‹ Histoire des FrancsChapitre 110 sur 214 · LIVRE ÏX · texte numérisé non relu

LIVRE ÏX

Alors, un cri prolongé et répété par toute l'armée annonça aux Francs sa présence. C'était le signal ; signal de massacre et non de combat; car lès malheureux soldats de Pertharithe, engourdis par Tivresse et par le sommeil, n'avaient ni courage ni force, et ne pouvaient ni se défendre ni fuir. Ceux qui moururent, ne sau* raient être comptés ; on compterait plus facilement ceux qui échappèrent. Peu de victoires furent plus complètes; peu aussi furent plus faciles et moins dis^ putées. Mais la gloire seule manquait aux avantages qu'en recueillit Grimoald; car il ne lui resta plus d'ennemis. Pertharithelui-même repassa les Alpes, et la couronne qui lui était due parut affermie sur le front du traître puissant et victorieux.

D'autres malheurs devaient encore éprouver Pertharithe. Quand il se fut passé quelque temps , Grimoald offrit la paix au roi d'Austrasie. Mais la condi*tion en était, comme autrefois avec le roi des Awares, qu'on cesserait de donner asile au prince vaincu. Wlfoald n'administrait plus alors ce royaume : toute honteuse qu'était la condition, on s'y résigna, etPertharithe alla demander aux Saxons d'Angleterre la pitié qu'il ne trouvait plus chez les Francs.

Toutefois un jour vint ; Grimoald mourut. Son fils tenta de régner ; ce fut vainement. Les Lombards se ressouvinrent enfin de Pertharithe; l'exil de ce généreux prince finit ; la couronne revint à qui devait la porter. L'usurpation , comme on l'a vu quelquefois , avait été heureuse, mais viagère^ Le crime, stérile héritage, n'eut point de fruits pour la race du spoliateur.

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