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pudîa Ja tît enfermer dans un monastère, contracta précipitamentune autre union; et,dans renivrement de sa joie folle et fatale, il admirait les nouveaux senlimens de sa mère, ses ompressemens, ses déférences touchantes , son humeur indulgente et obséquieuse.
XXX. Le pîége était infaillible, dangereux aussi et profond : Irène était vengée d'une ennemie qui n*avaiÈ pas craint de s'armer contre elle, d'une rivale , qui pouvait lui disputer la confiance de son fds, et réveiller Tindo^lente sécurité de ce prince; c'était beaucoup, c'était peu. A peine la nouvelle se fut répandue que Marie, Vimpératrice arménienne, était injurîeusement répudiée, les troupes de Ce pays, déjà soulevées depuis rodieuse conamnaLîon de leur chef, se mirent en révolte ouerte, non pins contre Irène, cette fois, mais contre 'empereur lui-même, dont elles accusaient, et maleureusement avec vraisemblance, l'ingratitude et a cruauté. Ainsi, pour ajouter au premier triomhe dlrèno, Constantin perdait ses troupes les plus évouees, et l'heureose occasion s'offrait de punir ur elles le téméraire secours qu'elles lui avaient accordé*
Le peuple, d'un autre côté, faisait éclater de sévères et légitimes murmures; cette répudiation, e réprouvait rinviolable loi du christianisme, choquait ses mœm^s, offensait sa foi, et n'était pour lui qu*uii témoignage certain et honteux des dësor-
dres et de Timpiélé du jeune empereur. Le clergé lui-même, quoiqu'il ne fût pas unanime, autorisait en grand nombre, et fortifiait ces dangereuses censures. Les monastères déclaraient ouvertement leur improbation , et Ton vit même Platon , célèbre et savant abbé en ce temps , se séparer avec éclat de la communion du patriarche qui avait souffert les nouvelles noces. Exemple fâcheux qu'imitèrent tous les moines de cette abbaye.
XXXL Constantin s'irrita , et voulant réparer le mal, il l'accrut. Aussi bien contre les moines que contre les soldats d'Arménie, il ne permit que la force. Des troupes furent envoyées contre ces derniers : il y eut des combats , des succès divers, une guerre; enfin, le nombre l'emportant, les rebelles forent accablés, et ce qui en restait tomba au pouvoir du vainqueur. On le» éloigna, on les dispersa, l'armée d'Arménie disparut, Constantin n'eut plus de soldats, l'empire n'en avait plus qui n'obéissent à Irène. De même des moines, on n'eut pour eux non plus que d'inexorables rigueurs: Platon fot pris, et jeté dans une prison; tous ceux de son abbaye furent enlevés, et transportés à Thessalonique; l'étonnement, la douleur, le blâme, l'agitation du peuple furent au comble.
XXXII. Le temps approchait; Constantin était assez abaissé maintenant, assez dépourvu d'appui et d'autorité; sa perte presque achevée, devenait
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certaine et facile; la conjuration s'éEendit. Tout se retirait de ce prince; ses amis abandonnés suivaiant ses exemples, ei rabandomiaieni; tous les regards, tous les vœux, toutes les espérances se détournaient sur Irène* On était d'accord : Tempereur descendrait du trône, sa mère recevrait l'empire; le temps ei les moyens étaient convenus; la plus monstrueuse spoliation se consommerait. Mais il survint une guerre, et il faUut différer; les Arabes s'étaient montrés à la frontière de l'empire. Constantin, obstiné cette fois et dans cette seule pensée, voulait aller et combatti'e : qu'il partît ; l'occasion serait favorable ou contraire, selon les événemens. Vaincu, sa ruine en était plus sûre; victorieux, il se relevfut : quel autre soin fallait-il avoir, si ce n'est d'éviter qu'il vainquît?
Ils s'y appliquèrent avec une merveilleuse assiduité ; Tarmée grecque était formidable; les Arabes engagés témérairement dans une position désavantageuse ne pouvaient plus ni refuser de combattre, ni empêcher leur défaite; ils allaient périr, et la conjuration avorter* Mais Staurace avait suivi rcmpereur ; il vit le péril, et sa détestable habileté le prévint. De faux rapports abusèrent Tarmée; on hésita, on délibéra, Fheure décisive passa, et les Arabes fuyant, mais sans combat et sans perte, trompèrent leur propre attente, et se dérobèrent des mains de leur ennemi.
