‹ Histoire des FrancsChapitre 126 sur 214 · LIVRE X (673). ' 2Ô · texte numérisé non relu

LIVRE X (673). ' 2Ô

sage; dont le cœur toutefois eut quelques mouvemens d'ambition et de Tolonté; msûs à qui cette agitation , toute d'accident «t de colère , fut plus fatale encore , qu'à d'autres leur docilité et leur indolence.

Les jours qui suivirent furent des jours de désolation* La crainte était partout , partout la confusion et la violence. Aucune loi que la force , aucune sauvegarde que l'obscurité ; vingt pouvoirs rivaux, et point de pouvoir» Les provinces étaient comme autant d'Etals isolés et libres, dont les gouverneurs se faisaient la guerre, ainsi que le voulaient leurs haines, leur rapacité, leur ambition. Les bannis, chassés de Neustrie après la condamnation d'Ebroïn , revenaient en foule, animés d'une grande ardeur de vengeance, et maudissant l'évêque d'Autun, qu'ils accusaient de tous leurs malheurs. Il était facile de juger que, par la mort de Childéric et par la fuite de Wlfoald, avait été dissipée la faction d'Austrasie, et que la lutte allait s'engager de nouveau entre les deux anciennes factions d'Ebroïn et de Léodgar.

Au moment où se tramait le complot par qui de^ vait être renversé Childéric, ce prince, revenant à sa première résolution contre l'évêque, avait envoyé deux ducs à Luxeuil, pour le retirer du monastère et le ramener devant lui. On dit même qu'un de leurs serviteurs avait ordre de le tuer dès qu'il serait hors de l'abbaye , mais qu'à l'aspect du saint prêtre , il se troubla , confessa le crime , et perdit la force de l'exécuter. Léodgar était déjà au pouvoir des ducs, quand arriva la nouvelle de la mort du roi. Cet événement,

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dont les résultats étaient faciles a prévoir, changea aussitôt les relations et les intérêts du prisonnier et de ses gardes. Le moment eût été mal choisi pour sacrifier, aux tardives méfiances de Childéric mort, une victime qui aurait maintenant tant de vengeurs. Les ducs prirent un plus sage dessein. D'ennemis qu'ils avaient été de Tévêque, ils se firent ses serviteurs empressés et ses défenseurs. Tout ce qu'ils avaient de parens , d'amis , de soldats , se réunit pour le suivre, et n'obéit plus qu'à lui seul. D'autres secours aussi arrivèrent , et en quelques jours ce proscrit , voué au supplice , eut presque une armée.

Une pareille fortune allait dans le même temps solliciter l'ambition d'Ebroîn. Ses amis et ses serviteurs couraient à Luxeuii. Les exilés , revenus d'Austrasie, y couraient comme eux. Encouragé par le nombre, il reprit toutes ses anciennes espérances , quitta l'abbaye , rejota l'habit de moine dont on l'avait contraint de se vêtir, et se mit précipitamment en chemin pour se saisir, s'il en était encore temps , de la personne et de la puissance de Théodoric. Car ce prince , à qui son frère avait succédé , lui allait succéder aussi à son tour.

Léodgar n'avait pas lui-même d'autres vues. Ils suivaient donc le même chemin, et, à quelque distance de la ville d'Autun , ils se rencontrèrent. Ebroïnquî, pendant qu'ils étaient captifs à Luxeuii , avait affecté de se réconcilier avec son rival, ne laissa point, croyant l'occasion favorable , de délibérer avec ses amis s^ils n'essaieraient pas de le surprendre et do

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