‹ Histoire des FrancsChapitre 195 sur 214 · LIVRE Xn · texte numérisé non relu

LIVRE Xn

Pépin n'en pouvait négliger Texemple. II l'imita donc, et même il y ajouta. Il convoqua à son tour des con-: ciles et dès synodes à Soissons, à Duren, à Leptines. Tout ce qu'avait déjà établi son frère, il le répéta. Mais plus hardi peut-être envers son armée^ ou plus timide avec son église, il osa des choses qui ne s'étaient point faites en Austrasie. Ses refus, moins rigoureux que ne l'étaient ceux de Carloman, ne comprirent point toutes les terres usurpées. Il en restitua un grand nombre (1). Il n'y eut de redevances et de reversion stipulées que pour celles dont il n'avait pas pu recouvrer la possession. Ses desseins, bien différens de ceux de son frère, l'obligeaient à d'autres ménagemens.

Une courte et heureuse expédition de guerre signala aussi les commencemens du nouveau duc d'Âustrasie. Entre tous ces peuples de Tautre rive du Rhin qui, depuis la mort de Charles-Martel, affectaient à l'envi tant d'indocilité et de lassitude, les Allemands,

plus présomptueux, se montraient aussi les plus menaçans. De prompts exemples étaient devenus nécessaires; car on commençait à prévoir des ligues, et si ces peuples, déposant leurs vieilles rivalités, s'al-

(i) Quod cognQsceos ^lius ejus Pippinus synodam apud Leptinascon* gregari fecit. .... et quantumcunquc de rébus ecclesiastîcis, quas pater suus abstulerat, potuit, ecclesiis reddere procuravit. £t quoniam omnes res ecclesiis à quibus abJatœ eraot restituere ooa praevaiuit, nonas ac décimas ad restaurationes tecturum, et de unaquaque casata duodecim denarios ad ecclesiam undè res erant bcnc6ciatae, dari constituit, usque dum ips» l'es ad ecclesiam revcnirent. {Epistola episcoporum ad Ludo-- ^'icum rcgerrif art. 7. )

liaient, une telle confédération serait formidable. Carloman donc résolut d'aller au devant^ et de rompre cette alliance ayant qu'elle s'achevât. Les Allemands étaient ceux qui avaient fourni le plus de motifs ; ce furent eiix qu'il choisit pour raffermir, par le châtiment qui leur serait infligé, la fidélité chancelante de tous les autres tributaires.

Quelques jours suffirent. Il marcha, entra sur leurs terres, et commença à les dévaster. Ils accoururent, voulant arrêter ses progrès ; mais ce fut en vain. Il les repoussa, et .continua toujours d'avancer et de ravager. Il se montrèrent encore, et furent de nouveau mis en fuite. Il les chassait devant lui, sans que le combat même retardât sa course. Arrivé ainsi au Danube, il s'arrêta, et attendit leurs soumissions. Elles vinrent, et ne tardèrent pas d'un seul jour. Tout ce qu'exigea Carloman, il l'obtint. Sarmens, otages, tributs, rien ne lui pouvait être refusé^ et rien ne le fut. Il donnait la paix : à quel prix ne Teussent* ils point achetée, en Pétat ou les avaient réduits leurs défaites ?

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