XXXIII, Conslantîn n*avaîi pas vaincu, et ses es*
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përances de gloire s'évanouissaient; mais il nViit pas été vaincu lui-même, et les ^pérancas dai conjurés n'étaient qu'à demi satisfaites» On n'avik rien perdu, mais rien obtenu; il fallut en revenir aux combinaisons déjà airètées avant la guerre. Is jeune prinœ était retourné, inquiet et mécontent, à Gonstantinople; las triomphes qu'il s'était promis lui manquaient, il chercha des compensations, et crut sa concilier l'affection du peuple en flattant sa folle passion pour les spectacles et pour les fât9S* CNi annonça les combats du cirque , et de grande préparatifs furent prescrits pour donner à ces }m% plus d attrait et plus de solennité* Ce dessein semblait promettre une occasion infaillible; la foule^le bruit, la confusion couvriraient l'attaque et en assureraient le succès. Les conjurés n eurent garde d^ rien empêcher. Le jour arrivé, l'empereur vint au cirque, et les jeux s'achevèrent sans accident, sans désordre, sans que rien d'inattendu les troublât.
Tout était prêt cependant, et les traîtres, déj^ armés, attendaient. Comme l'empereur quittait le cirque, et reprenait le chemin de son palais, up mouvement étrange et précipité se fit dans une forte troupe de soldats placée au passage; un ce^ cle profond se formait et se resserrait ; on allait être entouré, enveloppé, enfermé. L'en^pereur vit ce mouvement, ei en pénétra le nioUf ; il n'hésita point : lançant aussitôt son cheval, il courut; quelques-uns de ses oiTiciçrs snivirent; la chaîne encore
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^Linparfaîte s^ouvrit; il était libre. Mais au lieu da palais, où Veut reçu peut-être la mort, il tourna vers le port, se jeta dans une barque qui s'y rencontra, passa le Bosphore» et ne voulut prendre terre qu'en Asie- Son espoir était que Tarmce d'Orient ûe consentirait pas à le trahir; il allait à
^ XXXIV. Quand clic sut ses calculs trompés, la tenlalive manquée, Tempereur libre et en fuite, Irène, toujours artificieuse, même dans ses craintes et dans les revers, assemblant les principaux confidens de son crime, interrogea proton dément leur pensée, et n'en eut d'autre elle-même que de leur exagérer le péril, pour les exciter à de plus grands et plus unanimes cflbrts, « La fortune ne 1 nous estpaspropice» dit-elie; ainsi faillissent quel- 1 quefois les entreprises les mieux concertées. Les ï sages prévoient ces hasards ; les vaillans ne s'en » laissent point ébranler; il leur suffit qu'ils n aient
> rien omis de ce qu'exigeait la prudence; le reste B est le secret ou Vteuvre du son. Ecartons les illup sions qui égarent, les espérances qui llattent, la
■| confiance qui perd; sondons notre plaie, en gens » de raison et de eccur. Constantin auraTOrient; t Tarmée qu'il va implorer ne lui refusera point » son obéissance; et vous, celle d'Occident vous M servira-l-elle? Constaniinople s'associera-l-elle
> au vaste changement que vous prépariez? Ils vous suivraient; mais vous n'avez pas réussi , et
j» de si mauvais commencemens n'engagent ni ne » persuadent. Songez à vous, et ne vous fiez qu'à » votre courage ; car vous n'avez de salut que dans » une prompte et généreuse résolution. Dévouez- » vous, afin que Ton se dévoue. Il y a d'autres res- » sources pour moi, et un refiige infaillible ; que je
> perde mon rang, la vie me reste, et les retours de
> fortune qu'amène le temps. Constantin exposerait
> trop à vouloir la mort de sa mère; il se souiaen- » drait de Néron, il n'oserait. Les évoques, le peu-
> pie, la faiblesse de l'empereur seraient d'irrésis- » tibles médiateurs entre lui et moi. Si vous m'a- » bandonnez, ce sera vous-mêmes encore plus que » vous abandonnerez; si vous me trahissez, vous
