‹ Histoire des FrancsChapitre 105 sur 214 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

Il fallait un homme de vertu et d'autorité pour rétablir Fordre dans cette église si long* temps troublée. Bathilde jugea que Léodgar seul pouvait Fentreprendre , et. elle le fît évéque d'Autun. Mais le mal avait été si profond , qu'il ne pouvait plus être réparé que par une longue constance et par des efforts assidus. Le nouvel évéque ne s'éloignait point de la ville , où tant de soins et de devoirs l'attachaient. Pendant ce temps , la faveur de Sigebrand avait fait des progrès rapides. Trop présomptueux pour n'en user qu'avec discrétion , il avait imprudemment offensé beaucoup de leudes ^ et fourni à Ebroîn tous les prétextes que sa jalousie attendait. Les imprudences de ce favori furent si nombreuses, qu'il se forma aisément un puissant parti pour le renverser. Mais .quel. en serait le moyen ? On jugea moins difficile et plus sûr de s'en délivrer par un meurtre. En même temps Ebroîn , habile à retirer des événemens tout ce qu'ils pouvaient offrir et produire, se promit, si celui-ci succédait, d'en profiter aussitôt pour s'affranchir de l'importune autorité de la reine. Tout réussit ainsi qu'ils l'avaient préparé. Ils surprirent et tuèrent Sigebrand ; ensuite, et tout sanglans encore de ce meurtre, ils se présentèrent à Bathilde , et lui proposèrent de quitter le parlais du roi. La prudente reine en avait depuis long- .temps le dessein. Elle y consentit avec joie, et s'alla renfermer dans l'abbaye de Chelles, cachant et usant sa vie dans l'exercice de la plus austère piété. Ainsi triomphait Ebroîn; ainsi renversa-t-il les derniers obstacles qui retardaient encore son ambition.

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