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LIVRE IX (670^673). 38t

son ancien ennemi. Enfermé dans sa ville épiscôpale d^Autun, il y bravait et déplorait également toutes ces violences. Le premier parmi les. évéques de Bourgogne, par ses vertus et par sa science, le premier encore parmi les leudes, par la noblesse de son extraclion , TinQuence qu^il exerçait sur eux était puissante, et il était peu vraisemblable qu'il la fît servir à l'affermissement d'une domination qu^il désapprouvait. Ebroïn ne l'ignorait pas ; aussi commença-t-il, dès ce temps, à dresser des embûches au saint évêque^ et à combiner des. prétextes pour provoquer sa déposition. Mais de plus pressans intérêts lui survinrent presque aussitôt, qui l'entraînèrent à de plus décisives mesures. L'irritation des esprits faisait de rapides progrès en Bourgogne; des vengeances isolées n'y sufiGsaient plus. On n'avait plus seulement à se défendre de la sourde contradiction d'un leude ou d^un évêque , mais de l'éclatante inimitié de tous. Il semble même, à en juger par les dangereuses précautions d'Ebroin , que d'importantes résolutions eussent été déjà arrêtées ; car unédit fut précipitammen^t proclamé, si étrange, si rigoureux, si téméraire , qu'une extrême nécessité pouvait seule, sinon le justitier, au moins l'expliquer. Il était interdit à tous les évéques et à tous les leudes de la Boui^ogne, d'approcher des palais où serait le roi. Un ordre formel pourrait seul dispenser de l'interdiction. C'était une grave atteinte aux prérogatives des nobles, un profond changement dans l'Etat, une injurieuse exclusion des provinces dont la soumission était la plus récente et la plus dou-

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leuse, une Tiolence qui en appelait et pronaettait d^autres, UQ progrès immense hors des antiques limites de la puissance des rois.

Cet édit était li peine annoncé , une Bèvre aiguë attaqua Chlotaire j et quoique ce prince n'eût guère plus de vingt ans, il y succon^ba (1). Roi sans souvenir et sans nom ; roi sans action et sans règne ; roi qui le fut peut-être encore moins que son père ne Favait été. Il ne laissait point de fils pour lui succéder ; ce droit semblait échoir à Théodoric/ Ebroln n'eut garde de s'élever contre lut ; son espérance, élait au contraire, qu'il lui aiderait à perpétuer son propre pouvoir. Mais les renouvellemens de règne étaient dangereux pour les maires du palais , en Neustrie ; car ils rendaient nécessaire le renouvellement de leur élection. On n'avait pas encore imité dans ce royaume la faute commise en Bourgogne avec Wamachaire. Il eût donc fallu obtenir les suffrages des leudes, puisque les maires du palais, ne s'établissaient qu'avec ieur assen-

(i) -Le premier contînaatear de Frëdegaîre et Mézerai n'accordent que quatre années de règne à Qilotaire III. Velly lui en donne quatone. Hénault fait le même calcul que Velly.

Cependant il s'est conservé une concession de privilège faite par l'évêque Bertefred à l'abbaye de Corbie. Cet acte est daté du mois de septembre de la septième anuée du régne de Chlotaire. ( Hieron, Bignani notœ ad Marculfum,)

On a aussi une sentence rendue par ce prince en faveur de Tabbajre de SaintrBenin, au mois de novembre de la huitième année de son règne. {Eûd€m.)

Il y a enfin un autre acte, relatif à l'église de Notre-Dame-de-Birague, lequel a la date de la seizième année du même règne. (Dissert, de OéM^UbeuJ),

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