II
reuses mères avaient mis en esclavage , ou pour réduire leur dette , ou pour Tacquitter.
Privée d'Ercfainoald , et mal convaincue de la fidé* lité de son successeur, Bathilde avait dû rechercher d'autres appuis et d'autres guides. Elle avait fait choix de deux hommes qui la secondaient à Penvi , et n'étaient point indignes de sa confiance ; différens par l'habileté , mais non par le zèle , et à qui la fortune réservait les mêmes malheurs. Le premier, neveu de cet évêque Didon, par qui Grimoald avait fait enlever Dagobert , portait le nom de Léodgar ; homme docte , pieux , sévère , persévérant , inflexible ; déjà censeur d'Ëbroin , bientôt son rival. Le second était évéque de Paris , et se nommait' Sigebrand ; homme irréprochable , si la faveur ne l'avait pas ébloui , et qu'il eût su conserver plus de gravité et de modestie.
Un événement déplorable contraignit Bathilde à souffrir l'éloignement de Léodgar. De scandaleuses divisions troublaient depuis deux ans la ville d'Âutun. L'ancien évêque était mort , et deux concurrens également opiniâtres se disputaient l'honneur de lui suc- ' céder. Le peuple se partageait ; les clercs eux-mêmes suivaient en nombre à peu près égal les deux factions. On s'était épuisé en représentations , en promesses , en menaces même ; toutes ces tentatives de concilialion avaient échoué. Il ne restait plus que la violence, et elle ne fut pas épargnée. Les compétiteurs se défièrent ; l'un d'eux succomba ; l'autre fut envoyé en exil. Ils disputaient lequel était le plus digne ; aucun ne l'était.