LIVRE XII
eu pour père Théodoric IV (I). C'était de lui que Charles-Martel avait dédaigné les droits et renFance ; ee fut de lui que Pépin consentit à se servir quelque temps, a6n que, devenu roi, il lui aidât à son tour et plus sûrement à le devenir. Il lui ôta donc ses habits de moine, l'assit sur le trône, et souffrit que son nom fût rais dans le préambule des actes publics. Mais ce fut toute sa pan de puissance et de royauté (2). -
Une autre difficulté, peut-être encore plus sarieuse, et où manquait, plus qu'en aucune, Tautorité de Char lès-Martel, était les murmures de l'Eglise, et ses biens dont elle pressait la restitution. On ne pouvait les lui rendre sans les retirer à l'armée ; et Fappui de Tarmée était nécessaire. On ne pouvait les laisser k l'armée qu'en les refusant à l'Eglise , et Tappui de VEr glise, toujours si utile, l'allait devenir bientôt encore
(i) Quelques-uns ont dit qu'il était son frère; cTautres qu'il était fils de Chilpéiic 11 ; d^autres enfin qu'il était fils de Ghlotaire IV. Mais Toici ce qu'on trouve dans la chronique deFonteneUeraAnnoundecimo Théo* dorici régis patbis Hi lob ai ci demum régis novissimi ex génère Mero- » vingiorum. w Et M. de Foncemagne dit avec toute raiso», que, « cette « chronique, qui parait avoir été écrite sous le régne de Louis- ]e*Dëboiv- » naire, doit l'emporter sur les monumeos postérieurs qui font Chiidéric » nis de Chilpéric. »
(a) Pour se faire une exacte idée de cette dégradation de la royauté, il faut lire le préambule du capitalaire de Soissoo9. he nom du roi n'y est rappelé que pour la date de l'acte. Quant à Tacte lui-môme et aux dispositions qu'il renferme, c'est l'œuvre de Pépin seulement. C'est lui qui a convoqué, qui a décrété, qui a fiât. « In anno secundo Ghilderiet
régis Francorum, ego Pippinus, dum pluribus non habetur incognitum M qualiter nos in Dei nomine . . apud Suessionis civitatem syoodum^ i> vel concilium facere decrbvimus.: quod ita in Dei nomine, rBCXMUS. » (Baluze.)
plus. Les deux mesures conlraires étaient également sollicitées par la politique. Elles Tétaient même, et également encore, par la justice ; car d^un côté étaient de plus anciens possesseurs, et de l'autre des possesseurs plus nouveaux, mais qui Tétaient devenus au prix de leur sang.
On chercha des expédiens, des combinaisons temporaires, des transactions, et pour en mieux assurer le succès on convoqua des conciles. 11 y en eut deux en Auslrasie. Le dernier, et qui fut aussi le plus important, se rassembla dans le palais royal des Estines. Parmi d'autres réglemens fort étendus et fort rigoureux, que le relâchement de la discipline avait malheureusement rendus nécessaires, il s'en Gt un qui mérite d'être conservé, siir la difficile question dont tous les esprits se préoccupaient. On reconnut l'impuissance où les besoins de la guerre avaient réduit Carloman, de restituer les biens envahis. On consentit qu'ils restassent aux nouveaux possesseurs pour toute leur vie. Mais en même temps on exigea d'eux de confesser qu'ils les tenaient de TEglise, et de lui payer, pour chaque ferme, un sou d'or de redevance annuellement. On décida que leur mort venant, tous ces biens retourneraient aux établissemens religieux qui en avaient été dépouillés. Toutefois Carloman se réserva le droit d'en disposer ;)lors de nouveau, s'il y était contraint encore par les embarras de la guerre ( 1 ).
Ce n'était point une si désavantageuse conciliation ;
(i) Karlomanni cftpitulare sécuaduin, ar(. a.