LIVRE XII
9U moins incertain. Les Bavarois à leur tour ne leniaient aucun mouvement, satisfaits de braver h Fàbri de leurs retranchemens et de leurs marais l'impuissanté menace de leur ennemi. Ils ne cherchaient point la guerre, disaient-ils, mais Tindépendance. Ils n'allaient point chez les Francs et n'avaient nul dessein de les attaquer. Mais qu'ils Tinssent chez eux etles attaquassent, ils se défendraient.
Quinze jours passèrent ainsi , longs et fâcheux k Timpatiénce des Francs. Et pendant qu'ils s'irritaient et se consumaient dans cette iaaction, les autres dangers qu'ils n'avaient pas prévus menaçaient lout-àcoup et se découvraient. Hunoald , quand il avait vu Pépin s'engager si avant dans les provinces de Germanie , reconnaissant le moment ^enu d'exécuter la promesse faite àOdilon, il avait précipitamment réuni ses troupes, et les avait dirigées vers la Loire. Bientôt il en tenta le passage, et il ne se trouva plus assez de soldats francs pour le disputer. Voilà donc Hunoald qui se précipite, qur se répand en Neustrie , qui tire librement et en sûreté vengeance des dévastations commises sur son territoire. Il arriva jusqu'à Chartres. On crut un instant que cette ville pourrait Tart éter; on s'abusait , elle succomba. Il la prit, la pilla et y mit le feu. Tout péril, même sa basilique, temple vénéré, que les évêques avaient, dédié à la mère du Christ, et que ^a pieuse libéralité des chrétiens avait magnifiquement enrichi.
Mais cette agression , heureuse et opportune pour Hunoald, ne fut pour Odilon qu'une diversion tardive Il 26
€t i^fruclueuse. Pépin était dgà sur le Lech ; la g^nerre de Bavière élait engagée ; les ennemis étaient nombreux et puissans. On ne pouvait ni se retirer ensemble, car on se fût avoué vaincus ; ni persévérer en se séparant, car les forces de l'Austrasie n^auraient pas suffi. On résolut donc de poursuivre, et Pépin, quelle que fût son impatience , consentit à différer le châtiment d'Hunoald. Il serait vaincu de la seule dér faite d'Odilon. Qu'ils triomphassent sur les bords du Lech ; ceux de la Loire seraient déjà libres.
Cependant il fallait vaincre au moins une fois , et Fespérance en était douteuse. Renonçant, tant les difficultés étaient grandes, au projet de passer le Lech en vue du camp ennemi , Carloman et Pépin conçurent et tentèrent un projet nouveau. Aux deux côtés, mais h de longues distances de la position qu'occupait le duc de Bavière , des gués avaient été découverts. Enveloppés de bois épais et profonds, ils n'en eussent été que plus favorables , si des marais bourbeux et sans Gn n'eussent rendu ces bois eux-mêmes presque inaccessibles. Toutefois , nul autre moyen ne s'offrant, il ÊiUut bien se résoudre à essaver celui-là. La nuit venue, les Francs firent trois corps de leurs deux armées : Tun qu'ils laissèrent pour la défense du camp ; leis autres qui durent marcher, conduits par Pépin et par Carloman. De ces deux corps , le premi^ monta vers la source du Lech ; le second descendit vers le point où il jette ses eaux dans le Danube. Les obstacles semblaient se multiplier ; mais la constance des Francs croissait avec eux. On fît dans