CHAPITRE IV
CHILDERlCm (743).
C'était peu de séparer les Etats, et de déterminer leurs rapports. Il fallait de plus et surtout régler la forme des gouvernemens. Carlpman s'irait établir en Austrasie : à quel titre? Pépin disposerait de la Neustrie: en quel nom? Prendraient-ils exemple des premières ou des dernières années de leur père? Auraient-ils un roi, ou plusieurs ; n'en auraient-ils point et le seraient-ils?
lis adoplèrent une résolution mixte et qu-on n'eut peut-être pas attendue, mais que la sagesse pourtant conseillait. Ils consultèrent les lieux, les temps, Finclination des esprits. Dans TAustrasie, mieux préparée par les exemples du passé à Tusurpation, ils évitèrent tout ce qui l'eût pu retarder. Pans la Neustrie , où Fessai de Charles avait eu si peu de durée , ils craignirent de trop hasarder en précipitant. Un dernier roi leur était nécessaire en Neustrie , ils sV résignèrent. Il nVn était plus besoin en Australie ; ils s'en épargnèrent Tinutile et embarrassante fiction.
Carloman donc s'en alla dans son Austrasie, prenant le titre de duc et de prince; disant de l'Etat, mon Etat; appelant les leudes, ses leudes(l); gouvernant souverainement et pour lui-même ; répétant tout ce qu^avait fait Pépin d'Héristal, avant qu'il eût vaincu Berthaire à Testri. Pépin au contraire, dissimulant et temporisant, ne voulut prendre d^abord, quoique prince et duc aussi , d^autre autorité que celle de maire du palais de Neustrie. Les pouvoirs étaient pareils; les litres seulement inégaux. Faible différence, à ce qu'il semble; considérable toutefois par son influence sur l'esprit dés peuples.
Un jeune prmce, encore en assez bas âge, languissait, délaissé et déshérité, dans la silencieuse obscurité d'un monastère. Il se nommait Childeric, et avait
(i) Ego Karloniannus duz et princeps Francorum, cum consilio.. op~ timatuin mborum. . . qui in bbcno hbo sunt.. . (Karlomanni capital, prim. )