LIVRE XI
malheui^s , quoiqu'il y eût eu de la gloireé Ebroln ^ Léod^r, Gislemar, Berlhaire, Pépin, sont les vrais rois de ce règne. Théodoric avait eu trois fils : Chlo* vis, Childébert et Chlotaire. Les deux derniers, en^* core en bas âge, furent négligés par Pépin. Il lui suffisait de Chlovis poui* la Neustrie; quaiit à TAustrasié, il n'avait nul dessein de s'en dépouiller.
Ce fut donc Chlovis III, sous le nom duquel, après la tnort de Théodoric , Pépin perpétua sa domination dans la Neustrie et dans la Bourgogne. Maid ce prince, de complexion infirme et débile, ne larda pas à suivre son père. Il périt après avoir langui quatre années sur ce trône qu'il n'occupait point. Sa vie , qu'aucun événement n'avait sîgiialée , s'éteignit sans que ce fût non plus un événement. En la place où on l'avait mis, fut mis à son tour le plus âgé de ses frères. Un nom nouveau dut être donné au roi de Weuslrie. Au lieu de Chlovis , c'était Childebert : il n'y avait point d'autre changement.
Pépin, fidèle au système dont il avait déjà éprouvé * lés heureux effets, fatiguait' en d^interininables guerres, l'orgueil et le courage des Francs. Il les rendait dociles à force de gloire, et triomphait d'eux par leurs triomphes. Les Wisigoths, les Frisons, les Allemands, les Suèves, furent tour u tour les victimes et les instrumens de sa politique. Quel prétexte eut-il d'assaillir les Golhs? Il serait difficile de le pénétrer. Combien dura , et comment finit celte guerre? On le cherche inutilement. Mieux informé pour celle des Allemands et des Suèves , on sait au moins , quoique
d'une manière encore imparfaite , que deâ tribute refusés en étaient la eauâe, et que de sanglantes victoires en furent le fruit. Trois fois ces peuples vaincus renouvelèrent leur révolte ; et trois fois Pépin , menacé , fut contraint de recommencer à les vaincre. Ainsi Grent aussi les Frisons. Lassés de la paix qu'ils avaient si chèrement achetée, ils v renoncèrent. Les Francs accoururent. Les deux armées combattirent de nouveau à Duestedern, et de nouveau Pépin l'emporta. Le nombre des morts fut prodigieux du côté des Frisons, et leur soumission, trop bien garantie par r.énormité de leurs pertes , promit d'avoir cette fois plus de sincérité et de durée.
On prit d'ailleurs pour la maintenir de meilleures et plus efficaces sûretés que ne pouvaient être les otages. La première fut d'arracher ce peuple à l'idolâtrie, et de resserrer, par une communauté de croyances , les nouveaux liens formés entre lui et ses alliés. On lui envoya des prêtres chrétiens , dont les prédications furent en effet fructueuses. La foule accueillit avec empressement et docilité les consolantes vérités de la religion du pauvre. Les chefs cependant s'obstinèrent, ne voulant pas, disaient-ils, renier leurs pères en reniant les dieux qu'ils leur avaient enseignés.
La seconde sûreté que voulut Pépin fut qu'une alliance domestique entre les deux princes scellât l'alliance politique des deux nations. Ce duc avait autrefois épousé Plectrude, illustre, habile, courageuse femme ; digne de lui par la noblesse de l'ame et du