‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 89 sur 135 · LIVRE XVIII (794-800), t2S · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII (794-800), t2S

ne put survivre que peu de jours à cet atroce supplice; elle régna s mais par Fusurpation et le parricide; elle rogna souillée du sang^ couverte de la dépouille de son fils.

XXX VIL Horrible et étonnante complication de renYersemens et de crimes! L'empereur mort, et de quelle mort ! rerapire aux mains d'une femme, et de quelle femme! les lois violées, et quelles lois!

jatle l'uilerprétatiou qu'en a donoée fiaroniifi. Selon lai, * \û

• fils d'Irène v6cut eocore pUisieurs aonêes , opprimé par m la COUT €i ùfMié du monde. > Mais ïi accorde que ■ les > émissaires d'Irëue eûfoncèretil leurs peigoards dans les yeux

* de ce prince avec une telle précipKalion et une lelle vio- ■ lence qa*on eût dit qu'ils voulaient lai donner la morL» (Dec. de l'emp. rom^ chap^ 48.) Baronius en a trop dil en effet , et en ee point rhislorien anglais a raison t car il n'est point vrai , comme le prétend 1 auteur des Annales , que Constanlia mou- Ful à rinstaut : Anno sequenti , orbatus ocnlis , ac simul vità Ifuit. (AnnaU ecclês., p. 482.) Mais Gibbon a tort quand il reproche de robscurité au texte de Théophanes. Ce texte n*est que

trop clair , le voici - K*l i^t^l i^pav éwartiv eETU^MUcri* iÏe^ïw; Tppb

— Obcœcaverunt immanUer ut périr et ; mot à mot : ils Jui arrachèrent les yeux avec crnauté, afin qu'il en perdit ta vie~ On voulait sa mort ; ou ne (a voulait pas immédiate ^ on ne voulait pas être accusé de l'avoir voulue* Constantin ne mourut pas le jour même; car le soleil étant resté voilé quelque temps , le peuple, effrayé de ce pbcnomèue, en voyait la cause, non pas dan^ le meurtre de ce prince , mais dans $a mulilalion ; K^l itauT^ç }*ilti>* itatt Qjt'>iA^iiv, Sti. ^Ist. toti ^^aù.i\o^ Tu^^XeJîJîw o ïiXiûç T^uç eutTwa; dtîïiâaTç. , dil Théophanes : ob imporatoris excœcft- Uopem, M^îs il ne faut paj conclure de la ^ comm^ le fait Gi|»bou, que le fils d'Ir^îue yéç^ui encore plusieurs années,

L'état, la nature, la religion également offensés! Irène ne s'aveuglait point et jugeait, avec un disce^ nement calme et réfléchi, les embarras de sa condition. Elle tromperait et apaiserait le peuple peutêtre: le nombre de ses complices la rassurait contre ce danger, et il n'y avait plus de compétiteurs (1). Mais elle tournait avec inquiétude ses regards sur le roi franc : à quelle résolution s'arrêterait ce prince? Accorderait-il et reconnaîtrait-il son élévation? Ne voudrait-il point profiter de ces conjurations, si périlleuses pour elle, pour lui si précieuses et si favorables ? N allait-il point soulever l'Eglise d'occident et lui demander, comme autrefois, des excommunications et des anathêmes î Négligerait-il les causes présentes, si véritables et sî dangereuses, lui dont le zèle s'était montré si opiniâtre quand il n avait qu'un injuste et faible pjpétexte? Ne saisirait-il pas cette occasion d'acheter la conquête de l'Italie, et s'il le tentait, quelles ressources aurait-elle aux premiers jours d'un établissement si irrégulier et si incertain ; et s'il l'emportait, quelle honte pour elle, quel affaiblissement, quel danger ? Naples et la Calabre perdues , les Grecs humiliés souffriraient-ils plus longtems sa domination?

(i) Il y aurait eu les quatre frères de Léon Porphyrogénëtes , oncles de Coostaolio; mais ils étaient prêtres, et d'ailleurs mutilés : Tun, comme il a été déjà dit^ avait été privé de la vae, les autres avaient eu la langue coupée* Non contente de ces garap** tien, Irène, après la mort de son fils, les fit (ou9 moqrir.

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