‹ Histoire des FrancsChapitre 124 sur 214 · LIVRE X (673-679). Ht · texte numérisé non relu

LIVRE X (673-679). Ht

révolutions de la Neuslrie avaient fait de. nouveau: maire du palais), Ebroïn, irrité que l'évoque ae fut dérobé au piège où il Tattendait, envoya au duc qui commandait dans la Frisci pour lui enjoindre de se saisir de lui et de le tuer. Adalgise, c'était le nom d$ ce duc, rejeta avec horreur Finfâme proposition d'E« broïn. A son tour, Dagobert, averti des périls doni Wilfrid était menacé, se bâta d'intercéder auprès d^A* dalgise, pour Ten garantir. Il lappéla en Austrasie, lui prodigua ies plus éclatans témoignages de recon-' naissance, lui voulut donner le riche évêché de Stras-* bourg, et quand il eut vu que rien ne le pourrait dé^ tourner de ce qu'il avait entrepris, il ût du moins tout ce qui était en sa puissance pour le succès et la su'' reté du voyage où il s'obslinait. Le succès fut complet à Rome ; car le pape Agathon fit convoquer un syr node qui décréta la réintégration de Wilfrid. Mais en} Angleterre les résultats furent moins heureux; li roi de Northumberland refusa de consentir au décreti et fit même jeter Wilfrid en prison.

Il j3e pouvait plus espérer alors les secours duaroî d'Austrasie. Ce prince dont la fortune avait si tnerveilleusement favorisé le retour au trône, venait d'éprouver à son tour ce que tant d'autres exemples justifient, qu'on s y élève plus facilement qu'on ne s'y maintient. Dès que les troubles de la Neuslrie furent apaisés, et que le soin de leur propre conservation ne détourna plus l'attention de ceux qui avaient envahi l'autorité dans ce royaume, leurs efforts, comme il était naturel , se dirigèrent contre l'Austra-

sie. Ils ne pouvaient souffrir que le roi par qui ils ré« gnaient eut moins de puissance que celui dont ils lui avaient fait prendre la place, ni que Dagobert s^affranchit impunément du traité que lui avait imposé Childéric. Ils se mirent donc en guerre avec lui. Mais incertains du succès , ils y voulurent employer encore d'autres moyens. Fidèle imitateur des exemples qu'avait laissés Frédegonde , Ebroïn s'était ménagé dès long-temps de nombreuses intelligences en Aus« trasie; il s'y formait un parti. Outre cela, les leudes de la faction des Pépin et des Grimoald ne se pouvaient croire en sûreté sous la domination d'un prince qu'ils avaient frauduleusement exclu et banni. Ces deux factions , quoique opposées quant à lexercice de la puissance , se réunissaient cependant dans une haine égale et commune contre Dagobert. Elles conspirèrent, et la mort jurée du roi fuit le lien de leur fragile alliance. La guerre eût pu affermir ce prince; le meurtre, plus sûr et plus prompt que la guerre, le précipita. Un jour, qu'il chassait dans la forêt de Yoivre, les conjurés le surprirent et le tuèrent. Il avait eu un fils de la rdne Mathilde, lequel portait le nom de son aieul Sigebert. Quelques-uns ont dit que ce jeune prince était mort un peu de temps avant son père ; d'autres, qu'il périt le même jour et de la même manière que lui.

Page 1