‹ Histoire des FrancsChapitre 198 sur 214 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

le chemin de fâcheuses rencontres el de regrettables pertes ; on arriva cependant , et comme les gués que les Bavarois ignoraient n étaient point gardés, quand le jour commença de poindre, les deux troupes des Francs atteignaient déjà la rive droite du Lech. Elles s^arrêtèrent alors, joyeuses d^un succès qui en présageait de plus décisifs ; après quoi , et de' courts momens ayant été donnés au i^epos, elles reprirent leur marche, tournant cette fois devei's le camp ennemi. L^attaque ne tarda que la temps qu^ii fallait à une prompte et ardente course pour en franchir la distance. Surpris, mais non découragé, Odilon suppléa, autant que le pouvait la prudence, aux avantages que le passage imprévu du Lech lui avait fait perdre. Sa défense fut opiniâtre et désespérée ; et cependant elle n'eut d'autre succès que de faire acheter plus chèrement leur triomphe à ses ennemis. Car les premières tentatives repoussées , d'autres succédèrent, d'autres encore après ceUes*ci, et le moment vint où les re-tranchemens furent forcés , le camp envahi , Tarmée des Bavarois accablée. Odilon ne se déroba qu'i^ grand'peine, et prolongea sa fuite jusqu'aux bords de rinn. Théodorîc retourna en Saxe; Théodald chez ses Allemands ; car le malheur, comme il arrive toujours, rompait Talliance.

On raconte que le prêtre Serge se trouvait qiu pombre des prisonniers laissés au pouvoir des Francs. C'était un piètre romain , envoyé du pape Zacharie auprès du duc de Bavière. Ce prêtitt était venu , la

veille même du combat, au camp de Pépin et de Car-

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loinau, el , chose étonnante eu ce tenops, et qui était encore sans exemple, il les avait somnoiés, au nom de son maître , de cesser cette guerre impie contre leur beau-frère ; les menaçant d^étre abandonnés de saint Pierre et poursuivis de la colère de Dieu. Pépin , averti qu'il n'avait pu réussir à se dérober avec Odîlon, le 6t amener devant lui, et (ui dit : « Je le savais » bien que lu nous trompais, et que tu n^étais envoyé » ni par Zacharie, ni par saint Pierre. Le comprends- 9 tu maintenant que les Bavarois sofit, de Tordre » même de Dieu , soumis à la puissance des » Francs (I)? Pour qui a combattu saint Pierre, si ce

{i) La souveraineté des rois francs comprenait de grandes . priéfDga • tives eu Bavière. On cti retrouve les traces dans le titre 2 de la loi des Bavarois, donnée par Xhéodoric d*Âustrasie, et renouvelée par Dagobert l«f, ' •:

T.c roi pouvait, dans de certaines occasions, choisir le duc« — ûucem quem rex ordinavit. — > Dux quem rex ordinauerit, lit, 3, eîiap. 1 et 9. ->- Seulement il devait être de la race des Agilolfingiens ; mais parce que les rois francs Tavaient accordé à cette rtfce. — Quia sic reges-anteces" êores nostri, concesserunt eis^ cbap. 33. — Si le duc résistait aaz or->

dres du roi, il était dépouillé de sa dignité Qui decretum régi* con-

tempsofiiy donatu digniiatis ipsius duçati careat, cbap. 9. — Si le fils du duc se soulevait contre son père, le roi pouvait Teziler. — Ifoe in potestate régis erit ut exiliet eum, si vult^ chap. 10. — - Le rebelle ne conservait de ses biens que çc que la clémence du roi consentait à lui accordtr. — Nihil aliud nisi qaod pçr misericordiam rex dore ei vo-* luerit^ chap. 10. — Si le rebelle était le »cnl héritier du duc, le roi était libre de disposer de la succession. — In régis erii potestate : cui vult donet^ aut i7/i, aut alteri^ chap. 10. — Le roi avait le droit de lever des tioupcs. -^ In exercitu guetn rex otdinavit, chap. 4* •— Le roi pouvait punir de mort dans le duché. -^ Si quis fiominem per fussionttn r^gi* ,occiderity non lequWatur^ quiajussio domini suijiiit, chap. 8. - /|/^ homo qui hac commisit benignutn imputet rej^em'^ siei vitam conces^

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