XXIV. Mais de son côté, Tarmée de Pepîa avB
(t) Nos Fûitcm^ Domt»o adjuvante p trihtis diebu^ lUaniain I GÎEnus..M>«î^mlsert€ordiam Jeprecanteâ... Et a viao et etr ùTô i m Vi^r q ni sac erdotes n 05 1 r i . . . n t abs t i n u lis s e li t . . * et s^cerit uousquiâqTte mîsâati] specialem reeiâsot...El dericiunusT|Qiâq psat£iioaqiiinc[t]agiQtacaiitaâset, et iuterJm qtiod ipsas Jitaaia fadebant, Discalcaati ambulasaent, ( Epist, ad Fastradatn rcg
^li iivait'iU v\i\ assignés. Aux derniers conlijïs du îrîoul (ouchaitml ceux du lerritoîie ennemi ; elle y p«néua- Une araiée d'Awares accoiiriii; des deux ^ûrU, on ^ippelait le comLat ; il s'engagea h Tinliant, et iUut terrible. LtB Awares rë?iiî?tèrenl cou- KigeusoiDcnt et longtems; ils se lassèrent néanpoins^ ei Icjeunc roi goûta en ce lieurinexpmnabtû foie d'une première vieloîre. Elle ne fut point mar^ miéù par de grands progrès, ni par des conquêlcs; les ordres de Charles y mettaient obstacle: maïs felle Tut filiale aox raincus par ta ïmnle et par l& Èafnage;onn'avaitpas8nuvenîrfju'enaucuneguerr6t peuple vaillani eûl jamais souflert de si grandes Bries (I}* Pépin demeura sur le champ du çom* iat jusqu'au lendemain, et alors, sa charge n'éiant jfoe d'oliserver et de menacer, il alla se forùtîer il ans les positions dont l'occupation lui dtaîl pre* fcrîlc-
XXV- Charles cependant avaii surmonté les [hreniiei-s ol>slaeles, et il se répandait di^jà dans la llPannonie- Ou raconie de cet étrange pays des kwareîî, qu'ils Tavaient divisé en neuf fractions, uuxquellcs ils donnaient le nom de e^reies. Ces divisions, circulaires en eflet, en s'enveloppant Tuno
(I) El inu11ilt]diiji3m <]c tpsis A^aris Inierreccriitit in tantinii iil idkiial q«od iiÉ raultïs diebas mapr slragûs d^ipiîs Atlri» lacia mn falL (Eivirl aJ Faslradani regîa.}
l'autre, s\Ui*n(laioiit et s'élargissaient progressive* ment du centre aux lif^nos les plus éloignées de leur territoire;. Chacune d'elles, étrange merveille d'industrie et de patience, était enferniée dans une immense ])alissade qu'ils avaient laborieusement construite avec d'énormes troncs de sapins, de hêtres et de chênes; sa hauteur était de vingt pieds, la largeur égale ; l'espace vide entre les deux files de pieux avait été rempli de craie dure et de piei^ res; des buissons épais couvraient et protégeaient le dessus. Derrière ces remparts et à de courtes distances, ^'élevaient leurs cités également fortifiées, et comme liées entr'elles par les bâtimens de leurs fermes, toujours placées en des lieux d'où le signal des trompettes pût être entendu et se transmettre avec promptitude. De profonds et impénétrables taillis cachaient les routes étroites par où communiquaient entre eux les neufs cercles (I).
XX\I. Les diftîcultés n'étaient donc pas médiocres; mais quoi qu'elles pussent retarder les Francs, elles ne suffisaient pas pour les arrêter. Ils forcèrent les premiers remparts , prirent et brûlèrent deux forteresses bâties sur la rivière du Camb et sur le mont d'Anneberg, dévastèrent impitoyable-
(1) Le moiicdc Saiat-Gall, livre 2. — On a cru que c'était de là qu était devenue la dénominatiou de Cercle, donnée autrefois aux divisions de l'eippire d'Allemagne. « Daniel , Velly, Gaillard.
ment toute cette contrée et poussèrent, bien qu'avec lenteur, leur progrès de TEnns au Raab.
. C'était beaucoup pour une incursion ; c'était bien peu pour une conquête, et de si formidables préparatifs seiblaient annoncer de plus grands et plus profitables desseins. Mais des embarras qu'on ignore avaient longtems retenu l'armée; le mois de septembre était déjà arrivé quand on passa TEnns (1). Beaucoup de jours se perdirent dans cette lutte, toujours renouvelée, jamais décisive, où le sol se disputait pas à pas, où l'ennemi s'obstinant, mais avec prudence, combattait sans relâche, mais sans quitter ses retranchemens. L'hiver faisait déjà sentir ses rigueurs, et l'incertitude des approvisionnemens forçait de suspendre la guerre ; enfin un mal inconnu et contagieux avait subitement attaqué les chevaux dans le camp des Francs, et c'était à peine si la dixième partie avait résisté.
On ne songeait plus qu'au retour : Charles, descendant jusqu'au lieu où le Danube reçoit les eaux du Raab, repassa le fleuve; puis remontant et s'en faisant un abri, il en suivit le bord avec son armée, et rentra, sans accident et sans perte, sur le territoire de la Bavière. Théodoric, au contraire, cherchant un chemin plus direct, engagea ses troipes
(I] Nosaulem tribus diebus lUaniam fecimus, id est nonis
seplembris perrexeruut iiilra fines* ipsorum decimo haltti'^
das seplembris,, (Epist. ad Fastradam regiii.)*
38 HISTOIRE DES Fil ANGS .
dans la Bohême, et tenta de traverser ce pays pour retourner plus promptement dans la Saxe. Il y réussit, et sa retraite fut, comme celle du roi, rapide et paisible.
