II
Il y eût difficilemeDt réussi avec Ebroïn. Avec Warandon, il n^eut pas même besoin de grands succès militaires. On ne cite aucune défaite qui eût réduit la Neustrie à Thumiliante nécessité d'acheter la paix à ce prix. L'incurie du prince, l'esprit irrésolu du ministre, les divisions et les jalousies des leudes firent toute la fortune de Pépin. Ce n'était déjà plus de la souveraineté des rois qu'il était question ; mais des maires du palais et de leur puissance. Il était question si, dans le vaste empire des Francs, il n'y aurait qu'un seul maire du palais ou plusieurs. Or Warandon accordait que c'était assez, quant à lui, de la Bourgogne et de la Neustrie.
11 renonça donc à la guerre, et fît un traité, chose inexplicable, pour abandonner volontairement tout ce qu'il plaisait à Pépin d'usurper sur Théodoric. La succession de Dagobert était délaissée. La séparation, l'affranchissement, la dignité, la puissance, rien ne serait plus disputé à Pépin. On absolvait sa révolte, on l'avouait légitime prince, on lui donnait l'Austrasie(l). -
Mais pour s'être ainsi délivré de Pépin, Warandon ne demeura point sans embarras et sans ennemis. Tout persuade même, tant ces leudes de Neustrie
(i) €e traité de 'Warandon n^a pas été remarqué* Comment cela s'est« il fait? C'est lui cependant qui ti constitué la souveraineté des Pépin. Jusque-là ils n'étaient que des rebelles. Depuis ce jour, ils furent princes, et reconnus tels. Ils devinrent égaux à leurs rois, en attendant qu'ils achevassent de les supplanter. Le traité de Waraqdon est Pacte le pliis insensé, le plus critnininel, le plus considérable de ce temps.