvre aussitôt dans leur eonstitiition de peuple, je ne dis pas de gouverne-

qoie, mais 4e FEmpire. — Ao-dessas de ces magistratares était coOe da préfet, oa eomte, représealaat du prince et nommé par lut OToyez Histoire da droit maoicipal , liv. l, chap. i), iO« 11» 12, 13, 14, 15, 16^ 17. 18, 1».) — On a des preuves certaines du DMÔDlien de cette organisation, c'est-à-dire de la Curie, du Deffenseur, des Principaux , etc. , dans Marculfe , formules 54, 55^ 56; dans les formules de Sirmond, 2 et 3; dans celles de Lindenhng, 73. — Grégoire de Tours dit d'Arcadius, au temps deChildebertier, qu'il était Tun des Sénateurs d'Auvergne, et de Cbramm, fils de €rontran, qu'il faisait enlever à Clermont des ilDes de Sénateurs. (Liv. III et IV.)

(i) c La langue tudesque fut la langue des rois de la première née.,, et tandis que le commun des François... apprenait inseuliUeiiieiit la langue vulgaire romaine , on continuait , à la cour, de parler la langue tudesque. 11 en fut de même, sous les rois de la seeonde race. » (Uém. del'Acad. des Inscr., t. XLI, p. ^7 et

lliSTOmK I>ES FRANCS, ment, une ressemblance première, qui en étitit une de mœurs, et devait aider à toutes les autres. Chez les Gaulois, leurs sénateurs, leurs décurions, leurs ingénus, leurs affranchis , leurs esclaves ; et chez les Francs , encore des esclaves , et puis des lites, des hommes libres , des nobles , des Icudes, Les leudes, attachés à la personne du prince, s'étaient promptement élevés au plus haut rang et à la première autorité dans l'État (1). Les nobles, car il y en avait parmi ces barbares (2), se confondirent au

(1) Apparcl Antrustioneiudici fidelem regia , qai se fidem ei servalurum» jaramento ^popondil... ItaqueAnlruiiioDes, fidèles suai et Leudes, ul jiassioi Gregorius TuroDeosis «os vocale (Nch les de Jér. BignoB sur Marruire )'--Trussem, id est Hdcm; imdQ Anlrustio, fïdeoa, eodero.)^ Q"* ^^ truste DoTOioica est (L. lal,, cafi. 43, «K* 4), iuntiineFo Antrustionuin computetiir* (4faTCiilfe^ liT» I, form, 18.) — La compositioD pour le meurtre d'un Lêude élaii de siit cents sous d'or. [Marculfe , eodem. — i, saL, loc< dt)

(S) En voici quelques preuves ; io Tadte — ^TnsigDis nùbilitmt^ aut magûa patrum mérita ^ principis digoationem ^ etiam adoleacentutîs adsigtiant^ — Qui, uou libldiae^ sed ob nohiliiatem^ plttrimisuuptiisambiutttur, — Agri, secuûdum dign a t mie m partiuntur. — Corpora darorum virorum, certis liguis cremuotnr. (Mor. Germ. 13, 18, 20, 27-) — % Grégoire de Tours: * Les rois ctiéveluSp pris dans X^pîus nobh de leurs familles^ > (Liv. 2J «Le fils d'un Franc, homme trè$-noble parmi les siens* • {Liy* Ylîl.) — 3rt La loi des Bavarois : Quanivis nobilà sit personna. (TiU XVÏl, art. i.) — 4^^ Le décret de Childebert , fils de Chtovis t Si vero ingénu us, atil honoratior personoa est, — 5o Le traite d' A ndkw - Medranlibus/ymcm^wj* — 6„ Le décret dû Childeberl, fils de Sigebert- Hua cum nostris opUmatibuê,***^ DuUus de ûptimfiiibu$ nostris*.. ~ lu LesCapitulaires de PeplUt aoQ* 755 ' tam nobUîs ^ quam ignobiiis*., — 8o Les Gapi(ulair«3 de Gbarlemagne et de Louis-te-Débonnâire : Comitei quoqtie ,

uxm %m.

contraire » et en peu de lemps , les moins heuraui£ avec les jiei*soimes lUires ; les plus considérableR , avec les leudes : cette noblesse germaine 8*alla perdre daus eelle qu'inalilua la conquête. Les hon^ mes libres, c'éiftient indistinetement tous les hom-'

it i^enleo^rii, et emïm nobiks virL (Liv. V, cliap. '260.) — Cen- ($Q arii, noè^ile^ y'm (Uv, Vî, cU. 298.) "- Le Capilulair^ de 781* &i i|o&ili> Mjîti^t Si iiigoniiii&,rf Si Utus*i* (AtU 2i,) ^ te Ca<i pllulaâre de 797 • Si quis de ^obilionll^us, . . (ArL 5.) Mais il QQ s'ugil d^seea deux dernierâ Capïtulâircs qao des Saiona.

