‹ Histoire des FrancsChapitre 117 sur 214 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

TabusiTe confusion des lois, et garantir à chacun la protection ide celles qui appartenaient à «sa nation* On rétablit Fancienne règle de n'accorder le gouvernement des provinces qu'a des chefs choisis dans le royaume même duquel elles dépendaient. On créa des régies nouvelles pour la distribution des emplois, et Fél^vation graduelle de ceux qui y aspiraient. On imposa quelques limites à l'autorité des maires du palais , croyant ces vaines précautions assez fortes pour prévenir le retour de la tyrannie qu'Ebroïn avait exercée.

Les commencemens furent faciles et paisibles.' Léodgar était tout-puissant ; personne n'eût osé s'élever contre ses conseils; ce qui restait de la faction d'Ebroïn déguisait avec habileté ses ressentimens ; les chefs venus d'Austrasie avec Childéric différaient encore de disputer à cqux de Bourgogne leur ascendant et leur influence. Mais il se fit par degrés de pernicieux changemens. Léodgar, prêtre sévère, et tirailleurs homme de prévoyance et de foi, s'obstinait dans l'exécution des promesses qui avaient ouvert a Childéric la Neustrie. Ce prince au contraire , imprudent et faible , n'imaginant plus que sa puissance pût être ébranlée , s'irritait qu'on prétendît encore la borner. Dominé par des penchans vicieux, ses déréglemens l'exposaient à de. fâcheuses censures. L'évèqùe effrayé ne ménageait pas les reproches , et cette inflexibilité généreuse n'avait d'autre effet que de le rendre plus importun , et d'affaiblir de plus en plus son autorité. Les habitudes contractées par Childéric,

gers de PeTéque ; car il fît mieux comprendre à ses ennemis la nécessité d'une prompte et absolue disgrâce. On y travailla donc sans ménagement, les uns par des insinuations détournées , les autres par d'insidieuses afTectations de doute et de crainte , d'autres, plus hardis , par de formelles accusations. On préparait le roi à la crédulité par la méfiance ; on remplissait ce faible esprit de soupçons , afin de le disposer insensiblement à ne repousser aucune imposture. Jusque-là , quoique profondément offensé du rang subalterne où il était réduit en Neustrie, Wlfoald, dissimulant ses regrets , s'était en apparence abstenu de prendre parti dans ces divisions ; mais alors , jugeant l'occasion opportune, il cessa de feindre, et se déclara. C'était une importante conquête 'pour les ennemis de l'évêque. Aussi , pénétrés désormais de sécurité et de confiance , les plus révoltantes suppositions leur parurent faciles h faire adopter, les plus téméraires tentatives, infaillibles. Ni le caractère religieux de Léodgar, ni les services éclatans qu'il avait rendus, ni cette élévation de Childénc enfin qui était son ouvrage , ne furent plus pour eux des obstacles. Us osèrent, quelque invraisemblance qu'il pût y, avoir, tout ce qui leur parut nécessaire pour obtenir la mort de leur ennemi. Ils osèrent lui attribuer le dessein de détruire ràutorité souveraine, et de renverser ce même roi qu'il avait créé.

(Tétait l'usage , en ce temps , que les évêques invitassent les rois à venir célébrer la Pâque dans leur église. Léodgar en avait fait la prière à Childéric , et

Page 1