‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 76 sur 135 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

sayer s'il ne pourrait pas tromper la prudence de Charles, et à force d'adulations, d'oîBfres trompeuses, de fausses et séduisantes promesses, pénétrer et s'établir par degrés dans sa confiance. Persuadant donc aux Awares d'envoyer des ambassadeurs à ce prince et de reprendre sans plus de retard les anciennes négociations, unique voie de salut que les victoires d'Herric leur eussent laissées , il se mêle lui-même aux ambassadeurs, et vienl avec eux jus- 'qu'au camp de l'Elbe.

Là, quoi qu'il dirige toutes leurs actions et inspire toujours leur langage ; quoique Charles, invariablement attaché au double dessein d'asservir leur peuple et de le contraindre au christianisme, leur ait ô!é promptement toute espérance de conciliation et de paix, il ne laisse pas de suivre en secret ses propres résolutions, d'affecter uae grande facilité d'humeur et d'esprit, de montrer à tous cette déférence humble et continue qui n'est d'ordinaire qu'on aveu d'infériorité et de soumission, d'écouter même avec quelque apparence de docilité lès ex- Jiortations réitérées qu'on lui adresse pour qu'il renonce à^ l'idolâtrie. Il refusait par la voix des ambassadeurs, et de la sienne il faisait ou supposer ou entendre les plus bienveillantes et plus favorables dispositions. Bientôt ils partirent, car la paix étant si durement refusée, il ne restait plus que de se Touer résolument à la guerre; lui cependant, quoi .qu'il les suivît, il laissait éclater de profonds régi^, feignait d'incliner de pluis en plus au chris-

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