‹ Histoire des FrancsChapitre 109 sur 214 · LIVRE IX (eeo-eey · texte numérisé non relu

LIVRE IX (eeo-eey

corde; prit des chevaux qu'il trouva vaguant au bord du fossé ; parvint à Ast dès lu même nuit, puis à Turin, puis en France. Chose digne de louange, et qui n'a pas toujours été imitée ; Grimoald épargna ceux qui lui' avaient dérobé sa proie. 11 ne se vengea nr d'Hunulf ni du courageux serviteur. Il approuva au contraire et récompensa leur fidélité* Ce prince montrait plus de générosité ou de prévoyance que nen ont eu d'autres princes en des temps moins barbares et moins malheureux.

Pertharithe implora l'appui du roi d^Austrasie. Il réclama les traités , rappela l'alliance des Francs avec Aribert, représenta ses malheurs, annonça les Lombards fatigués du joug qu'on leur imposait. Wlfoald fut persuadé et promit la guerre. Une armée donc se rassembla en Provence. Les préparatifs achevés, on marcha, on passa les Alpes, on pénétra jusqu'à Ast. Aucun ennemi ne s'était encore fait voir ; il ne s'était point rencontré d'obstacles ni de résistance ; tout semblait annoncer de faciles et inévitables succès. Mais, comme on allait arriver à Ast, on fut averti enGn que Grimoald approchait . Les Francs s'arrêtèrent et dressèrent leurs tentes en ce lieu. Les Lombards, suivant leur exemple, campèrent aussi à une assez faible distance et se fortifièrent. Il se passa quelques jours néanmoins sads combat et sans mouvement. On s'observait des deux parts; on affectait de se ménager et d'attendre. Seulement on eût remarqué , chez les Francs, plus de sécurité et d'impatience, chez les Lombards , une plus grande apparence d'inquiétude

et d^bésitation. Bienlot cette hésitation se décela par des signes plus (réquenset plus manifestes. On s^açîtait au camp des Lombards ; ils ne paraissaient plus si arrêtés dans la position qu'ils avaient choisie, et tout faisait croire qu^ils avaient dessein d^én changer. Quelques progrès se firent encore dans ces démonstrations ou dans ce désordre; et tout-à-coup voilà que Tannée entière s'écrie , cherche ses armes et se précipite. Elle se hâte, elle court, elle se presse aux portes du camp. Le tumulte est partout; le trouble se montre dans les dispositions des chefs autant que dans Tempressement des soldats. On dirait le péril le plus imminent. Nul n'a songé, ni aux approvisionnemens ni aux bagages ; à peine si Ton est arrâé. Au lieu d'une vague inquiétude, c'est de la peur ; au lieu d'une retraite, une fuite.

La nuit la favorisait. Au lever du jour, quand les Francs apprirent en quel état était le camp ennemi, ils y accoururent. Le butin qui s'offrait ét^it abondant, les outres de vin en un nombre immense. Â cette vue toute idée d'aller à la poursuite des Lombards se perdit. On n'eut plus d'autre volonté que du pillage et de la débauthe. Le jour entier se passa dans les plus effroyables excès, et quand il finit, rassasiée de viande et de vin, toute cette armée était ivre. Griinoald l'avait espéré; car sa fuite et sa peur n'étaient pas sérieuses. Informé de l'heureux succès de son stratagèrocj ^itôt la nuit revenue, il se remit en chemin. Sa marche était silencieuse, mais rapide; en quelques heures, il se retrouva aux portes du camp.

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