‹ Histoire des FrancsChapitre 200 sur 214 · LIVRE XII (743-7i4). 40T · texte numérisé non relu

LIVRE XII (743-7i4). 40T

se contenter pour ce temps de la délivrance de son territoire.

Mais quel eût été ce succès , si d'autres ^n'eussent pas suivi? La Loire affranchie d'Hunoald, il restait TAquitaine, qui prétendait Fêtre de Pépin, Il restait ce duc des Gascons, infidèle et ambitieux, qui se déclarait souverain , et, rappelant le traité du roi Chik péric, se disait Tégai des dues de Neustrie. Il triom* phait si Ton ne poursuivait pas ; si la guerre cessait à ce .point , il conservait tout co qu^il s^était promis d'obtenir. Aussi, le printemps venu. Pépin sortit promptement de son inaction» Les troupes furent^ rappelées; une belle et nombreuse armée se forma ;; on se rapprocha de la Loire; on se prépara à forceicette difficile barrière qui protégeait encore Hunoald. On allait revoir, s'il en fallait juger par les apparences, les mêmes désastres qui avaient épouvanté TAquitaine dans cette expédition si funeste, où t^o? ches avait succombé.

I^ due nen eut point une autre espérance, et comme il vit les Bavarois, les Allemands, les Saxons, tous 663 alh'és de Germanie réduits à Timpuissance de le seconder, il comprit qu'impuissant lui-même pour résister seul aux forces unies des Francs , Toccasion présente avait cessé d'être favorable , et qu'il ne restait plus qu'a temporiser, jusqu'à ce qu'il s'en offrît de nouvelles. 11 répéta donc ce qu'il avait dè^ fait «me fois. Il proposa encore de traiter, et subit avec la même résignation tous les sacrifices qu on lui imposa. Pépin, quelques méfiances qu'il eût, se laissa pouiv

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UISTOIRE DES FRAr^Câ.

tant eùtrainer. Itx>blensiit, san^ la guerre ^ les seules choses qu'il put alors espérer par elle« D'autres temps permettraient peut-être une autre ambitiôii; celui-ci la condamnerait. De plus imporlans intérêts d'ailleurs occupaient déjàTesprit de Pépin, et l'eussent détourné d!une entreprise qui , si on retendait jusqu^à la dépossession d'Hunoald, eât exigé trop de temps et de trop difficiles efforts. Ce duc abdiquait ses prétentions, et se reconnaissait dépendant ; il suf* fisail, et Ton ne devait encore rien vouloir de plus.

Ainsi se rompit et se dissipa cette ligue qui, habilement concertée, eût pu, sans. la victoire long-temps douteuse du L^bv mettre en péril la puissance de Pépin et de Carloman. Qui pourrait dire, s'ils n'eus* sent pas triomphé dans cette joui'née, ce qu'ilen fût advenu des vieux desseins de CharlesrMartel et de son père? Soixante ans de gloire et de patience s'allaient confondre peut-être dans une seule défaite el dans up seul jour. Viclôrieux sur le Lech, Pépin devint rôi j vaincu, d'autres défaites devaient succéder, tes Geràiains étaient affranchis. Griffon reprenait les armes, Hunoald ne s'arrêtait point ; vaincu ^ qu'en eût-il été de sa race? Fatalité des œuvres humaines : dans ces changemeus progressifs, où tant d'efforts et de.succès sout^ requis, qu'un seul anneau manque à la longue chaîne, et plus puissant k lui seul par son absence que tous les autresensembie par leur énergie et leur union, il interi'ompt, dissipe et efface; il change en un instant tout ce c|ui changeait !

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