‹ Histoire des FrancsChapitre 149 sur 214 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

plus dangereux et les plus fréquens furent soumis à une répression plus active et plus efficace. Par un bonheur que n^éprouvent pas toujours les peuples vaincus, le bien de TEtat se confondait avec Tintérêl du vainqueur, et celui-ci, prévoyant et sage, n'eut pas l'imprudence de le méconnaître.

Pépin avait déjà beaucoup fait pour sa sûreté. Toutefois, il reconnut qu'une domination nouvelle et presque étrangère demandait , chez un peuple inculte et guerrier, d'autres appuis que de justes lois. Il résolut donc d'en rechercher de nouveaux, et d'occuper par des expéditions éloignées, cette inquiétude généreuse qui menaçait incessamment l'ordre intérieur . Les Frisons étaient tributaires des Francs. Mais à la faveur des troubles qui suivirent, en Neustri.e et en Âustrasie, les meurtres de Dagobert II et de Childéricj Adalgise, chef de ce peuple, lui avait rendu son indépendance. Radbod, fils et successeur d^ Adalgise , avait embrassé le même dessein, et persistait à refuser le tribut. Ge fut lui que choisît Pépin pour détourner les regrets et le courage des Francs. 11 assembla les leudes de la Neustrie, leur représenta le danger de souffrir l'insolente témérité de ces barbares , souleva leur orgueil, flatta leur aventureuse ardeur de guerre et de gloire, nia qu'il fût sage de laisser à l'Austrasie les avantages ou les embarras de celte entreprise, obtint enfin ou surprit leur assentiment.

. A peine la délibération achevée , Pépin en commence déjà l'exécution. On demande à la Neustrie et à la Bourgogne tous leurs soldats; mais c'est en Aus-

su HISTOIRE DES FftiLNOS.

trasie qu^on les réunit ; ce n^est que U qu^on teut souffrir une armée» En in^e temps, car cette guerre en est un favorable prétexte, on tratisporte à Metz tous les trésors des deux autres royaumes* On entraîne tout avec soi. On ne laissera ni or^ ni soldats au^ vieux serviteurs de Théodoric, pour les dcsseifis qu'ils pourraient tenter pendant qu'on serait engagé au loin avec les Frisops«

Ceux-ci toutefois ne s^effrayaient point. Itistruits des préparatifs des Francs, ils firent les leurs. Ensuite ils marchèrent, et bien loin de craindre l'attaque , ce fut par eux qu'elle commença. Mais leur habileté ou leur constance ne répondirent pas à leur audace. Ils furent défaits dans une grande bataille, et réduits à re* prendre le joug qu'ils avaient généreusement rejeté. On demanda le tribut^, et ils le promirent ; on exigea des otages, et ils en donnèrent. Ils subirent, non cependant sans regret et sans espérance , toutes les conditions qu'on leur imposa.

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