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LIVRE IX

les choses changèrent; le parti de Perthartlhê fui vaincu , et ce prince alla chercher un asile sur le territoire des Awares.

Godebert donc eût règne; mais ce n'était pas pour autrui qu'avait vaincu Grimoald. La même défaite qui avait délivré Godebert de Pertharithie, le délivra lui-même de Godebert. Profitant sans ménagement et sans scrupule de l'ascendant que donne toujours une récente victoire, il séduisit ou effraya les Lombards, fit mourir le prince qui s'était imprudemment livré à sa foi, et prit pour lui la couronne, après Tavoir dé^ fendue. C'eût été trop peu ; car les droits de Perthariihe se fortifiaient par la mort même de son frère. MaisGrimoald n eut garde de l'oublier dans sa retraite, «t de lui laisser le temps d'obtenir l'intérêt et Tappui d'un peuple avide et entreprenant. Il envoya donc vers le roi des Awares, disant que ce roi choisit, où Texpulsionde Pertharithe, ou la guerreimmédiateàvec les Lombards. Ce qu'il espérait arriva : les Awares , mal préparés à la guerre, consentirent à l'expulsion.

Rejeté ainsi, et n'ayant plus d'appui ni d'asile^ Pertharithe, dans sa détresse, embrassa un étrange et téméraire dessein. Il se fia à un traître ; il livra sa vie au meurtrier de son frère ; il se remit courageusement en la puissance de son ennemi. Une seule garantie lui fut accordée : il reçut le serment de ce prince qui en avait déjà tant violé. /Grimoald, cependant, affecta d'abord d'y être fidèle : Pertharithe eut un palais, de suffisans revenus, une suite noinbreuse à Pavie. Mais les combinaisons du jeune prince se trouvèrent justes.

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et Ton put connaître bientôt que cette résolutioii, si aodacieuse, avait pourtant de probables et sages motifs. On s'émut à Pavie ; la présence du légitime successeur de leurs rois réveilla Torgueil et la générosité des Lombards. Ils accoururent et se pressèrent en foule dans ce palais, et le roi dépouillé retrouva d'assidus et affectueux courtisans.

Grimoald vit le péril et résolut de le prévenir. A moins d'un crime nouveau il allait perdre le fruit de ses autres crimes. Ses scrupules n'étaient pas si^ands qu'il pût hésiter. Il décida donc que Pertharithe mourrait, et, de peur que ce dessein ne se découvrit, il n'en différa l'exécution qu'autant qu'il était nécessaire ppur la préparer. C'était pour le jour suivant. Un festin serait offert, dans son palais même, à Pertharithe. De nombreux convives s'y assembleraient. Des vins précieux y seraient servis avec profusion. On aurait soin que la raison du prince se troublât, et quand la nuit serait avancée, que les convives auraient quitte le palais, que la victime dormirait de cet insurmontable sommeil qui suit et marque l'ivresse, on irait, on l'accablerait, on rétoufferait sans résistance et sans bruit.

Mais on ne pouvait éviter de livrer quelque partie au moins de cet infâme secret à des convives, et même à des serviteurs. Entre ces derniers, celui dont l'office était d'emplir la coupe du prince reçut mystérieusement l'ordre étrange de la présenter fréquemment et toujours ' pleine des vins les plus dangereux. Il se trouva que cet homme, ancien serviteur du vieux roi^

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