Jl »mi fermé hie» des tijslème» ; les uu» ont dii que tous les Francs farent tioldoi, et tous les Qai^loiît, ptébéieaB ; d'atiires « ^*â D'y avait de doIiIc^ que leâ Leudes; d'aulres, que jusqu'au diiièine siècle ïl n^f eut pas de nobles du tout^ — Je craindraîa dadmetlr^de^ a^sertioiie ai absaluçs. — Aisurénieul là c^ndi- UoD d^s hommes Ubreâ ét^il , relalivcmaal aux coin positions el aux tributs, ipoius ^vanlageiise parn^ï les Gaulois que parmi les Francs* Mais cette différence, est<e la noblesseT — Assurément \u Leudes étaient nobles, opHmaks , proeens ; mais n'y avait -it qu'euxl On a vu plus liaut ce qu'il en faut croire.— Asâurément la noblesse ne f^t pas d'abord ce qu'elle devint par l'Iiéréilité des bénéfices el par la féodalité; mais, pour avoir moins de puissance, tUe n'en avait pas moins de réalité , on vient de te voir, — De ces trois opinions, il n'y eu a qu'une de vraîe^ à mon sens, la seconde. Elle ^t vraie , si t'oa eu retrancbe les teiups qui suivirent immédiatement la conquête. Les Le u des coiqmeof aient alors; cette nûblesse aouvelle D>Y^t pas encore eu le temps d'effftcer l'aucieune, — On a demandé quel privilège avaient donc cé^ Lendes T Une gai'^i) lie triple de celle du Franc seulement libre , la composition de six ceols soui 4'of ; et dana ces temps de désordre et de violence un gage de vie u'était pas une si n^^iocre prérogative. On a demandé aussi qi^el^ droits , quel pouvoirî Bës le temps de Cbildebert II , le prince délibérait et ^Hait 4tvec eiix-mêpie, les lois pénales. (Jna eum postr is opti'- ^mlikuSf pertraçtavumiâ««»,. hoc eonvenit nna cum Leuf^ù nos^ \p^ fr- y<f]f^^ ^a ii^fiti» Tip^prH deâ Lpii, Uv* Xl^Jt!» IL

» HISTOniE DES FRANCS,

mes de la mce franque, moins toutofois ceux h qui la liberté avait été enlevée par des jugemeiis (1), ou que leur indigence avaient réduits à l'aliéner (2), Les lites, c'étaient des hommes de condition mixte, à demi-esclaves, à demi-libres; capables de posséder, et non de tester ; dont les Francs ^ dans leurs lois bizarres, estimaient la personne au prix de celle d'un Gaulois; dont le meurtre se rachetait au double de celui d'un esclave , à la moitié de celui d'un homme de condition libre (3)t On eût dit les affranchis des Gaulois. Au eontraîi'e les esclaves : de condition bien moins misérable que ceux des Gaulois, encore soumis à toute la dureté du régime romain, ils étaient, eux,, attachés non à la personne du Franc, mais à sa ten^e. Ils cultivaient, et ils ne redevaient qu'une part des fruits; ils étaient les laboureurs et les colons de ces champs , achetés du sang de leur maître (4)*

Au lieu des esclaves, c'était par la femme et par les en fans que se faisaient tous les travaux domes-

(1) L. iaL, ch. n. ar(,7 et 11, cl ch,27,art. 3.

(*2) Formulai Bij^nonianaï, cap. 2ik — Formula Sinnondicse, cap- 10 — Grégoire de Toiir§ , liy, VUp ch 45. — CapîtuL de PepiD, 7^% art. 25. — loi des Bavarois, lit. YI, c1l3j art, L — Capital. Car. Mag. 80*, art, 34.

Çi) L. Sûl, di 4i, art. 4. — Capital. Car. Mag. , 8*)Sp arL 2, — Capital 3 et 13, art. 4 et 5. — Factuspro tenore paclâ, aft^ H.

(4) Fniiueatl moduiu dominus p aut pecom , aut vesUs ut co^ lonoiDJuDgit... Tacite, M, G. 25. — Les esclaves^cliezles Fraafais, attssi bi6E que chex les Germains , élaieal moins des escla-*

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