‹ Histoire des FrancsChapitre 165 sur 214 · EUDES · texte numérisé non relu

EUDES

On était dans la consternation en Neustrie. Les dernières actions de Charles découvraient ses desseins et doublaient ses forces. On allait être infailliblement attaqué , et tant de pertes si récemment essuyées laissaient peu de ressources pour une résistance fructueuse. Les Saxons ne secondaient plus*, Radbod, incertain, imitait leur inaction. Il fallait périr, ou subir les conditions de Cambrai, ou solliciter de nouveaux auxiliaires. Raganfried , dont Tactivilé ne se lassait pas, en obtint.

Les Gascons avaient dans ce temps un chef entreprenant et habile* Eudes était son nom. Docile et dissimulé sous Pépin , il n'avait pas laissé d'endormir la vigilance du duc, et de reculer progressivement les premières limites de sa puissance. Mais lorsque vint le gouvernement de Plectrude, et après lui les longues dissensions qui suivirent, cessant de craindre et

(i) Od a préleodu que Eudes était fils d'un second fils de Gharibert , roi d'Aquitaine, auquel Dagobert aurait laissé la vie, après Pavoir ôlée au premier;

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dédaignant de se déguiser, il envahit tout-k-coup et ouverlemcnt de vastes portions de territoire. Bordeaux était tombé dans ses mains , et franchissant même la Garonne , oh eût dit qu'affectant Tancienne domination d'Alaric, il prétendait, comme lui, ne reconnaître que la Loire pour frontière.

Si Chilpéric eut triomphé des Austrasiens, son premier soiu, après la victoire, eût été infailliblement de tourner toutes ses forces contre les Gascons. Mais dans sa détresse présente , ces rebelles , qu'il eût voulu châtier, lui pouvaient être un dernier appui. Le devait-il repousser, quand la fortune ne lui en laissait aucun autre? Il se soumit à la nécessité qui le contraignait. Il se résigna , et des deux ennemis qui s'acharnaient d'une ardeur égale à le dépouiller, il choisit le moins dangereux pour s'en faire, s'il se pouvait, un ami.

Des envoyés partirent donc par son ordre, et allèrent, au lieu de menaces, porter des prières au duc des Gascons. Ils imploraient son secours ; ils le pressaient de joindre son armée à celle des Neustriens pour résister aux efforts de Charles ; ils le lui montraient l'allant chercher et vaincre lui-même après que Chilpéric serait accablé. Us offraient d'ailleurs de nombreux et riches présens, et ce qui était plus précieux encore et plus décisif, ils accordaient , au nom du roi de Neustrie, que le duc possédât désormais, à titre de souveraineté, l'Aquitaine (1).

(i) Voici le texte du ccntitiunteur de Fi'éde{|;aire : r Ghilpericus itaque

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