‹ Histoire des FrancsChapitre 191 sur 214 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

céder et ouvrir les portes. Réduit en si peu de jours à cette extrême détresse, Griffon n'avait déjà plus rien à attendre, si ce n'est de la commisération de ses ennemis. Il ne l'obtint qu'imparfaite. Sa mère fut reléguée dans le monastère de Chelles, et lui, on l'envoya prisonnier dans les Ârdennes, en une maison fortiSée qui se nommait Neufch&tel.

Mais pendant que, prolongeant eneore sa défense, il détournait sur lui toutes les forces de Pépin et de Carloman, TAquîtaine, toujours menaçante, quoique indécise, depuis la mort de Charles-Martel, prenait en6n sa- résolution et courait aux armes. Hunoald, fib de Eudes, prétendait être, comme lui, souverain et indépendant, et quoiqu'il eût fait autrefois serment de fidélité et de sujétion à Charles et même à ses fils , ce serment, selon sa pensée, ne survivait pas à celui qui l'avait imposé et reçu. Au contraire de Pépin et de Carloman ; car ceux-ci soutenaient le serment in* violable et perpétuel, et quel que fât d'ailleurs cet engagement, ils n'entendaient point consentir que l'Aquitaine s'arrachât à la dépendance de la Neustrie.

Les deux frères donc, sitôt que Laon eut tombé, retournèrent précipitamment en arrière et vinrent à la rencontre d'Hunoald. Mais le duc se repliant toujours devant eux, et refusant le combat qu'il ne pouvait engager sans désavantage, ils passèrent la Loire, entrèrent dans leRerry, occupèrent une grande partie de la province et la ravagèrent. Ils essayèrent même le siège de Bourges, et brûlèrent les faubourgs de cette cité. Mais, comme elle résistait et les arrêtait

trop long-temps, craignant de s'épuiser sans fruit de^ vaut ses murailles, ils rabandonnèrent.

Ce fut sur Loches, après Bourges, qu'ils Greiit retomber leurs efforts. Loches, château romain, élevé sur une colline, pouvait soutenir de longues attaques, et ne trompa point cette prévoyance.' Il s'obstina ; mais les ducs aussi s'obstinaient. Plus nombreux, plus forts, non moins persévérans, ils vainquirent. Un dernier assaut mit le château dans leurs mains. Ils usèrent avec peu de modération de cette victoire : les remparts, les tours , la ville même furent renversés ; les soldats et les habilans furent faits esclaves. '

Loches réduit, Carlomàn et Pépin reprirent leur marche au travers du territoire d'Hunoald, toujours pillant, brûlant, dévastant. Ils s'a vancèrent ainsi jusqu'auprès de Châtellerault. Hunoald alors, sa fierté cédant au regret de tant de désastres, implora la paix, et s'humilia. Il renonçait à l'indépendance; il acceptait la suzeraineté des rois francs ; il ne disputait plus sur l'autorité du serment, et consentait à le répéter. Ces conditions furent accordées ; la jguerre cessa ous'interrompit; les Francs durent repasser la Loire, et s'y préparèrent.

Mais auparavant une importante délibération s'ouvrit entre les deux frères. Ils s'étaient arrêtés à Vieux- Poitiers entre la Vienne et le Clain. Là furent agitées et convenues les relations, les conditions réciproques, * les règles communes de leur future administration. Les plus redoutables dangers n'étaient plus maintenant en Neustrie. Les leudes servaient leurs desseins; la

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