LIVRE XVII
de refuser leurs hommages alors, lui rendirent grâce quand il eût consenti à les recevoir.
II. L'hiver était proche; mais cette saison ne devait pas être un obstacle pour les nouveaux desseins que méditait le roi franc. Ses regards se tournaient en ce moment vers Fltalie, et il se souvenait d'Arégise , qui , toujours fidèle à ses afiections , et sachant Tincertitude des conseils dlrène, n'avait point interrompu ses secrètes intelligences avec le prince lombard. Le voisinage de Naples , la mer, qui baigne une partie de ce territoire, les inclinations de ses habitans , les engagemens et l'habileté de leur chef, faisaient, de la principauté deBénévent , un état suspect et une position dangereuse , pour le jour, qui pouvait venir, où le fils de Didier, recouvrant une seconde fois la faveur des Grecs, reprendrait de nouveau ses anciens projets d'invasion. Charles avait vu ce danger, et il s'était promis d'y pourvoir. Appelant donc son armée, il fi>anchit les Alpes, et vint à Florence. Noël l'y arrête; mais aussitôt les fêtes passées,, il reprend sa maréhe, et continue, sans se détourner, jusqu'à Rome. Là, délibérant avec Adrien , sur l'état mal affermi de l'Italie, sur les intérêts et la politique des Grecs, sur les événemens peut-être prochains, que ces complications pourraient provoquer, il se confirma de plus en plus dans toutes ses résolutions; car la principauté de Bénévent n'était pas la seule prot vince qui l'inquiétât» La Bavière excitait , comrao
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elle, sa fiollioitud^, et T^s^iUpQi que le^ sepmens de Worms i)^9^yai0]^tp0iqt Q^i^i^gé, incdqs fl4èl0 encore qu'Ârégise, était plus puissant aussi et plus dange-
l|Ii QHç|iq[De§ }irait§ ^e cçi^ gri^ves délibératiops S etgiçnr Pépwduî? au del^qrs, Arégjse, Iq premier, ipep4fi§ d^ pl»g prè?, et plys impatient de conjurer \fi përil^ fîut pwtir dp ^énéveqj; Jipfnu^ld, l'aîné dp ^61$ fils, etVpnvpie à Roïpp» chargé de supplicatipps^ de protestations, d^ prégans, afin de dissuadiez s'jl sq pouvait, le^ défiance^ de Charles, ou de déaarmer ^es resseptir^ens. Qe 3qn c^té, Tassillon, s^ aouyeninit de Tî^ppui que le§ gicp^ avaient autrefpii? pbtepii des papei?, oubliant Jh dififerenco des temps e\ les chî»ngemens suryepHs dans les intérêt?, cpflçoit la pensée de rpclamijr la médiation d'Adrien 1 et ne doigte pa? qu'il op s'interpose avec jèlp, pour détourner le roi frapc de ses projets de verîgcanpe. Préoccupé donc de cette espérance, \\ çnvoie au pape deux ^mbtjss^dpurs, Icvêquo Arne pt l'abbé Henri. A|ais l'éppque étqit déjà éloignée, Qi) 2^a()})grie, jnc^4't^iu d^ 1^ bienveillance des Francs, îfîtprypusit plÇcjeusement en faveur du duc Qdt^PP» î^uprès dp Carlqipqn et de Pcpip. Le temps était passé ausi^i PÙ Cbarles, que d'autres soins entraînaient, eût pu se çoutepter ^fsécucnt des soumissiops de Homuald et de ses prpmesses.
lY. Persévérant donc et recoqniussani la néces
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nité d'obtenir enfin de moins douteuses garanties, il sort de Rome , annonce la guerre , marche sur Capoue et s'y établit. Arégise alors, dans un danger ^ pressant, et que sa faiblesse pe lui permet pas 4'aiS^nteF, prenant conseil à la fois de son courage #{; 4e ça pi^udenae, quitte Bénévent, place isolée, ^ Çiii il tomberait infailliblement ^u pouvoir de son ^OPi^i* 3e jette à S^leme, place plus forte, dont le pppt }ui amènera des secours , prolongera sa défçnfie, lui assurera, qtiand tout sera épuisé, une retraita facile; et en même tmips, car il ne prétend point soutenir, s'il peut s'en épargner le malheur, une lutte où il n'y a pour lui aucpue espérance, il (envoie à Charles son second fils, Grlmoald, propose à ce prince de dicter les conditions qu'il jugera bonnes, s'y résigne d^avance et annonce une ferme Volonté de les accomplir. Charles, quand il eut tout balancé , le temps qu'allait ei^iger cette conquête , les Grecs qui interviendraient peut-être pour la disputer, Arégise, qui, dans la position qu'il avait choisie, échapperait toujours de ses mains et défibrait ipême sa victoire, Charles jugea que la pain offerte était plus avantageuse, et il l'accepta. Romuald, qu^il avait emmené de Rome et retenu dans son camp, fiit renvoyé à Saleme, mais Grimoald dut venir en France, en échange, et y demeurer pour otage; onze autres otages durent le suivre, et furent pris parmi les principaux de ee peuple : les cités enfin et leur duo durent s^engager par des
8 HISTOIRE DESFRANGS.
sermens nouveaux et pluis étendus. Charles délégua
plusieurs de ses leudes pour les recevoir.
V. Peut-être que les contestations de Bavière, qui s'envenimaient, avaient contribué à hâter le terme de celles de Bénévent. Charles , qui savait différer, aimait à prévenir néanmoins, et le langage \ des négociateurs de Tassillon, lui eût fait regretter d'être retenu trop longtemps en Italie. Car Adrien, comme on le prévoit, n'avait point refusé sa médiation : il s'était empressé au contraire, et le zèle le plus favoi*able avait été promis aux ambassadeurs. Mais le pape ne pouvait pas servir Tassillon contre lui-même : il le savait ennemi de Charles, son unique appui, et ami des Grecs, les plus invétérés ennemis de sa puissance. En travaillant à la paix, même avec ardeur et sincérité, il lui était difficile de ne pas vouloir que ce prince, d'une fidélité si douteuse, fût mis pour toujours dans l'impuissance de poursuivre ses anciens desseins. Aucune autre paix n'eût été solide, car Tassillon ne l'eût point gardée, et il n'était pas de la dignité du pontife qu'on le fît servir à de fausses et fragiles conciliations; aucune autre n'eût été piiidente, car elle n'eût eu d'autre fruit que de donner plus de temps au duc , pour mieux assurer le succès de ses dangereuses manœuvres.
Adrien donc, médiateur intègre , mais prévoyant et intéressé, sans rien sacrifier des légitimes intérêts de Tassillon, oiait néanmoins conduit nuiuicU