CHAPITRE VIII
EBVOLUTÏON DE NEtTSTRIE (670-673).
Délivré enfin de Timportune inflexibilité de Bathilde, Ebroïn marchait ouvertement à la tyrannie où il aspirait. Lies lois ne lui étaient plus que des instrumens^ jamais un obstacle:. la justice ne se distribuait plus selon le bon droit, mais suivant le prix que Ton y mettait : c'était un marché. Nul ne se pouvait croire aâsuré de préserver ce qu'il possédait; tant était grande et hardie la cupidité de ce nouveau maître. Personne, même entre les leudes, ne se pouvait dire exempt de péril ; tant la mort était prompte à venger ses moindres olïenses. On né connaissait plus de règle pour les impôts , ni de mesure. Il les changeait , les élevait et le$ multipliait k son gré, disant qu'il n'était pas bon que le peuple payât si peu, et qu'il le fallait tenir pauvre, pour l'avoir docile. La crainte était l'unique ressort de ce pouvoir monstrueux, et aussi avait-il soin qu'elle n'eut aucun sujet de se ralentir.
Cependant on murmurait et on s'agitait en Bourgogne. Peut-être la dure oppression d'Ebroïn excitait-elle à rechercher les moyens dé s'en affranchir, et peut-être le souvenir mal effacé de Flaochat faisait-il croire facile d'obtenir, comme on l'avait eu de son temps, un second maire du palais pour ce royaume^. Léodgar, d'ailleurs, ne s'était point réconcilié avec