‹ Histoire des FrancsChapitre 135 sur 214 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

de mort fut expédié à Chrodobert , et de peur que le souvenir de tant de souffrances et de pieté n^excitât le peuple à rendre à ces tristes restes les dévotieux hommages qu'il rend aux martyrs , Ebroîn prescrivait de jeter secrètement le cadavre dans quelque puits écarté, de recouvrir le puits d'un amas de pierres, d'ensevelir enfin la sépulture même de son ennemi.

Mais ces dernières instructions furent négligées. Chrodobert^ qui ne se résignait qu^avec peine à faire mourir Léodgar, jugea que c'était assez de soumission. Sa femme, chrétienne fidèle, déroba pendant la nuit la sainte dépouille, et l'allai^acher dans Toratoire d'une maison qu'elle avait à Serein. Il s'écoula peu de temps ; Ebroîn tomba à son tour. Alors les églises de Poitiers , d' Arras et d' Autun, se disputèrent ces précieuses reliques. On prit pour juge le sort, et ce fut Poitiers qu'il favorisa. La translation se fit avec une pompe inconnue. . Un immense concours de chré-» tiens inondait la route, et S3 pressait autour du cer* cueil. Une riche basilique fut élevée pour en garder le dépôt* On dit que de nombreux miracles y éclatèrent , et que le peuple , vivement ému , répétait avec admiration ces pieux récits. Léodgar triomphait dans la mort; son persécuteur n'y avait trouvé que l'opprobre.

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