CHAPITRE VI
BATAILLE DE DOKMELLE (601) (2).
Celte révolution d'Âustrasie était un immense sucrées pour Chiotaire. Non-seulement elle séparait les deux royaumes et permettait .d'espérer qu'ils ne se
(i) Cujus sœcularis dignitas tanta extîtit^ uteî nemo tiio temporê^ quamvis potentisiimus y ex œquo se conferre polueHt» (Histoire d&t évéques d'Auzerre, citée par le P. Daniel et par le P. Leçointe.)
Gaillard, qui ad metlralt volontiers le merveilleux récit d Ayrnoin et de Frédegalre, avoue toutefois que cette objection est un peu embarrassante. Il rie laisse pas néanmoins de disputer avec elle, mais par des assertions si frivoles, qu'il la fortifie plutôt quM-ne laffaiblit. ( Mémoire sur Fré* degonde et sur Brunehault.)
(2) Le président Hénault place les deux batailles de Dormelle et d'E« tampes dans les années Goo et 604. Cepelidant Frédegaire dit qu'elles furent livrées, l'une la cinquième, et l'autre la neuvième année du règne de Théodoric. Or Gootran mourut le 28 mars B\)3 , et Childebert dans la quatrième année de son avènement au trône de fiourgogno. Le règne de Théodoric ne commença donc vraisemblablement que dans la dernière moitié de Tannée 596. C'est pourquoi il m*a paru plus probable que ces batailles se donnèrent en 601 et 6o5. 11 faudrait bien presser les événemen^, pour leur trouver place en 600 et en 604 • Il faudrait que Childebert) de qui Frédegaire rapporte qu'il mourut dans la quatrième année de SO0 règne en Uourgogne, fût mort tout au commcncemebt de cette quatrième année. L'biyer n'était pas utio saison de guerre en ce temps.
réuniraient plus contre lui ; mais encore il était à croire qu'elle y allumerait de longues guerres dont il proG« terait à son gré, soit pour se maintenir en repos, soit pour faire acheter sa neutralité ou son alliance , soit pour exercer l'imposant et favorable office de médiateur. ^
Brunehault en effet avait de nombreuses injures à venger. Réduite maintenant à la seule régence 4e Bourgogne, il n'était pas facile de se persuader qu'elle se résignât à ce partage. Quelle apparence, altière et implacable comme elle Tétait, qu'elle voulût laisser impunies les violences des grands, les lâchetés de son petit-fils, l'insolente ingratitude de Bilichilde , misé* rable esclave qu'elle avait autrefois rachetée, et qui, depuis entrée dans le lit du rof, n'avait pas craint de â'élever contre elle et de la trahir? Quelle autre pensée pouvait-elle avoir que de faire servir ce qui lui restait de puissance à la recouvrance de ce qu'elle en avait perdu?
L'événement toutefois ne justifia ces calculs qu'imparfaitement et bien tard* Ebranlée en Bourgogne même par son éclatante chute en Austrasie , Brunehault reconnut qu'il lui était nécessaire de temporiser. Ni les leudes de Théodoric^he montraient d'ardeur pour sa querelle, ni Tesprit de ce jeune prince n'était encore préparé pour une guerre contre son frère. D'autres craintes aussi l'arrêtaient. Incertaine entre Théodebert et Chlotaire, par laquelle de ces deux vengeances commencerait-elle? Du rang qui leur serait assigné , dépendait peut-être l'heureux ou mal?