NOUVELLES GUERRES
Charles , héritier des grands desseins de son père, en avait également recueilli les sages leçons. Elevé comnie lui par la guerre, c'était par elle qu'il entendait s'affermir et se préserver. L'indocilité des Francs inquiétait son ambition; mais il aurait des combats pour occuper leur courage , et de la gloire pour enivrer leur orgueil. Les ennemis ne manqueraient pas, non plus que les occasions et les prétextes. Les Allemands , les Saxons , les Frisons , les Bavarois , les Suèves , les Gascons eux-mêmes s'offriraient tour à tour à sa politique ou à sa vengeance* Mais auparavant , un soin plus pressant lappelait; un ennemi domestique lui était resté, qui s'obstinait seul, e(avec succès, dans sa résistance.
Cet ennemi, était Raganfried. Plus heureux ou moins confiant que Chilpéric, il s'était habilement dérobé aux pièges de Eudes, et, demeuré libre, il faisait un courageux usage de sa liberté. L'Anjou reconnaissait encore son pouvoir. 11 y avait des villes, un camp , une ombre d'armée. 11 disputait avec la fortune, et différant au moins le jour de sa chute, il lui resterait, en tombant, Thonneur d avoir été le dernier. Mais le moment arrivait. Charles s'était toîs en marche, menant avec lui des troupes nombreuses