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LITRE X

déplaisir en possession de Tiiuportant évêché d'York. A son tour, Wilfrîd, donl l'ame avait de Ténergie et de la fierté, montrait peu d^empressement à seconder les desseihs d'un prince qu'il accusait des malheurs d'Alfred; Le nouveau roi, à qui ces refus répétés inspiraient de jour en jour plus de méfiance, en vint bientôt à ce point de craindre qu'il importât à sa sûreté d'éloigner de lui un censeur si accrédité et si opi<niâtre. Il rechercha les moyens de provoquer sa déposition.

Pendant qu'il méditait ce dessein, arriva dans le Northumberland l'archevêque de Cantorbéry. C'était Théodore, moine grec^ venu de la Cilicie, homme de savoir et d'habileté., mais d'ambilion et d'orgueil. L'Angleterre n'avait point alors d'autre archevêque, et la prétention de Théodore était d'envelopper dans sa juridiction canonique tous les sièges épiscopaux de l'heptarchie. Quand il eut entendu les • plaintes d'Egfrid, bien loin de les contester, il résolut et promit de les satisfaire. Le désir de flatter la haine du roi n'était pas le seul motif qui l'y excitât. Il craignait aussi pour lui-même l'esprit inflexible et entreprenant de Wilfrid. Car, au temps de Paulin, précédent archevêque de Cantorbéry, le siège d'York avait été un moment érigé en archevêché , et quoiqu'on l'eût fait ensuite déchoir de ce rang, il était peu vraisemblable que Wilfrid n'aspirât pas à l'y rétablir.

Profitant donc de l'heureuse occasion qui s'offrait à lui, Théodore, quoiqu'il affectât de condescendre seulement aux craintes du roi , obéit surtout à celles

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dont il était lui même troublé, et prononça précipitamment la déposition de Wilfrid. Il 6t même plus, et non content d'avoir écarté le rival habile dont il redoutait Tinfluonce et la fermeté, voulant ôter jusqu'au prétexte que pourrait fournir le vaste et important territoire de ré{][lise dTork, il persuada à Egfrid de le diviser et d'y constituer trois diocèses. Mais Wilfrid, qu'on avait même refusé d'entendre, n'était pas d'une humeur si humble qu'il pût se soumettre aisément à des condamnations si évidemment abusives. Il avait servi d'ailleurs avec zèle l'église romaine, dans le concile de Whilbv, et il se flattait, non sans vraisemblance, que le pape accueillerait avec faveur ses réclamations. Il prit donc, et annonça le dessein- d'aller lui-même déférera Rome la conduite et le jugement de Théodore. Celui-ci en fut effrayé, et, pour prévenir . les dangereux effets de cette détermination, il eut recours tout ensemble à des précautions publiques et justes, et à d'autres actes plus secrets et moins l^itimes. 11 Ht choix d'un moine exercé aux affaires, et l'envoya h Rome pour qu'il y justifiât la condamnation de Wilfrid. Mais en même temps, sachant que l'évêque devait prendre son .chemin par la France , U écrivit au maire du palais de Neustrie, lui demandant de le retenir, et de l'empêcher, à tout prix, d'aller plus avant. Wilfrid eut quelque soupçon de cette trahison de Théodore. Aussi changea-t-il de route; mais, pendant qu'il faisait effort pour éviter les câtes de France, les vents Fentrainèrent, et il aborda dans la Frise. Ëbroïo (car c'était lui que les récentes

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