XXVII. On ne doutait point que la guerre ne dût se renouveler au printems avec plus d'ardeur encore et plus d'opiniâtreté ; mais les Awares, occupés à relever leurs remparts et à rassembler de plus nombreux moyens de défense, appelaient surtout le secours du temps et'n'épargnaient aucun soin pour Tobtenir. Tout concourt à persuader que les anciennes négociations se renouèrent, et que les Francs, abusés par leur victoire elle-même, eurent d'abord l'espérance de fléchir l'orgueil de ce peuple, et de l'amener, par la crainte d'une ruine plus grande, à subir volontairement leur domination. Charles d'ailleurs, éclairé par l'expérience qu'il venait de faire, no résistait que modérément à ces dolais, favorables môme pour lui, et dont il s'empressait de profiler. De sages travaux étaient entrepris pendant ce tems pour rendre ses expéditions plus faciles et se garantir contre la fâcheuse nécessité de les interrompre : un j^ont de bateaux s'établissait sur le Danube, un large canal se creusait pour joindre le Rednitz à l'Altmulh, et par eux le Rhin au Danube, et par ces fleuves encore l'Océan et le Pont-Euxin(l). Malheureusement le dernier proje.
(1) < A trois lieues en deçà de Ratisbonne, (ombe dans le Da-
LlVnlî XVII (785-794). 39
échoua, et quand on eut longuement fouille ces terres fangeuses et mobiles, l'inexpérience des ingénieurs contraignit à l'abandonner (1).
> nube uDe rivière nommée aujourd'hui VÂUmulh^ qui prend » sa source aux environs de Rotemburg en Franconie , passe à » Pappenlieim, à A ichslat, el se divise â son embouchure en deux » petits bras, entre lesquels est située la ville de Kelheim. Or, » en remontant cette rivière l'espace de sept lieues , on se » trouve à deux lieues de la source de la Rézat supérieure qui
> traverse la Franconie, prend, après un cours de sept lieues, le ' • Dom de Regnits, et plus loin celui de Rednilz ; passe à Nu-
> remberg, â Forcheim, et se jette, du côté de Bamberg, dans le
> Mein, qui tombe lui-même dans le Rhin, vis-â-vis deMayence.
* ^11 ne s'agissait donc que de creuser un canal d'environ deux » lieues pour ouvrir aux bateaux un chemin de YAltmulh à la
• Rézat, — Charlcmaguc dut peut-être l'idée de joindre ainsi a le Rhin avec le Danube , aux fameux canaux de Drususet de
> Corbulon, dont le premier joint le Rhin avec l'Issel^ et le se-
> cond fait communiquer le même fleuve avec la Meuse. > (Scliaepflin, bist. de FAcad. des Insorip et bcll. let., t. 9.)
Ou croit quei'ésar avait eu aussi la pensée d'unir par un canal le Rhin et le Danube. Napoléon , mille ans après Charlemagne, reprit le même dessein, mais en l'étendant. Les rois de Bavière et de Wurtemberg ont adopté, il y a vingt-cinq ans, des plans analogues. Le canal de Napoléon devait s'ouvrir à Anvers, atteindre le Rbl» à Cologne , et finir à Neubourg , sur le Danabe.
(1) M.Schspflin nie que ce fût c l'impossibilité de l'exécution
• ou le défau t d'ouvriers habiles qui fit avorter l'entreprise. » 11 en cherche la cause dans les guerres que Gharlemagne eut à soutenir sans relâche. Mais voici ce que dit textuellement Eginhard : « I. e canal fut creusé sur deux mille pas de longueur, » et trois cents pieds de largeur, mais en vain; car la continuité
> des pluies et l'inconvénient d'une terre marécageuse déjà im- » bibée d'eau par sa nature, empêchèrent cet ouvrage de s'achem . ver- En effet, autant les ouvriers avaient tiré de terre pen-
* dant le jour, autant il en retombait, la nuit^ à la même place. >
XXVIII. C'était un regret, et un avantage perdu; le temps d'ailleurs s'écoulait, et avec lui se dissipaient, par degrés, les illusions et les espérances. Les Awares diflV raient toujours leur soumission; les événemens eux-mêmes semblaient encourager CCS refus ; la guerre , plus inévitable de jour en jour, et plus nécessaire , devenait de jour en jour aussi plus difficile et plus dangereuse. Il se décou-. vrit des ennemis domestiques , non moins fâcheux que les ennemis extérieurs, et dont les tentatives furent pour ceux-ci une courte, mais avantageuse diversion. Le gouvernement de Charles avait pris un caractère nouveau d'inflexibilité et de méfiance; l'esprit de Fastrade l'animait. C'était encoi^e la même grandeur, mais sombre, hautaine, sans déférence et sans générosité. Lesleudes sentaient déchoir leur libre influence, cl les mécontemens, réprimés d'abord par le châtiment de Harlrad , n'avaient fait que s'étendre depuis ce temps, et prendre ])lus d'aigreur et d'activité. Un chef manquait cependant , mais il so trouva, cl sa condition était telle qu'elle doubla aussilùl les forces de celle redoutable conjuration. Le fils d'Hilmelrude, le premiei^
C Annal., aiin. 793.) — Les guerres de Charlemagne n'auraient pas fail abandonner à ce prince un ouvrage si utile ,à ses guerres, et si avancé. — «Les vestiges du canal subsistent encore au
> village de Graben, qui en a tiré son nom ; le motallemaud de
> graben signifiant un fossé. > (.SclKcpflin, loc. cit.)