LIVRE XI
toulefois de duc dépendait 5 el sous l'obligation du serment de fidélité , qu'il exigea , dit-dn > pour luimême, au L'eu de Théodoric.
Ce fut le temps où mourut ce prince à son tour, après avoir non pas régné , mais vécu roi quinze annéeé. Son obscurité fut si profonde , même sur ce trône, qu'on ne saurait dire ni quel il était, ni quelles, choses il fit. Son nom est la seule trace qui soit restée de sa vie. Quelle résolution allait prendre Charles? Quel successeur donnerait-il à Théodoric? 3a gloire était-elle un si faible droit, et sa puissance recônnais- «ait^elle des choses qu'il lui fut encore interdit d'oser? Le jour était-il venu. où devait être accomplie l'œuvre de Pépin et de Grimoald? Charles l'espéra, et toutefois il y voulut ^core un degré. Le temps ne lui manquerait pas apparemment pour le franchir : sa vie, à ce qu'il semblait, était loin du terme. Il ne donna donc point le titre de roi; mais aussi il ne le prit point. Aégnant en effet, le trône lui importait peu , pourvu qu'il ne fut pas occupé. Il se faisait roi d'une façon étrange et nouvelle, en évitant d'en avoir. Il usurpait négativement , par négligence et par omission. S'il eût vécu ce qu'il pouvait légitimement se promettre, la seconde race commençait à lui.
Mais les Sarrasins continuaient d'entretenir l'agitation , et les vieux débris du parti vaincu av^ Raganfried se relevaient par degrés et se ranimaient. Lyon semblait menacer; la Bourgogne entière était de nouveau soulevée. Charles y revint. Ce fut cette fois une vraie et sérieuse guerre. On lui résista, on le combat-
lit, on le réduisit à combatlre lui-même et à yaincre. Les grands avaient donné le signal ; les villes s'étaient préparées à la défense; Lyon même avait éclaté , et souffrit un siège. Mais ces tentatives , trop faiblement soutenues.^ eurent le succès qu^on pouvait prévoir* Charles en eut bientôt triomphé; après quoi , la Pro^ vence aussi chancelant , il suivit le Rhône , se montra à Arles , entra dans Marseille , et rétablit ou confirma partout son autorité.
Ces difficultés cependant n'étaient pas les seules ; de plus profonds et plus dai^gereux desseins se tramaient. On préparait des conjurations. Geoffroi, comte de Paris, Widdon, abbé du monastère de Fontenelle, Sonnéchilde elle - même y étaient entrés. Quels' motifs, quels moyens, quel but ayaient-ils? Le récit n'en est pas venu jusqu'à nous. Le péril néanmoins dut être pressant , s'il ne fut pas de longue durée ; car le duc, si puissant et courageux qu'il était , fut contraint un instant à fuir de Paris. Le comte et Tabbé payèrent de leur tête l'audace et le mauvais succès de leur entreprise. Sonnéchilde seule fut épargnée, et ne laissa pas de garder ses ressentimens.
Enfin , le moment venait où devaient éclater les secrètes résolutions des Arabes. Le duc Mauronte , qui commandait en Provence , entraîné par l'ambition de se soustraire à la dépendance de Charles , s'était engagé à eux , et leur avait prottiis de les seconder. Il tint sa promesse. Avignon, ville forte et considérable, leur devait être livrée; il s'y prépara, et lorsque Athima , l'un de leurs émirs , arriva pour la