> êtes trahis: votre perte est sûre alors, et profonde; » la mienne est douteuse, incomplète, passagère » peut-être : méditez ces conseils , et ne les mépri- » sez pas; le temps sera court, mettez-le à pro- • fit. »
XXXV. Maisd'un autrecôté, femmerésolue, et qui ne s'arrêtait en aucun dessein , tant qu'il lui restait une voie à tenter, sachant quels serviteurs accompagnaient Constantin, et quelle part le plus grand nombre avait prise à la fatale conjuration, Irène agitait silencieusement dans son esprit quels soins elle pouvait encore leur prescrire, quels services elle en pourrait obtenir; et bientôt cette pensée fi'oidement examinée et approfondie , elle s'y attacha , et leur écrivit, < Quelle espérance avaient-ils, et quel
LIVRE XVlil (IM-mO), fruit croyaient-ils recueillir de leurinprutlcnce? proiégeraient-ils la fuite de l'empereur , afin que paisible bientôt el en sûreté, il pût libiement faire d'eux ce qu'il plairait à ga colère ou à sa justice? Son salut serait leur ruine, sa ruine serait leur salut. Que leur servirait leur fidélité récente et forcée, après tant d'outrages et de trahisons ? s endormaient- ils dans la folle persuasion qu'il dût manquer de preuves et d'accusateurs? tout serait connu; rien ne demeurerait caché dans un si grand crime quand il échouerait- Pour elle sa fidélité n'était due qu'à ceux qui ne lui auraient pas retiré la leur: qu'ils espérassent en elle s'ils persévéraient ; qu*ils désespérassent s'ils se lassaient et ne la secondaient plus. Se ilattaîent-ils , s'ils la perdait par leur inaction, qu'elle hésitât à les perdre pour se préserver? elle traiterait avec Tempereur quand leur lâcheté l'y aurait réduite , et d'impitoyables aveux en seraient la plus facile condition. Ainsi deviendrait, la vengeance de son fils, sa propre vengeance; ainsi punirait-elle par lui ceux qu'elle-même ne pourrait pmiîr. Toutefois il en était encore temps : s'ils reconnaissaient leur en'eur, si de tels périls , si gi^ands et si certains, les épouvantaient, qu'ils se ressouvinssent de leurs anciennes promesses: ils périssaient si Tempereur parvenait à l'armée d'Orient; ils seraient affranchis, glorieux, puissans, quand ils l'auraient empêché- a
XXX VL Ils lurent, et ils frémirent; Feffpoyalle aincérîté de cea lettres les jeta d'abord dans une profonde consternation. Mais, enfin, la crainte et la vérité les persuadant» la menace d'Irène ne trompant jamais, leur perte étant imminente et inévitable, à moins qu'obéissant à ses injonctions, ils ne réussissent à sa racheter en perdant leur maître, ik s'y lésolurent et le sacrifièrent plutôt à leur sûreté, celte fois, qu'à lem* ambition.
Dès le lendemain , pendant que , prosterné devant Dieu , dans son oratoire , il récitait avec fe^ veur et dans une entière sécurité ses prières » ils Tentourèrent inopinément , le surprirent et se saisirent de lui. Un vaisseau était préparé, et attendait au rivage; ils l'y entraînèrent, l'y jetèrent, partirent aussitôt, et firent voile pour Constantinople.
Qu' allaient-ils décider de leur proie? que ferait de son tih cette autre Aggripine? Il y avait quelque péril à le irapper; que diraient les Grecs î mm quelle sûreté, si on l'épargnait î Quels retours ne voyait-on point ? Les plus profondes prisons se rouvraient 1 Irène l'avait éprouvé : son règne si diffi* eilement obtenu , sa vie » si chèrement recouvrée » passeraient peut-être en un jour. Elle aspirait à vivre, bien plus encore à régner. Elle régna donc , et le malheureux empereur cessa de la menacer: ils lui arrachèrent les yeux, ou plutôt la vie (i); ear il
(I) Gibbon trouve le passage de Théopfaaaes éqaivoqae, il ri-
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